Voyages d’affaires et expatriation à Nairobi : interview de Christelle Adjagba

Impact du Covid, activité économique, baisse de la criminalité, projets en cours : le point sur les atouts de la capitale kényane avec Christelle Adjagba, présidente de Nairobi Accueil.
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Christelle Adjagba, présidente de Nairobi Accueil.

Quels sont les meilleurs atouts de Nairobi pour les voyageurs d’affaires et les expatriés ?

Christelle Adjagba – Déjà, le fait que Nairobi soit très bien desservi par toutes les compagnies. Par ailleurs, plusieurs institutions internationales des Nations Unies y sont installées. L’UNEP (United Nations Environment Programme) a par exemple son siège mondial ici. La ville compte énormément d’expatriés et le tourisme est très bien développé avec des générations successives d’expatriés qui ont permis d’enrichir l’offre. Il existe d’ailleurs à Nairobi une offre de services de haut niveau. Il y a également une très belle qualité de vie et le climat est plus tempéré que dans de nombreuses autres villes africaines.

Qu’en est-il de l’insécurité dont on a beaucoup parlé dans le passé ?

C. A. – Je vis à Nairobi depuis quatre ans et je pense que cela s’est beaucoup amélioré. C’est vrai que la capitale avait reçu un temps le sobriquet de « Nairobbery », contraction de Nairobi et du mot anglais « robbery », vol en français. Mais depuis au moins huit ans, le gouvernement a pris des mesures drastiques. La criminalité s’est résorbée et depuis mon arrivée, j’ai très peu entendu parler de situation de carjacking ou de vol à l’arrachée. Même si les conséquences de la pandémie ont atténué cette régression, il n’y a pas d’insécurité particulière à redouter tant que l’on est prudent et que l’on évite les zones déconseillées au Kenya.

L’impact économique du Covid a touché des expatriés, dont certains ont quitté ou failli quitter le pays

Quelles sont les retombées de la pandémie dans la capitale ?

C. A. – Tout ce qui est lié à la restauration et au divertissement a subi un très gros choc. Après trois mois, il y a eu des réouvertures mais, la plupart du temps, ceux qui travaillaient dans ces secteurs ont perdu leurs emplois du jour au lendemain. Avec la fermeture des frontières, il n’y avait pas de touristes et toute l’activité (safari, mer, …) était au point mort. Même les petits artisans et vendeurs d’objets artisanaux ont été très affectés. L’impact économique a également touché des expatriés, dont certains ont quitté ou failli quitter le pays. Le tourisme n’a toujours pas retrouvé son rythme antérieur à la pandémie. Il s’agit aujourd’hui surtout d’un tourisme domestique.

Sur quels ressorts peut compter Nairobi pour remonter la pente ?

C. A. – Je note que certains secteurs semblent s’en sortir mieux que d’autres. C’est le cas des infrastructures. De nombreux projets sont en cours, notamment routiers, pour rallier l’aéroport. Les chantiers ne se sont pas arrêtés et on a même observé une accélération des travaux d’infrastructures routières et de constructions. C’est une véritable dynamique à Nairobi : les prix immobiliers ont d’ailleurs beaucoup baissé et on peut facilement négocier les prix d’achat et de location. En plus, le secteur des services en ligne qui existait déjà s’est développée encore plus en réponse à la pandémie : c’est le cas des paiements en ligne généralisés, des solutions de portefeuille mobile comme M-Pesa, les courses en ligne, la livraison de repas en ligne etc…