
Le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse est enfin sur de bons rails. En fin de semaine dernière, les 24 collectivités territoriales concernées des régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie ont validé le plan de financement des travaux, d’un montant de 14,3 milliards d’euros. Celles-ci participeront ainsi à hauteur de 5,6 Md€, l’Etat finançant 40% de ce projet d’infrastructure, les 20% restants étant apportés par l’Union européenne.
Dans un communiqué, le préfet de la région Occitanie s’est félicité de « la signature de ce plan de financement, étape décisive pour la création de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, qui doit intervenir avant le 23 avril« , date fixée par la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Seuls les associations environnementales et les élus écologistes, dont le maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, s’étaient élevés contre ce projet ferroviaire.
Un gain de temps vers Toulouse, mais aussi en Occitanie et Nouvelle Aquitaine
Avec des travaux devant débuter en 2024, cette nouvelle LGV permettra, lors de sa mise en service en 2030, de voyager depuis la capitale jusqu’à la ville rose en trois heures, contre quatre actuellement. Et ce, depuis l’ouverture de la LGV Océane en juillet 2017 qui a ramené le temps de trajet Paris-Bordeaux à 2h04. Sur ce tronçon Bordeaux-Toulouse, long de 240 km et qui sera effectué en une heure, deux nouvelles gares TGV seront édifiées, à Agen et Montauban.
Le Grand Projet du Sud-Ouest prévoit par ailleurs la réalisation d’une seconde branche de 160 km (dont 55 partagés avec la première) entre Bordeaux et Dax. Placée ainsi à trois heures de Paris, la ville thermale landaise entend renforcer son statut de porte d’entrée touristique, loisir et tourisme d’affaires dans ce département très prisé de la clientèle française et étrangère. Une nouvelle gare SNCF est là aussi prévue à Mont-de-Marsan. La SNCF estime ainsi que les passagers bénéficieront d’un gain de temps de 20 minutes sur « toutes les liaisons vers le Sud de l’Aquitaine (Pays basque), le Béarn et la Bigorre (Pau, Lourdes et Tarbes) et au-delà l’Espagne« .
Une connexion avec le réseau à grande vitesse espagnol sera en effet réalisée à Hendaye dès 2028 permettant à terme aux TGV de rejoindre Bilbao en 1h55 depuis Bordeaux, ainsi que Madrid ou Barcelone (en 3h50 de Bordeaux). Grâce à ce raccordement « sud-sud » entre ces deux branches de la future LGV, la SNCF prévoit des parcours Agen-Bayonne en 1h15, Toulouse-Bayonne en 2h15 et Toulouse-Bilbao en 3h10. En outre, Bayonne sera accessible en 1h05 de Bordeaux et en 3h15 de Paris. Au final, cinq millions de voyageurs par an sont attendus sur les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax dès sa mise en service.
Les entreprises bénéficieront d’une mobilité plus durable
Ainsi, avec plusieurs villes placées à plus ou moins 3h de Paris (Dax, Toulouse, Bayonne, Biarritz…), le train grignotera de solides parts de marché à l’aérien et à la voiture à partir de 2030, avec une estimation de deux millions de voyages « envolés » pour l’avion et 7,7 millions de déplacements en moins en voiture à l’achèvement du projet. Une mauvaise nouvelle à l’horizon pour Air France qui dessert actuellement Toulouse, Pau et Biarritz. Une bonne en revanche pour le bilan carbone des entreprises dont les collaborateurs sont de plus en plus incités à privilégier le ferroviaire pour leurs déplacements professionnels.




















