Décideur : François Caudron, Vice-président Marketing d’Airbus

Airbus a fêté son 50e anniversaire en 2019. François Caudron, Vice-président Marketing d’Airbus, revient sur les grandes tendances dans l'aéronautique, notamment en termes de performances environnementales et d'aménagement des cabines, et livre sa vision de l'avion de demain.

Airbus SAS
François Caudron, Vice-président Marketing d’Airbus

Quelle position occupe Airbus aujourd’hui ?

François Caudron – Cela fait 50 ans qu’Airbus existe. Le parcours est remarquable, car en fait, 50 ans, c’est court ! Nous n’étions qu’un concept, nous sommes aujourd’hui leader pour les avions monocouloirs avec une part de marché sur les court-courriers de 60 %. Et sur le long-courrier, nous oscillons entre 45 % et 50 %. Airbus, c’est un avion qui décolle ou atterrit toutes les 1,2 secondes, et c’est aussi 130 000 employés. En 2019, nous avons célébré la commande de notre 20 000e appareil… Nous sommes une entreprise globale avec une forte présence à l’international bâtie sur des racines européennes dont nous sommes fiers.

L’environnement prend une place toujours plus importante. Comment Airbus s’attelle-t-il à ce challenge de durabilité ?

François Caudron – Il faut d’abord rappeler que cela fait longtemps que les constructeurs aéronautiques travaillent à l’amélioration des performances environnementales. En 50 ans, nous avons réduit de 80 % les émissions de CO2 des avions de ligne et de 90 % les nuisances sonores. Il est important de le faire savoir. Chacun – constructeurs, compagnies aériennes et passagers – doit prendre ses responsabilités, car l’environnement est l’affaire de tous. Les constructeurs continuent de travailler à créer des avions plus économes en carburant grâce, par exemple, à l’emploi de matériaux composites ou au développement de nouvelles motorisations. Les compagnies aériennes doivent de leur côté optimiser leurs flottes. Nous offrons des modules appropriés à tous les types de marché, notamment avec le nouvel A321 XLR, un monocouloir long-­courrier qui permet de desservir des marchés secondaires. C’est une vraie révolution, car l’appareil offre la possibilité de désengorger les aéroports les plus saturés et d’ouvrir de nouvelles routes, par exemple New YorkBordeaux ou encore Nice-Boston. Ce qui autorise une optimisation d’utilisation des avions. Enfin, il est de la responsabilité des passagers de sélectionner leur compagnie aérienne, non seulement pour les prix qu’elle propose, mais aussi pour le type d’avion exploité, à l’empreinte carbone minimale.

Notre nouvelle signature cabine “Airspace” est un concept axé autour du confort, de l’ambiance, du service et du design

Quelles sont les évolutions sur le confort offert aux passagers ?

François Caudron – Il y a désormais une convergence dans la configuration avec le souci d’offrir un confort similaire à celui des long-courriers, aussi bien sur des avions court-courriers que des moyen-courriers. Chez Airbus, cela se traduit par notre nouvelle signature cabine “Airspace”, un concept axé autour du confort, de l’ambiance, du service et du design. Notre A350 XWB est un modèle du genre avec une cabine plus aérée, des coffres à bagages plus spacieux, des hublots plus grands et des ambiances lumineuses qui varient selon les phases du vol. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur la pressurisation et, en conséquence, l’atmosphère en cabine est plus agréable. Un indice ? Les passagers se rechaussent sans difficulté à la fin d’un vol ! C’est ce même souci du détail que nous proposons sur nos avions monocouloirs, y compris avec la possibilité d’offrir un produit en classe affaires semblable à celui d’un long-courrier.

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Pourra-t-on un jour avoir des avions aux espaces totalement modulables ?

François Caudron – C’est technologiquement possible, mais je ne suis pas sûr que ce soit dans l’air du temps. La nécessité de rationaliser l’espace à bord va à l’encontre de la création d’espaces spéciaux. Par exemple, nous avons proposé à nos clients un espace-bar ou même des couchettes en soute. Mais cela pourrait nécessiter une gestion spécifique en raison des contraintes opérationnelles.

S’achemine-t-on vers une nouvelle révolution technologique ?

François Caudron – L’innovation est dans notre ADN. Nous sommes par exemple très impliqués dans le développement des VTOL, ces appareils proches des drones avec des atterrissages et décollages verticaux. Nous travaillons sur d’autres types de propulsion tel l’hybride, l’électrique, ou à plus long terme l’hydrogène. De nombreuses pistes sont explorées. Quant à un futur avion supersonique, cela n’est pas une priorité chez Airbus. Nous travaillons plutôt sur des modèles plus durables et efficients.

Ses dates clés

Né en 1965.

1984-1989 Diplômé de l’université de Liège, Ingénieur électromécanicien.

1988-1989 Diplômé de Cranfield University, Design de véhicules aérospatiaux.

1989-1990 Diplômé de Von Karman Institute à Bruxelles, Technologies de l’aérodynamisme.

2007 Vice-président Commercial et Business Development de l’Airbus A350

2014 Vice-président Programmes d’approvisionnement d’Airbus.

2015 Senior Vice-président Marketing d’Airbus.