La Renfe reporte l’ouverture du Toulouse-Barcelone

La compagnie espagnole poursuit son bras de fer avec la SNCF et l'Etat français en ne débutant pas ce mois-ci l'exploitation de cette ligne saisonnière entre la ville rose et la capitale catalane.
Les trains AVE de la Renfe ne débuteront pas sur l'axe Toulouse-Barcelone en avril comme prévu
Les trains AVE de la Renfe ne débuteront pas sur l'axe Toulouse-Barcelone en avril comme prévu

La Renfe fait un pas de plus vers sa possible sortie de l’Hexagone. La compagnie espagnole vient en effet d’annoncer l’abandon de l’ouverture de sa ligne Toulouse-Barcelone qui devait être opérée de façon saisonnière, d’avril à septembre. Un aller-retour quotidien en AVE – le TGV espagnol – était prévu en 3h30 entre les deux villes, la gare de Barcelona Sants apportant la possibilité aux passagers de réaliser des correspondances optimisées vers Madrid, Saragosse, Tarragone, Valence, Lleida et Castellón. Cette décision a été immédiatement regretté par Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, qui estime que « le retour d’une liaison ferroviaire entre Toulouse et Barcelone est absolument indispensable, à la fois pour la planète, l’économie et les habitants de nos deux régions et de nos deux pays, qui l’attendent avec impatience« .

Cet abandon ou au mieux ce report est-il une nouvelle tentative pour faire plier les autorités françaises après ses récentes menaces d’arrêter ses deux lignes France-Espagne, Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid ? Le transporteur reproche en effet au gouvernement français ainsi qu’au groupe SNCF d’entraver son développement en France par des contraintes administratives et techniques excessives. Et plus particulièrement sur le tronçon Paris-Lyon que la Renfe espérait ouvrir à l’été 2024 lors des Jeux olympiques. Ceci alors que la SNCF s’est implantée en Espagne depuis 2021 via sa marque low-cost Ouigo qui détient désormais plus de 20% du marché espagnol de la grande vitesse.

La question de l’homologation des AVE au cœur du problème

La Renfe qui a déjà transporté plus d’un million de passagers en France a confirmé étudier l’avenir de ses opérations dans l’Hexagone en raison « des difficultés et des retards successifs rencontrés dans le déploiement de son offre de services à grande vitesse« . Face aux critiques régulières de la Renfe sur le manque d’ouverture à la concurrence en France, Alain Krakovitch, le directeur des TGV-Intercités de SNCF Voyageurs, rejette ces accusations assurant que le problème est avant tout technologique. La compagnie espagnole rencontrerait en effet des difficultés à faire homologuer sur le réseau français ses nouveaux trains à grande vitesse, les AVE S-106 assemblés par le groupe espagnol Talgo. Il est à noter que c’est auprès de ce constructeur que la future compagnie Le Train a commandé 10 rames avec l’objectif de desservir les villes du Grand Ouest en 2026. En espérant qu’elle ne rencontre pas les mêmes déconvenues…