
Sacrée famille que cette famille Borgia ! Une dynastie qui, pour les mémorialistes, a passé son temps à tremper dans des complots, à commanditer des meurtres, à user de dagues et de poisons et à assumer, contre vents et marées, une sexualité plus que sulfureuse… Ainsi, à la Renaissance, le pape Alexandre VI et ses enfants, les célébrissimes César et Lucrèce, ont-ils défrayé la chronique par leurs frasques jugées décadentes. Pourtant, les historiens retiennent aujourd’hui que les Borgia furent aussi des mécènes lettrés et avisés et que, grâce à eux, le royaume de Valence a connu une période très prospère.
On oublie quelquefois que la lignée est d’origine espagnole et que son nom véritable, Borja, vient d’une bourgade d’Aragon avant d’être passé à la postérité sous sa forme italianisée, papauté oblige. Car l’histoire de la famille et celle du Vatican sont en effet étroitement liées. Cet illustre clan a donné à l’Église pas moins de deux papes, Calixte III (Alfonso de Borja, 1378-1458), Alexandre VI (son neveu, Rodrigo de Borja, 1431- 1503), mais aussi un saint, Francisco de Borja (arrière-petit-fils d’Alexandre VI et du roi Ferdinand II le Catholique, 1510-1572). Sans parler de la douzaine de cardinaux et d’une kyrielle d’évêques…
Marcher dans leurs pas, au coeur de la vieille ville de Valence, c’est donc plonger dans la magnificence du XVe siècle, et du même coup comprendre l’influence de cette maison prestigieuse sur la vie politique et commerciale de l’époque.
Empreinte toujours présente
À Valence même, tous ces monuments sont disséminés dans la vieille ville et donc très accessibles à pied. À commencer par la cathédrale Santa Maria, où les Borgia furent évêques et archevêques. Derrière une prédominance gothique, l’église conjugue différents styles et renferme une chapelle dédiée à saint Francisco de Borja, scénographié par un autre Francisco célèbre, un certain Goya… D’une très grande beauté également, des fresques Renaissance, découvertes en 2004 sous la coupole de la nef en restauration, représentent des anges musiciens.
Chapelle et cloître privatisable
Aujourd’hui transformée en centre culturel, on peut privatiser sa chapelle pour des concerts de musique de chambre, mais aussi son cloître, très dépouillé, pour des cocktails. La salle du chapitre, aux murs illustrés de portraits d’hommes qui l’ont rendue célèbre, se prête à des remises de récompenses.
Intermède contemporain
Aujourd’hui, Valence reste un port important de la Méditerranée. Mais un port en pleine évolution qui devient un vrai pôle d’attraction touristique. Ana Merelo, de Valencia Guias, ajoute : “en contrepoint très contemporain d’une visite puis d’un déjeuner dans la vieille ville, nous ne manquons jamais d’emmener les groupes visiter la cité des arts et des sciences.” Cet ensemble dessiné par les architectes Santiago Calatrava et Félix Candela englobe le musée des Sciences, le palais des Arts – un opéra avant-gardiste – , l’Hemisfèric – un cinéma IMAX –, l’Oceanogràfic, le plus grand aquarium d’Europe… Des bâtiments futuristes tout en courbes d’acier, de béton et de verre qui offrent une nouvelle halte culturelle avant de passer à des choses plus festives. “Ensuite, nous allons faire un tour sur la mer, nos catamarans accueillant quatre-vingts personnes, précise Ana Merelo, en alternative, nous pouvons organiser une amusante régate en bateaux de huit personnes, sous le commandement d’un capitaine, avec en final un piquenique sur la plage.”

Après un peu de repos, il sera temps de mettre le cap plus au sud pour poursuivre la route des Borgia. La ville de Gandía, épicentre d’un duché acheté par Alexandre VI à Ferdinand II le Catholique en 1485, n’est qu’à une soixantaine de kilomètres de Valence. Les groupes y visitent le palais ducal et son imposante cour carrée gothique, idéale pour prendre un cocktail à la fraîche. Cette demeure du XVe siècle est la maison natale de saint Francisco de Borja, restaurée et transformée en sanctuaire par les Jésuites en l’honneur de celui qui fut leur Supérieur général.
Reste une somptueuse galerie blanche et dorée, de style baroque, qui coule lumière et gaieté dans ce palais tout de même un peu sévère. La ville, tournée hier vers l’intérieur, s’est épanouie peu à peu au bord de l’une des plus belles plages d’Espagne. Une belle occasion pour les groupes d’y faire une halte balnéaire dans l’un des grands hôtels qui la longent et participer à quelques séances de team-building sur le sable, ici vraiment extrafin.Des italiens jaloux
Depuis cette plage, Xàtiva, le berceau des Borja, n’est qu’à une trentaine de kilomètres. Dominée par d’impressionnantes murailles érigées à l’origine par les Arabes et par un château du XIXe où les groupes peuvent déjeuner en terrasse, la cité de Xàtiva est un dédale de ruelles bordées de façades colorées. On peut y organiser une course au trésor pour mieux découvrir le charme des arcades de la place du marché, mais aussi la maison des Borja où naquit Alexandre VI, l’église Saint-Pierre où il fut baptisé, le musée installé dans l’ancienne bourse au blé ou la grande collégiale qui ne fut jamais reconnue comme cathédrale.


























