Finnair et Helsinki en souffrance en 2020

Comme dans le reste du monde, le trafic aérien en Finlande a subi le contre-choc de la pandémie de covid-19. Devenu un hub Europe/Asie sous la férule de Finnair, l'aéroport de Helsinki a vu son trafic plonger à des niveaux plus observés depuis 40 ans...
L'hiver semble sans fin pour le trafic aérien de Helsinki... (Photo: LC)

Helsinki avait conquis au cours de la dernière décennie sa place parmi les hubs qui comptent en Europe. La compagnie Finnair avait en effet joué sur le positionnement géographique exceptionnel de la Finlande. A l’extrême Nord de l’Europe, Helsinki permet en effet des temps de vol très inférieurs à d’autres plates-formes aéroportuaires pour gagner l’Asie. D’où la stratégie de la compagnie nationale finlandaise de développer des vols vers 16 villes asiatiques. Dont beaucoup d’exclusivités comme Busan en Corée, Sapporo au Japon ou Xi’an en Chine. Depuis Helsinki, les passagers asiatiques pouvaient alors rejoindre plus de 70 destinations européennes ainsi que l’Amérique du Nord.

Certes, il existe toujours la possibilité de transiter par l’aéroport de la capitale finlandaise mais la grande majorité des correspondances a pour le moment disparu. Finnair ne vole plus que vers quatre villes asiatiques sur des fréquences très réduites. La compagnie se pose encore à Bangkok, Séoul, Shanghai-Pudong et Tokyo-Narita. Avec des possibilités de correspondances vers 23 villes européennes, 13 villes finlandaises et New York.

L’attrition du réseau a donc décimé le trafic aérien d’Helsinki. Selon les statistiques de l’opérateur Finavia, le principal aéroport du pays a accueilli en 2020 un peu 5,05 millions de passagers contre 21,86 millions l’année précédente. Soit une chute de 77,3% sur un an. La part du trafic international a reculé pour sa part de 6,5 points. L’international représentait 80,2% du total passagers l’an passé contre 86,6% un an plus tôt. Le trafic en transfert a baissé de 80% passant de 3,57 millions à 0,71 million de passagers en un an.

(Statistiques Finavia)

L’Asie en eaux troubles

L’Asie a enregistré 573 296 passagers l’an passé, en recul de 79,7% sur une année. Le Vietnam a connu la meilleure performance avec un recul contenu à 24%. Mais le résultat est biaisé par la saisonnalité de la ligne. La Thaïlande a elle aussi bénéficié du fort afflux de voyageurs européens sur les trois premiers mois de 2020. Ce qui a permis de limiter la baisse du trafic à 61%. En 2020, le Royaume est ainsi devenu la première destination en nombre de passagers au départ d’Helsinki, surpassant Japon et Chine. Cette dernière a été la destination la plus touchée avec un recul de 85,9% en raison de la fermeture totale de son espace aérien dès la fin janvier. Le fait que seul un vol par semaine puisse être depuis exploité contribue toujours à la déprime du trafic en Chine. Hong Kong connaît d’ailleurs une évolution similaire en regard de restrictions sévères sur les vols.

Quant à Finnair, elle indiquait pour février que sa capacité sur l’Asie était en baisse de 86,9% en février tandis que le nombre de passagers était inférieur de 98,2%. Le taux de remplissage affichait une prestation historiquement basse à…10,7% !

Sur l’Europe, la compagnie affichait en février une exploitation à peine meilleure. Finnair enregistrait ainsi un nombre de passagers en baisse de 93.6% et un taux de remplissage de 39,9%.

Dans cette tourmente, la compagnie a pourtant reçu une bonne nouvelle. Le 17 mars, Finnair et l’État finlandais ont en effet signé un accord sur un prêt hybride de 400 millions d’euros maximum pour soutenir son activité. La Commission Européenne avait donné son feu vert quelques jours plus tôt à cette aide.