Doïna de Campos, présidente de l’agence réceptive Turmaya

La République dominicaine, tout le monde connaît…

Doïna de Campos – Non, justement ! Ce qui est divulgué depuis des années, plages de sable et cocotiers, compose une image trop réductrice. La République dominicaine “plus qu’une île, c’est un pays”, disait une ancienne campagne que je trouvais très juste. Historiquement, c’est le berceau du Nouveau Monde, la montagne la plus haute des Caraïbes, une des rares réserves de la biosphère, des plages exceptionnelles, et pas uniquement à Punta Cana. L’île est baignée par la mer des Caraïbes au sud et par l’Atlantique au nord, soit des paysages balnéaires totalement différents. Et plus que tout, il s’agit d’un peuple hospitalier et généreux. J’ai coutume de dire aux visiteurs : “Vos plus beaux souvenirs ne seront pas les plages, mais la gentillesse et la chaleur des Dominicains…” C’est pour cette raison qu’il faut sortir des grands complexes hôteliers pour aller voir autre chose, partir à la rencontre des gens, cela apportera bien davantage que plage et soleil.

Comment le marché incentive a-t-il évolué depuis ces cinq dernières années ?

D. de C. – Actuellement, ce marché se développe aux États-Unis et en Amérique du Sud. Quant à la France, elle a un peu marqué le pas, en volume du moins, ce qui est tout à fait normal : les Français furent les pionniers de l’incentive en RD où ils sont arrivés dès 1995… Autant dire que la plupart des entreprises sont venues ! J’ai donc maintenant à cœur de proposer une nouvelle facette de l’île, ce qui est passionnant compte tenu de la diversité du pays, aussi grand que la Suisse et présentant l’opportunité de destinations variées.

Quelles sont ces nouvelles propositions ?

D. de C. – L’intérieur du pays avec Santiago, berceau du merengue et de la culture du cigare très méconnue, le secteur de Samana pour l’observation des baleines entre janvier et mars, mais aussi la découverte de Los Haïtises. Et puis il y a le Sud-Ouest, les environs de Barahona, la région la plus surprenante, sauvage, vierge de touristes, totalement préservée car difficile d’accès, sans logistique. Le lieu, classé “Réserve de la biosphère” par l’Unesco, est d’une beauté inouïe. Nous y avons conçu un programme baptisé “le Sud magique” qui réserve de belles surprises comme la découverte du lac Enriquillo. Ce lac salé situé à 45 mètres en dessous du niveau de la mer est peuplé de crocodiles, d’iguanes et d’une multitude d’oiseaux, flamants roses, hérons… Le site qui comprend trois îles permet des activités inhabituelles : massages de boues curatives, bains d’eaux sulfureuses… Nous y avons privilégié la rencontre avec la population des environs, des chamans, un aventurier américain connaissant toutes les légendes de la région, les exploitants des mines de Larimar, la fameuse pierre bleue d’ici… Avec un programme comme celui-ci, on retrouve l’essence de l’incentive : partager des moments uniques, un luxe plus remarquable qu’un hôtel haut de gamme.