Enquête IATA: oui à l’IA, oui à la biométrie mais non aux démarches de visas

Si les passagers apprécient de plus en plus les innovations digitales et technologiques supportées par l'IA pour leur voyage en avion, ils se plaignent en revanche amèrement des formalités complexes et démarches à effectuer pour obtenir un visa. Des griefs que les autorités des pays à travers le monde devraient prendre en considération...
Passagers en attente à Roissy CDG Terminal F (Photo: LC)

Qu’est ce qui irrite aujourd’hui le plus les voyageurs aériens de nos jours lorsqu’ils se déplacent? Selon le baromètre de l’association internationale du transport aérien IATA (IATA Global Passengers Survey 2026), qui détaille la façon dont les passagers jugent leur expérience voyage, il s’agit des formalités entourant l’obtention d’un visa. En fait, des démarches qui n’ont rien à voir avec l’expérience aérienne en tant que telle, un résultat qui doit hautement satisfaire IATA. 

Les procédures d’immigration complexes découragent de fait 43 % des voyageurs à rendre dans certaines destinations. Il s’agit d’une forte dégradation par rapport à 2025 où ils « n’étaient que » 33 % à se plaindre de ces formalités.

En revanche, IATA indique dans son enquête que l’intelligence artificielle et la technologie biométrique sont désormais largement acceptées par les passagers car ils transforment la manière dont les passagers planifient et vivent les voyages aériens.

L’enquête mondiale de IATA pour 2026 met en lumière trois grandes tendances façonnant l’expérience des passagers : l’adoption croissante des biométries et des passeports numériques, le rôle croissant de l’IA dans la planification des voyages, et la frustration croissante face aux exigences d’entrée.

Près de la moitié des voyageurs interrogés (49%) ont utilisé l’IA pour planifier un voyage. La recherche de vols vers une destination spécifique est l’application la plus courante, citée par 21 % des répondants, suivie par la recherche des tarifs les moins chers (19 %) et la recherche de l’inspiration pour les voyages (17 %).

IATA presse donc les compagnies aériennes à rapidement s’adapter à ces changements comportementaux en adaptant leur stratégie numérique, selon Nick Careen, vice-président senior des opérations, de la sécurité et de la sûreté de l’IATA. Il a déclaré que les transporteurs doivent s’assurer que leurs offres apparaissent dans les résultats générés par l’IA. Et aussi créer des moyens pratiques pour que les voyageurs transforment les recommandations en réservations.

Moins de résistance au partage des données personnelles

L’identification biométrique gagne également du terrain dans les aéroports. Environ 58 % des passagers ont expérimenté la technologie biométrique lors de leur parcours aéroportuaire au cours des 12 derniers mois, contre 50 % en 2025 et 34 % en 2022.

La satisfaction des passagers ayant utilisé la biométrie a atteint 87%, contre 86% un an plus tôt. La résilience potentielle des passagers à partager des données s’émousse également: 78 % des voyageurs communiqueraient des informations biométriques si cela leur permettait de contourner les contrôles répétés de passeport ou de carte d’embarquement. Parmi ceux qui sont prêts à le faire, 75 % préfèrent s’enregistrer une fois à l’avance et être reconnus tout au long de leur voyage.

L’intérêt pour les passeports numériques est tout aussi fort. Environ 84 % des voyageurs interrogés dans l’enquête envisageraient d’en utiliser un pour l’enregistrement en ligne, tandis que 82 % partageraient un passeport numérique avec une compagnie aérienne après la réservation pour accéder à des services personnalisés, y compris des informations sur les visas. Une proportion similaire se prononce en faveur d’une utilisation d’une combinaison de portefeuilles numériques, de passeports et de cartes de fidélité sur smartphone.

La confiance dans la technologie reste néanmoins un enjeu crucial. Les violations de données préoccupent 59 % des répondants, tandis que 49 % s’inquiètent du partage d’informations avec d’autres organisations. IATA relève que 41 % disent manquer de clarté sur la manière dont leurs données personnelles sont traitées.

Comme vu plus haut, les exigences en matière d’immigration représentent désormais l’obstacle majeur au voyage. Parmi les voyageurs dissuadés par les règles d’entrée, 53 % ont déclaré que le processus était trop complexe, tandis que la confidentialité et le coût ont chacun été cités par 17 % d’entre eux. Tandis que 60 % préfèreraient faire une demande de visa en ligne plutôt qu’en personne à une ambassade ou un consulat.

Les Européens plus sceptiques fassent au numérique

Les différences régionales d’évalutation des nouvelles technologies sont de nature à influencer la manière dont les compagnies aériennes et les destinations réagissent. Le Moyen-Orient est en tête en matière d’utilisation de l’IA, à 72%, et plébiscite l’usage des passeports numériques, à 91%. La région Asie-Pacifique enregistre la plus haute satisfaction globale en matière de voyages aériens, à 90%, tandis que l’Afrique affiche la réticence la plus importante des voyageurs rebutés par les exigences en matière d’immigration, à 52%. 

L’Europe affiche la plus faible satisfaction, à 84% pour leur expérience d’un voyage aérien. Ainsi que la plus faible utilisation de l’IA pour la planification des voyages, à 35%. L’Amérique du Nord est la plus enthousiaste à l’adoption de la biométrie, à 63%. Elle affiche également des préoccupations particulièrement fortes concernant la sécurité des données.

L’IATA exhorte les gouvernements à simplifier les procédures d’entrée et de visa, à éliminer les contrôles en double et à établir des normes communes pour les attestations de voyage numériques sécurisées. L’association indique notamment que les technologies existantes sont en mesure de soutenir un traitement plus rapide des visas, mais que des pratiques de vérification incohérentes restent un obstacle à cette accélération des formalités.