Deux hôtels valent mieux qu’un : les « combos » se multiplient de Paris à Bangkok

Faire d’une pierre deux coups. Cette tendance anime aujourd’hui le développement hôtelier à travers l’intégration de plus en plus courante de deux marques au sein d’un même projet immobilier. Ainsi à Paris, où Sheraton et Moxy cohabiteront porte de Bagnolet, dans l'une des tours Les Mercuriales.

Copyrights Kengo Kuma & Associates image by LUXIGON
Les "combos" se multiplient dans l'hôtellerie, à l'image de de ce complexe dessiné par le cabinet Kengo Kuma, associant une auberge de jeunesse Slo Living et un éco-hôtel de luxe 1Hotel

Parmi les exemples récents de « combos » hôteliers, en novembre, le groupe Louvre Hotels a installé ses enseignes Campanile – pour l’économique – et Golden Tulip – sur le haut de gamme – face à la gare de Montpellier, dans un ensemble architectural dessiné par Manuelle Gautrand. De la même manière, Mercure et Ibis partagent depuis décembre un immeuble commun dans le quartier de Sukhumvit à Bangkok. Les projets en cours du même type sont légion, notamment à l’aéroport de Shanghai-¬Hongqiao avec un complexe attendu en 2023 et qui comprendra à la fois un luxueux Shangri-La et un Traders Hotel haut de gamme ou encore à Paris avec un Sheraton et un Moxy qui apparaîtront dans quelques années dans une des deux tours Les Mercuriales à la porte de Bagnolet.

Hyatt
Les enseignes Hyatt Place et Hyatt House vont jouer la carte de la complémentarité à Ho Chi Minh Ville

Les avantages de la formule sont évidents : toucher plusieurs types de clientèle, se renvoyer les voyageurs les jours de fort remplissage, mais surtout mutualiser les équipements avec des espaces de réunion et un centre de remise en forme partagés ou une restauration plus étoffée dans l’un des deux établissements. Dans ce cadre, la complémentarité la plus évidente réside entre des établissements longs séjours aux services limités et des hôtels classiques. D’où l’existence de “combos” Novotel et Adagio chez Accor, Residence Inn et Four Points chez Marriott ou celui en prévision à Ho Chi Minh Ville, entre l’enseigne lifestyle Hyatt Place et la marque résidentielle Hyatt House. Mais cette tendance peut donner lieu à des associations étonnantes avec, par exemple, quatre hôtels d’un même groupe regroupés dans un seul complexe – le Dragon City à Séoul comprend des Grand Mercure, Novotel, Novotel Suites et ibis Styles, tous du groupe Accor – ou mieux, le voisinage entre deux marques qui partagent la même maison mère, mais sont a priori concurrentes. Ainsi, le Sheraton de l’aéroport de Francfort, réparti sur trois bâtiments, est-il en train d’être rénové pour accueillir en janvier un Marriott de 233 chambres dans une de ses ailes. Dans le cadre de cette évolution, le centre de conférence lié au Sheraton est lui aussi en cours de modernisation. Plus surprenant, ces projets mixtes peuvent parfois réunir sous un même toit deux univers littéralement opposés. Devrait ainsi apparaître en 2022 dans le XIIIe arrondissement de Paris un complexe dessiné par le cabinet d’architectes Kengo Kuma mêlant une auberge de jeunesse de nouvelle génération Slo Living et un éco-hôtel de luxe 1Hotel. Le tout dans un environnement contemporain fait de bois, de métal et de végétal à foison. C’est aussi ça, la tendance.