Thalys : des célébrations pour saluer le retour à plus de fréquences

En même temps que les 175 ans de la ligne Paris-Bruxelles et les 25 ans de la compagnie, Thalys a célébré le passage de son offre à 50 % des fréquences habituelles. Un retour progressif à la normale qui verra l'annonce à la rentrée de nouvelles offres corporate. Comme à la SNCF d'ailleurs.
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"Red Arrow", nom de baptême de la rame Thalys ayant célébré les 175 ans de la ligne Paris-Bruxelles.

175 ans de la ligne Paris-Bruxelles, 25 bougies pour la compagnie Thalys, mais aussi, et beaucoup plus d’actualité pour les voyageurs d’affaires, montée en puissance des fréquences après une activité en berne pendant un an et demi : le mois de juin est celui des célébrations pour le transporteur franco-belge, filiale entre autres de la SNCF et de la SNCB, les chemins de fer belges. Une coopération qualifié de « fructueuse » par Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Voyages, depuis la mise en service des premiers trains à grande vitesse reliant la France, la Belgique et les Pays-Bas le 2 juin 1996, « plein de belles choses ayant été concrétisées ensemble en 25 ans » selon Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB.

La célébration du départ, le 14 juin 1846 et depuis la gare du Nord, du premier train à relier deux capitales européennes l’a démontré : les relations ferroviaires entre la France et la Belgique sont une longue histoire. Mais alors, qu‘il y a 175 ans, le périple Paris-Bruxelles durait deux jours en passant par Lille et Gand, il en faut à peine 1h22 aujourd’hui. « En temps normal, souligne cependant Bertrand Gosselin, PDG de Thalys, car la crise sanitaire a largement compliqué les voyages. Mais les conditions de voyages s’assouplissant, nous relançons aujourd’hui les fréquences. »

De 11 fréquences à partir du 14 juin, contre 22 en temps normal, l’offre de Thalys passera à 65 % le 25 juillet et, sans doute à 80 % à partir du 4 septembre, la compagnie escomptant un retour à 100 % l’an prochain. En parallèle, les salons de la compagnie à Bruxelles-Midi et Paris-Nord ont également rouvert leurs portes et proposent café, thé et rafraîchissements aux voyageurs fréquents. Nouveauté pour ce redémarrage, la compagnie propose un nouveau portail de connexion à Internet à bord des trains rouges. Après avoir fait peau neuve, « Thalysnet » voit son utilisation simplifiée selon le transporteur.

Thalys, chahuté par la crise, forcé à adapter son plan de transport toutes les deux semaines au gré de la demande et des restrictions de déplacements, commence à voir le bout du tunnel. Son récent refinancement, à hauteur de 120 millions d’euros et conclu avec cinq banques européennes, permet à Alain Krakovitch de se dire « très confiant dans la résilience de la compagnie« . Alors qu‘Eurostar a vu également ses finances assainies, le rapprochement des deux compagnies devrait pouvoir suivre son cours et est attendu désormais l’an prochain dans le cadre du programme Green Speed, donnant ainsi naissance à un nouveau moteur de la mobilité en Europe. Et verte de surcroît.

Le côté mobilité durable devrait jouer un rôle positif dans la reprise de l’activité de la compagnie. Soulignant que Thalys utilise une énergie 100% verte, Bertrand Gosselin voit dans l’attrait pour ce moyens des raisons d’être optimiste pour l’avenir, « car la crise a accru la sensibilité écologique des voyageurs« . De son côté, Sophie Dutordoir, qui a souligné que Thalys avait réussi à « supplanter l’avion et concurrencer la voiture sur les courtes distances« , se déclare « convaincue que le train sortira gagnant de cette crise« .

D’autant que, est-ce principalement dû à l’effet flygskam ou à l’effet Covid, mais le tourisme de proximité a la cote. Un sondage Odoxa réalise pour Thalys montre que près de quatre Français sur dix (37%) envisagent de visiter un pays européen proche de la France cette année, contre 16% en 2020 et 17% en 2019. La Belgique et les Pays-Bas, pays desservis par Thalys, ressortent de ce sondage comme les destinations les plus attrayantes.

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De gauche à droite : Alain Krakovich, DG de SNCF Voyages, et Bertrand Gosselin, PDG de Thalys.

Mais, alors que la clientèle loisirs devrait aider la compagnie à retrouver une meilleure fréquentation des trains, qu’en est-il de la clientèle affaires ? Ce mois de juin, les voyageurs professionnels représentent 41 % des clients de la compagnie, contre 60% avant la crise. Si la clientèle business des PME s’est remise en train, celle des grands comptes est restée à quai pour l’instant.

Alors que la compagnie s’attend à une baisse inévitable sur ce segment du fait du recours à la visioconférence pour les réunions d’équipe ou du développement du télétravail, Thalys présentera à la rentrée de nouvelles choses destinées à la clientèle corporate. Et ce, quasiment au même moment où la compagnie mettra sur les voies de sa première rame Ruby rénovée, offrant un plus grand confort au voyageur avec des sièges repensés et équipés pour le travail nomade avec des prises électriques et USB.

SNCF : quelles nouveautés à attendre pour la clientèle business ?

Comme Thalys, la SNCF dévoilera à la rentrée ses offres destinées à la clientèle corporate. Sans en dévoiler la teneur, Alain Krakovich en a décrit les axes avec, pour commencer, la carte Liberté qui restera « le grand outil de la politique commerciale de la compagnie à destination de la clientèle pro » selon le directeur général de de SNCF Voyages. Elle est cependant amenée à évoluer dans les prochains mois afin de relancer son acquisition et le nombre d’abonnés, et ce dans la logique de la carte Avantage présentée début juin et dédiée à la clientèle loisirs.

Présenté à l’occasion de l’annonce de la nouvelle politique tarifaire de la compagnie, l’abonnement télétravail est un autre des piliers de la stratégie de la SNCF à destination de la clientèle corporate. Alain Krakovich espère qu’il séduira « beaucoup de gens car il est adapté à la demande actuelle« . Enfin, la SNCF prévoit également de faire un certain nombre d’actions auprès de ses grands comptes et des PME pour relancer les déplacements professionnels à bord de ses trains.

Alors que les PME se sont remises beaucoup plus vite à voyager, la compagnie ne prévoit pas de retour des grands comptes avant la rentrée. Concernant ce marché, Alain Krakovich s’attend à la combinaison de trois effets dans les mois à venir. L’un est négatif, avec le recours à la visioconférence qui va perdurer. Mais les autres sont positifs pour la compagnie, notamment le télétravail longue distance, « qui va nous apporter du business« . Autre élément favorable, le développement de plan d’actions RSE dans les entreprises de toutes les tailles. « Dans ce cadre, elles nous contactent, car elles souhaitent avoir une politique volontariste en faveur du rail, en particulier vis-à-vis de l’aérien« , a dit Alain Krakovich.