
Du 10e ciel vers la cinquième étoile. Bien sûr, le Pullman Paris Tour Eiffel sera toujours couronné par son rooftop du 10e étage, proposant une vue sans égale sur la Dame de fer aux entreprises qui se réunissent dans son salon Trocadéro, de 280 m², ou dans ses quatre autres salles. Tandis qu’en période de vacances, les touristes de passage y trouveront toujours un lieu de choix pour prendre un verre en devisant avec le plus célèbre des monuments parisiens.
Pour autant, il faut souvent que tout change pour que rien ne change. Et l’hôtel, prisé par une large part de touristes venant de tous les coins du monde comme par une clientèle d’affaires MICE ou individuelle, s’est engagé dans un repositionnement stratégique qui le conduira vers d’autres horizons. Plus chics et plus contemporains, plus décontractés sans doute mais aussi plus « parisiens ».
Portée par un investissement chiffré à « plusieurs millions d’euros financé par le nouveau propriétaire Batipart » explique Benoît Stoltz, DG de l’hôtel, cette évolution avait déjà commencé, il y a 18 mois, par des aspects techniques comme la façade, les ascenseurs, l’installation de pompes à chaleur ou la formation des équipes, en prévision de la montée en gamme de l’hôtel. Elle s’écoulera maintenant, et jusqu’en milieu d’année prochaine, par des éléments plus tangibles pour les voyageurs.
Pour commencer, à partir du début du mois de juin, la Suite Signature incarnera ce nouvel esprit en jouant sur les codes des beaux appartements de la capitale, entre parquet au sol, matériaux nobles et, pour parfaire le décor, une vue directe sur la tour Eiffel depuis ses deux balcons. D’une superficie de 150 m², cette vitrine de la transformation de l’hôtel s’ouvre aux voyageurs en quête d’intimité et d’espace. Mais la suite Signature se destine aussi, avec son salon et sa salle à manger, aux réunions d’affaires comme aux dîners ou des cocktails exclusifs. Accompagnant ce positionnement plus élevé, l’offre de suites du Pullman Paris Tour Eiffel va passer de 6% à 8%, certaines étant déjà disponibles.
Hasard du calendrier ou non, l’hôtel, construit dans les années 60 selon les plans de Pierre Dufau pour entrer dans la lignée de Hilton à l’architecture moderniste en plein développement en Europe, commence à écrire une nouvelle page de son histoire au moment où d’autres Hilton historiques, ceux d’Athènes et Istanbul, viennent d’entamer de nouveaux chapitres.
Passé dans le giron du groupe Accor et de sa marque Pullman en 2009, l’hôtel avait déjà connu une rénovation majeure en 2013, orchestrée par Christophe Pillet en compagnie de Matthieu Lehanneur en ce qui concerne l’espace de travail créatif Business Playground. Aujourd’hui, cette nouvelle ère vise à « positionner l’hôtel à la hauteur de l’énergie de la Tour Eiffel », selon Benoît Stoltz, afin de « concurrencer les établissements de la rive droite en apportant une belle réponse aux voyageurs internationaux sur la rive gauche ».
Grande Dame du MICE
Couru par les touristes du monde entier pour sa proximité directe avec la tour Eiffel – le segment loisirs constitue 80% de sa clientèle -, ce Pullman n’en est pas moins un grand hôtel d’affaires, que ce soit pour les ambassades environnantes qui y organisent des réunions protocolaires comme pour toutes ces entreprises qui y ont à leur disposition un terrain de jeu de 2 200 m² décomposé en 24 espaces événementiels. Et qui a pour avantage, aux yeux des organisateurs, d’être reconnu par la certification Green Globe depuis 2023 et plus récemment par le label Tourisme et Handicap.
Elément central de cette offre MICE, la ballroom peut contenir 350 à 400 personnes et a vu sa technologie remise au goût du jour avec un écran LED géant accompagné de tout ce qu’il faut en matière de sonorisation. Située au sous-sol, elle bénéficie cependant de la lumière du jour grâce à une cour qui permet, en outre, l’organisation de cocktails et d’animations en plein air.
Pour aller plus loin, dans un esprit de flexibilité, « les futurs travaux offriront des espaces repensés, en cassant des murs, en agrandissant des salons », précise Benoit Stoltz, soulignant que la capacité d’accueil optimale de son hôtel se situe « entre 200 et 250 personnes, avec possibilité de privatisation partielle ou totale des espaces comme la ballroom ou le 10e étage ».
Mais, si ces travaux porteront sur le fond, le hardware, ils toucheront aussi le « soft ». L’hôtel souhaite par exemple se différencier en proposant un service personnalisé, un vrai bar à café avec barista plutôt qu’une simple machine en libre-service. « Cette approche vise à créer une expérience différenciante qui fidélisera la clientèle business et l’encouragera sans doute à revenir pour des séjours loisirs », explique le directeur général de l’établissement.
Offrir une « expérience résolument parisienne » : c’est l’ambition du nouveau design conçu par le cabinet londonien GA, progressivement visible dans les 435 chambres qui seront réinventées d’ici au printemps 2027, sans fermeture de l’hôtel. Espaces de travail avec prises USB et électriques, marbre aux nervures verdoyantes dans les vastes salles de bains : certains prototypes de chambres existent déjà en guise de test. D’une surface de 26 m², pour la plupart avec balcon, elles s’ouvrent sur un décor aux tons blanc crème, plus chaleureux, là où l’ancien était en lien avec la minéralité du lobby de l’hôtel. « Inspirées du style des années 50-60, plus métalliques, ces chambres avaient aussi une approche plus business, avec un agencement différent », remarque Benoit Stoltz.
Succombant aux impératifs du bleisure, le lobby va se mettre au diapason de cette évolution avec une atmosphère elle aussi plus chaleureuse, plus végétale et boisée. Avec, aussi, un accueil repensé avec des desks dédiés aux différents types de clientèle pour fluidifier le check-in et, comme point de convergence, un vrai bar. Quant au restaurant – une brasserie contemporaine -, il sera toujours dirigé par Alexandre Willaume et proposera une cuisine ultra saisonnière à l’accent végétal, le chef étant d’ailleurs végétarien, un four à bois venant prochainement y ajouter une touche d’authenticité.




















