Le Futuroscope passe du parc d’attractions à la dimension resort

Offre hôtelière thématisée, arena destinée aux concerts comme aux séminaires : le Futuroscope a dévoilé un ambitieux plan de développement d'ici à 2025.

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La future Arena Futuroscope disposera de plus de 1 300 places en format séminaire.

Réactualisé le 16 octobre

La période n’est sans doute pas propice aux grands projets. Et pourtant, le Futuroscope vient de dévoiler un vaste plan de développement avec pour ambition de créer un véritable resort de plus de 22 hectares, à dominante environnementale qui plus est. Soutenu par l’ensemble des partenaires – Compagnie des Alpes, le département de la Vienne et Caisse des Dépôts – Banque des Territoires -, l’investissement s’élève à 300 millions d’euros sur 10 ans, dont les deux tiers seront dépensés avant 2025.

Naturellement, le tourisme de loisirs et de courts séjours est ciblé avec, au programme, trois nouvelles attractions majeures, un parc aqualudique couvert attendu en 2024, de nouvelles expériences ou encore la création d’une offre hôtelière thématisée. La Station Cosmos, de 76 chambres et sur le thème de l’espace, ouvrira ses portes au printemps 2022, tandis qu’un lieu insolite et écologique de 120 lodges avec terrasse sera proposé à partir de 2023.

Néanmoins, le Futuroscope, qui met en avant ses 30 ans d’expérience dans la création d’événements sur mesure pour les entreprises, disposera aussi d’un nouvel atout dans le cadre de l’organisation de conventions. Alors qu’à l’heure actuelle, le parc d’attractions dispose de cinq espaces de réunions modulables pouvant accueillir de 20 à 750 personnes, il verra son offre largement augmentée à l’ouverture au printemps 2022 de l’Arena Futuroscope, un amphithéâtre allant de 1 372 places en configuration séminaires à 6 075 places en mode concert.

Ce nouveau lieu s’ajoutera au palais des congrès ouvert depuis une quinzaine d’années déjà. Principalement dédié aux rendez-vous professionnels, cet espace accueille une centaine d’événements d’entreprises chaque année dans ses trois amphithéâtres de 150, 300 et 1 500 places et ses 17 salles de sous-commissions, le tout complété par la proximité directe de 600 chambres d’hôtels et 2 000 chambres au total dans un horizon plus élargi.

« Avec la construction de cette nouvelle Arena, le Futuroscope avance vers la partie palais de congrès, ce qui fait qu’on ne fera plus qu’un seul et unique site, souligne Danielle Castan, directrice générale du Palais des Congrès et Arena du Futuroscope. Grâce à ce lieu modulable de taille conséquente, nous allons pouvoir cibler des conventions de 2 000 à 2500 participants, tout en ayant la capacité hôtelière pour les recevoir avec deux nouveaux établissements. Le palais des congrès étant actionnaire de la société gestionnaire de l’Arena à hauteur de 80%, nous pourrons maîtriser, sans concurrence idiote, l’ensemble de l’offre destinée au tourisme d’affaires et proposer le lieu qui correspond le mieux à chaque type d’événement. »

Alors que les premières demandes pour 2022-2023 commencent à arriver, l’ouverture de l’Arena en 2022 devrait avoir lieu sous des cieux sans doute plus cléments pour le marché MICE. Car, comme l’ensemble de la la filière, le palais des congrès poitevin n’échappe pas au marasme actuel. « Quand Paris s’enrhume, on éternue aussi, remarque la directrice du palais des congrès. Nous devrions voir notre chiffre d’affaires baisser de 50 % sur l’année. »

La mise en place de protocoles sanitaires stricts ne suffit pas pour gagner la confiance des organisateurs. « Etant sous la pression des participants qui sont frileux à se déplacer comme des exposants qui ont de perdre de l’argent face à une audience moindre, la moitié des organisateurs choisissent de repousser leur événement. Sur la fin de l’année, plusieurs congrès sont maintenus, mais une trentaine d’événements sont reportés. Et quand les choses se font quand même, les manifestations sont en mode dégradé avec 30 % à 50 % de participants en moins, sans soirées festives », décrit Danielle Castan, qui ne désespère pas pour autant : « Quand ça va repartir, l’activité reviendra assez vite à de bons niveaux. Les réunions sur Teams et Zoom, c’est super pour dépanner, mais pas pour rester deux jours devant son ordinateur. L’écoute n’est pas du tout la même, sans parler de la convivialité. »