Séoul Incheon : un nouveau Terminal 2 plein d’ambition

Le nouveau Terminal 2 de Korean Air à Séoul, dont la première phase a ouvert en début d’année, permet l’accueil de 18 millions de passagers par an et doit refaire de Séoul le plus gros hub international en Asie. Une stratégie qui profite également à l’alliance Skyteam.

Incheon Airport
Avec le nouveau Terminal 2, les autorités coréennes et Korean Air entendent bien repositionner l'aéroport d'Incheon comme l'un des meilleurs sur la scène internationale (Incheon Airport)

L’ouverture en février du nouveau Terminal 2 sur l’aéroport international de Séoul Incheon est le symbole des ambitions affichées à la fois par Korean Air, la compagnie nationale de Corée, mais aussi des autorités aéroportuaires nationales. Incheon est idéalement situé en Asie du Nord – le premier marché aérien du continent – puisqu’il intègre les géants Chinois et Japonais outre la Corée et Taïwan. Korean Air propose vers ces trois pays des vols sur près de 30 villes de Chine continentale, sur près d’une douzaine de destinations au Japon outre la desserte de Hong Kong, Macao et Taipei. Elle entretient aussi un réseau domestique vers les plus grandes villes du pays. On peut imaginer que le réchauffement actuel entre Corée du Nord et Corée du Sud devrait se solder à court-terme par une liaison aérienne vers Pyongyang, Korean Air ayant déjà dans le passé desservi cette ville avec des vols charters.

regrouper toutes les compagnies de Skyteam sous un même toit

Le terminal 2 est utilisé principalement par Korean Air et ses trois principaux partenaires de l’alliance SkyteamAir France, KLM et Delta Air Lines. « D’ici 2023, les autorités vont étendre l’aérogare avec un programme de 4,2 milliards de dollars, faisant alors passer la capacité de 18 à 28 millions de passagers supplémentaires. Ce qui permettra notamment de regrouper toutes les compagnies de Skyteam sous un même toit », explique Kim Do Hyung, porte-parole de la compagnie aérienne Korean Air. A cette date, Incheon affichera une capacité totale de 85 millions de passagers, le terminal 1 permettant de traiter pour sa part 55 millions de passagers. Une quatrième piste sera d’ailleurs construite en parallèle avec l’extension de l’aérogare 2. A long terme, Incheon pourra traiter plus de 100 millions de passagers, ce qui place la plate-forme au second rang en Asie, juste derrière Pékin.

Stimuler le trafic en transit

C’est d’ailleurs sur ce point que Korean Air et Incheon espèrent bien se positionner. Incheon est l’un des meilleurs aéroports du monde, disputant régulièrement à Singapour le titre de meilleur aéroport d’Asie. Et pourtant, la plate-forme a perdu depuis 2013 plusieurs places dans le classement des aéroports de transit. Le transfert des passagers s’inscrit effectivement en baisse. De 18% en 2013, la part des passagers en transit est tombée en 2016 à 12,5%, les chiffres de 2017 n’ayant pas encore été publiés. Les autorités espèrent bien renverser la vapeur avec ce nouveau terminal high-tech, et grâce à des incitations financières pour toute compagnie ouvrant de nouvelles lignes ou ajoutant des fréquences de vol.

« Depuis et vers Séoul, Korean Air propose des liaisons internationales directes vers 98 villes dans 36 pays. Nos douze partenaires Skyteam présents à Incheon opèrent des vols directs vers 32 destinations », indique Kim Do Hyung. Le transporteur et ses partenaires assurent ainsi des correspondances optimales : il faut seulement 45 minutes pour réaliser le transfert d’un vol à un autre, y compris entre les deux terminaux, desservis par un service de navette automatique.

Séoul représente donc un hub idéal pour les Européens ayant des connections rapides sur l’Asie du Nord (Chine, Corée, Japon et Taïwan), le Sud-Est asiatique (particulièrement les Philippines et le Vietnam) et le Pacifique. A l’arrivée des vols en provenance d’Europe, Korean Air offre des correspondances sur une douzaine de villes japonaises, près d’une trentaine de villes chinoises et vers une quinzaine de villes en Asie du Sud-Est.

Depuis l’Europe, la compagnie dessert 15 destinations, dont Paris CDG et Amsterdam, les deux hubs de son partenaire européen Air France-KLM. Elle ouvre ce mois de septembre une ligne régulière sur Zagreb, à raison de trois vols hebdomadaires, devenant la seule compagnie d’Asie à desservir la capitale croate. Pour la saison 2019, le transporteur va ouvrir de nouvelles lignes en Asie et offrir plus de fréquences sur ses destinations existantes. « Mais nous ne pouvons rien révéler pour le moment sur notre programme Asie », explique Kim Do Hyung.

Check in et transfert des bagages optimisés

Pour Skyteam, Incheon est donc un hub essentiel puisqu’il permet de couvrir toute la Chine et le Japon, deux marchés d’affaires très cruciaux. Et si l’alliance possède déjà de très gros hubs en Chine – à Canton et Pékin avec China Southern et à Shanghai avec China Eastern –, Incheon fait la différence par son efficacité et surtout par une qualité de service exceptionnelle dans le nouveau Terminal 2.

Le check-in est l’un des plus efficaces au monde, permettant aux passagers d’effectuer leur enregistrement en quelques minutes dans l’aérogare. Il est même possible de voyager « les mains libres » en envoyant depuis son lieu de séjour à Séoul son bagage grâce au programme « Hands Free ». Le transfert des bagages est entièrement automatisé, offrant une fiabilité quasi-parfaite. Selon les statistiques du transport aérien, le ratio de bagages égarés à Séoul est proche de zéro : deux bagages égarés pour un million. Soit le taux le plus bas des aéroports dans le monde.

Les infrastructures du nouveau Terminal 2 mettent l’accent sur la fluidité du parcours voyageur à Incheon

Dans le cas où un objet suspect est détecté sur un bagage – comme des chargeurs de batterie de téléphone par exemple -, des espaces de contrôle sécurisés ont été créés en zone de transit, permettant aux passagers de retirer l’objet incriminé. Les contrôles de passeport sont tout aussi rapides : il faut moins de cinq minutes pour expédier les formalités.

Reste ensuite à profiter du superbe Terminal 2. Outre les habituelles boutiques, Séoul innove là aussi. Les espaces de loisirs sont pléthores. Pas besoin d’être un enfant pour apprécier les jeux de réalité virtuelle où l’on peut piloter une voiture de course, survoler les Alpes en deltaplane ou même faire du sport. On peut aussi se faire servir son café par un robot ou apprendre à créer des objets en trois dimensions. Des concerts sur une « plaza » arborée qui rappelle les places publiques de Séoul ou encore des ateliers d’artisanat font partie des activités offertes aux passagers.

L’un des espaces les plus appréciés pour les passagers en transit longue durée – et sans accès à un salon haute contribution – est une salle de repos où des fauteuils couchettes sont disponibles gratuitement. Pour les passagers haute contribution, Korean Air propose plusieurs salons (affaires, première et VIP) avec des spécialités culinaires coréennes et internationales. Le seul point faible est probablement le salon affaires, malheureusement très fréquenté et où il est parfois difficile de se relaxer… Reste alors la plaza avec ses concerts !