Blablacar Bus : c’est bientôt fini

L’opérateur spécialisé dans le covoiturage a décidé de fermer son activité de lignes de bus longue distance d’ici fin 2026 en raison d’une exploitation déficitaire.
BlaBlaCar va cesser son activité de transport en bus d’ici la fin de l’année 2026 (DR)
BlaBlaCar va cesser son activité de transport en bus d’ici la fin de l’année 2026 (DR)

Lundi 21 avril, BlaBlaCar a annoncé la fermeture d’ici la fin de l’année 2026 de son activité de transport en bus en France et à travers l’Europe, par manque de rentabilité. « Ce projet répond aux difficultés économiques structurelles que connaît BlaBlaCar sur cette activité », a justifié la compagnie dans un communiqué. La hausse du prix du gazole en raison du conflit en Iran a augmenté les coûts et accéléré cette décision radicale, alors que l’offre se veut low-cost dans ses tarifs.

Transportant quelque 6 millions de passagers par an, Blablacar Bus dessert actuellement 300 villes dans une quinzaine de pays européens dont l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne… L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) s’est immédiatement alarmée de cette annonce « brutale » rappelant que Blablacar Bus transporte des millions de passagers chaque année et que ses bus affichent un taux d’occupation élevé. Et l’ORTE de souligner les investissements réalisés par les transporteurs travaillant pour Blablacar via l’acquisition de bus et le recrutement de chauffeurs pour opérer les lignes. « Cette décision, à la fois soudaine et inattendue, pourrait, si elle se confirmait, entraîner des conséquences majeures, notamment pour la soixantaine de transporteurs qui exploitent des lignes pour le compte de BlaBlaCar Bus », ajoute l’OTRE dans un communiqué. Une quarantaine de postes sera en outre supprimée directement au sein de Blablacar.

Une activité née du rachat de Ouibus à la SNCF

Cette société spécialisée sur le covoiturage s’était diversifiée sur ce segment suite au rachat de Ouibus, cédée par la SNCF en 2019 car à l’époque déjà déficitaire. La compagnie ferroviaire nationale s’était en effet lancée en 2015 sur ce créneau des voyages en bus longue distance dans le cadre de la libéralisation du marché français des services librement organisés (SLO) mais aussi et surtout pour contrer cette nouvelle concurrence faite à ses trains en général et à ses Ouigo en particulier. Sa marque de TGV low-cost étant alors en plein développement dans l’Hexagone.

Encore aujourd’hui, Blablacar met en avant des tarifs jusqu’à 60% moins chers que le train. Et surtout un réseau particulièrement décentralisé avec 70% de ses lignes qui ne passent pas par Paris. Blablacar Bus a ainsi d’abord séduit les jeunes et les étudiants – 2/3 des passagers ayant moins de 35 ans – ainsi que les familles et les retraités à la recherche de tarifs attractifs. Ses principales lignes sont Lille-Paris, Grenoble-Lyon et Lyon-Paris. A la fermeture de ses lignes, le groupe allemand Flixbux se retrouvera de fait en situation de monopole en France.