
Les voyageurs d’affaires européens vont-ils devoir abandonner leurs ordinateurs portables en soute pour leurs déplacements professionnels vers les Etats-Unis ? C’est la menace qui plane sur le secteur du business travel depuis quelques heures, alors que se profile l’extension du « laptop ban » au continent européen. Cette interdiction des PC portables et des appareils électroniques plus imposants qu’un smartphone touche déjà plusieurs pays depuis la fin du mois de mars.
plus de questions que de réponses
Selon des sources officielles citées par CNN – dont un responsable du département de la sécurité intérieure – les autorités américaines pourraient officialiser cette mesure dans un avenir très proche. Rien n’est encore acté, mais les acteurs du transport aérien et du business travel se mobilisent déjà contre le projet. Alexandre de Juniac est déjà monté au front. Le nouveau patron de IATA – l’Association internationale du transport aérien invite les autorités américaines à « prendre des mesures appropriées (…) en collaboration totale avec le secteur aérien ». Chez ACTE (Association of Corporate Travel Executives), l’une des principales associations mondiales du voyage d’affaires, Greeley Koch souligne pour sa part que « Cette interdiction interfère dans la capacité des voyageurs d’affaires à rester productifs pendant leurs déplacements (…). Les mesures prises par les gouvernements pour protéger la sécurité de leurs citoyens ne devraient pas susciter plus de questions que de réponses ». Et le Directeur exécutif de lister ces interrogations, et par la même occasion de pointer les incohérences de cette démarche : « Pourquoi les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont-ils visé des pays différents pour l’interdiction initiale, et pourquoi d’autres pays ne les ont-ils pas suivi ? (…) Comment ces interdictions peuvent-elles augmenter la sécurité, alors qu’elles sont facilement contournables ? » s’enquiert notamment Greeley Koch. Il est rejoint sur ce point par Alexandre de Juniac, qui souligne sur CNN que les vols par correspondance rendent inefficace une telle mesure.

Les compagnies du Golfe, premières visées par le « laptop ban » au mois de mars dernier, ont déjà éprouvé l’impact de l’interdiction sur la clientèle affaires. Certaines ont réagi en proposant des ordinateurs de prêt à bord de leurs appareils en route vers les Etats-Unis, comme Qatar Airways. D’autres ont choisi de réduire leur catalogue américain dans ce contexte peu porteur, à l’instar d’Emirates. D’aucuns voient surtout derrière ce type de mesure une démarche protectionniste du président Trump, visant à favoriser les compagnies américaines dans un contexte de forte concurrence…

















