Regen’Ronqueux : le laboratoire durable de Chateauform

Société à mission depuis 2023, Chateauform a fait du château Regen'Ronqueux son laboratoire RSE. Pour des séminaires à impact positif.
Le château Regen'Ronqueux, dans la vallée de Chevreuse.
Le château Regen'Ronqueux, dans la vallée de Chevreuse.

Être gardien et protecteur de la nature, plutôt que son maître et possesseur : c’est l’esprit d’une maison de séminaires du groupe Chateauform située dans la haute vallée de Chevreuse, le château Regen’Ronqueux. Un nom qui dit beaucoup des ambitions du lieu. C’est-à-dire ne pas seulement compenser ou limiter l’empreinte des événements professionnels, mais régénérer. « Avoir une activité qui fasse grandir le vivant, qu’il soit humain, collectif ou écologique, explique Simon qui, avec sa femme Camille, forme le couple d’hôtes de la maison. Faire de chaque séminaire un événement qui transforme, qui inspire et pousse à réfléchir différemment, qui ait un impact positif ».

Pour revenir à la genèse de ce projet emblématique, il faut retourner un peu en arrière, au moment où Chateauform est devenu société à mission en 2023. Un engagement environnemental et sociétal qui est venu prolonger la culture humaniste du groupe et s’est traduit par la définition d’un certain nombre de standards articulés autour de trois grands axes du label LEAD : une ambition zéro déchet, une ambition bas carbone et un impact social positif. « Nous nous sommes alors dit qu’il nous fallait un projet phare, une maison où pousser au plus loin tous les curseurs de notre mission et embarquer avec elle toutes nos 80 maisons. Et on s’est aperçu que, quand on pousse les curseurs, ça commençait à ressembler à un modèle à visée régénérative », explique Claire Schwartz, responsable Impact & Mission de Chateauform.

Le château de Regen'Ronqueux s'inscrit dans un parc de 9 hectares.
Le château de Regen’Ronqueux s’inscrit dans un parc de 9 hectares.

Ce porte-voix de la politique RSE du groupe a commencé à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire en 2024 autour de quatre grands axes, le premier étant la transformation du château pour le rendre plus écoresponsable. « C’est le plus lent et le plus lourd financièrement, remarque Simon. Mais on a cette chance d’être un laboratoire et de pouvoir tester des choses qui, si elles marchent, pourront être déployées ailleurs » .Par exemple, Regen’Ronqueux est la première maison du groupe à avoir adopté un pilotage énergétique intelligent, matérialisé par une réduction de 15% de la consommation d’eau cette année, en attendant l’installation de solutions concernant l’électricité. En parallèle, le château devrait disposer du premier parking équipé d’ombrières photovoltaïques.

Un des autres axes n’est pas si nouveau. Depuis ses débuts comme maison de séminaires en 2009, le château de Ronqueux peut en effet compter sur 900 m² de serres pour approvisionner ses cuisines en légumes bio – près de cinq tonnes tous les ans – afin de composer des menus évidemment de saison et faisant la part belle au végétal. Autre pierre angulaire de la volonté régénérative du lieu, le parc de neuf hectares est un vaste terrain de jeu où enrichir la biodiversité, notamment grâce à une tonte raisonnée, déjà effective pour 20%, et bientôt 30% de sa surface. En parallèle, la création d’une mare, alimentée par le réseau d’eaux pluviales, ira aussi dans ce sens, en plus de la préservation de zones de fleurs mellifères, Ronqueux abritant une vingtaine de ruches.

Le bien, comme le diable, peut parfois se cacher aussi dans les détails. Alors que toutes les maisons de Chateauform déclinent toutes un thème, celui du château Regen’Ronqueux va progressivement évoluer. Du négatif au positif : s’il sera toujours orienté sur la photo, les cadres exposés ça et là dans les 10 salles de réunions n’afficheront plus des guépards, girafes et autres animaux lointains, mais des illustrations sur la biodiversité de la vallée de Chevreuse, capturée par des photographes locaux.

Impact positif à entrées multiples

Ce lien avec le territoire se traduit en parallèle par un ancrage local multifacettes, passant par le recrutement ou les achats en circuits courts. Le château se fournit par exemple chez un torréfacteur local pour le café, une céramiste du village, Christelle Creiche, pour les arts de la table, pour les alcools à la distillerie Chevreuse, située à six minutes en voiture et 12 en vélo. Et, plus globalement, la maison agrémente les séminaires de toute une série de boissons bio produites dans la région, sinon en France. « Et le moins sucrées possible », ajoute l’hôte de l’établissement, expliquant aussi que les petits bonbons que les participants pourront trouver sur les tables de leur salle sont sans sucre, uniquement avec du fructose.

Dans cette idée d’impact positif pour le voisinage, ces relations de proximité se matérialisent aussi à travers des partenariats, que ce soit avec l’école de Bullion pour un projet pédagogique sur la biodiversité, avec l’association de yoga locale ou encore avec le centre d’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile établi dans le village. Son « casserolier » – son plongeur – en est issu, pouvant à l’occasion emporter les surplus en fin de semaine, tandis que le château peut faire appel au centre pour des aides ponctuelles, notamment pour l’entretien du parc.

Simon, hôte de la maison de cette maison de séminaires située dans la vallée de Chevreuse.
Simon, hôte de la maison de cette maison de séminaires située dans la vallée de Chevreuse.

Pouvant accueillir de 2 à 56 participants à travers ses 48 chambres, le château Regen’Ronqueux peut inscrire cette volonté d’impact positif au cœur des séminaires. Lors d’un événement du groupe Saint-Gobain par exemple, les participants sont venus aider à définir le cahier des charges pour la réfection de la verrière du centre de loisirs. Lors d’un autre événement, les participants ont pu également réaliser une haie sèche dans le champ de l’agriculteur voisin, bio bien entendu. « De tels séminaires ont une finalité qui permet de faire vivre le territoire, Claire Schwartz. Ces moments fédérateurs, souvent informels, qui font le sel des séminaires comme une pétanque ou un karaoké, peuvent aussi avoir du sens. Ils peuvent i faire écho aux valeurs que les entreprises ont envie de faire vivre à leurs collaborateurs. »

Parmi les animations qui peuvent jalonner les journées de séminaires, la maison s’appuie aussi sur son réseau de proximité avec la création de gins à la distillerie Chevreuse, un atelier avec la céramiste professionnelle installée à Bullion ou la murder party « Le Potager Maudit », joliment interprétée par deux comédiennes venues en voisine, fondatrices de la troupe les « Immersives ».

Mais le lieu se prête aussi, évidemment, aux activités nature, pour découvrir au plus près la biodiversité alentours. Par exemple, écouter le chant des oiseaux et identifiez les traces d’animaux dans la forêt du domaine en compagnie d’un écologue et s’initier à la photographie animalière. Dans un style plus survivaliste, une balade en forêt peut être encadrée par un expert, où apprendre comment allumer un feu sans allumette, filtrer de l’eau, s’orienter sans réseau ou construire un abri. Le tout étant complété en saison, à l’automne et au début de l’hiver, par un must : l’écoute du brâme du cerf. L’appel du vivant.