Préavis de grève chez easyJet en France au mois d’août

Les syndicats des PNC d’EasyJet France ont déposé un préavis de grève courant du 7 août au 2 septembre, face, selon eux, à des conditions de travail dégradées et avec la cession de la compagnie en toile de fond.
easyJet interview
(Photo: Luc Citrinot)

Turbulences attendues pour easyJet en France. Les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT ont conjointement annoncé le dépôt d’un préavis de grève couvrant l’ensemble des bases françaises de la compagnie, du vendredi 7 août matin au soir du mercredi 2 septembre. Si aucune date n’a été officiellement arrêtée, les voyageurs d’affaires ne devraient être que modérément touchés par ce mouvement social en pleine pause estivale.

Mais ce dernier traduit le malaise du personnel navigant de la compagnie low cost face à une dégradation continue de leurs conditions de travail. Les représentants des organisations syndicales avaient d’ailleurs lancé leur offensive auprès de la direction courant juillet avant de la suspendre face aux incendies en Gironde qui ont impacté la base de Bordeaux. D’une part pour ne pas compliquer le retour des habitants touchés, mais aussi parce que plusieurs délégués ont participé à la lutte contre le feu explique SNPC-FO dans un compte-rendu de la réunion du CSE d’easyJet publié le 31 juillet.

Cependant, si ces dramatiques incendies sont maintenant fixés, le courroux des syndicats couve toujours, attisés notamment par la perspective de la revente de la compagnie à un fonds américain, que ce soit Castlelake ou Apollo. « Quand un fonds reprend une compagnie, on sait déjà ce qui arrive en premier : on compresse les coûts de personnel, on réduit les avantages et on dégrade encore un peu plus les conditions de travail pour la course au profit à tout prix. Rien de nouveau sous le soleil », soulignait SNPC-FO le 22 juillet.

Instabilité des plannings, pression opérationnelle avec des rotations planifiées avec un check-in seulement 25 minutes avant le départ, multiplication des ajustements de dernière minute, vols de nuit qui se multiplient sans aucun accord sur le temps de repos, les primes ou les aménagements de procédure : les griefs mis en avant par SNPC-FO sont nombreux face à une compagnie qui doit faire face à la hausse du prix du kérosène et l’augmentation des taxes, sans compter une concurrence renforcée sur certains marchés.

Cité par Le Figaro, l’UNPNC-CFDT invite la direction à engager « sans délai de véritables négociations afin d’éviter une crise sociale dont les premières victimes seraient les passagers ». Ce préavis de grève se traduira-t-il dans les faits ? La balle est maintenant dans le camp de la compagnie.