Hôtellerie : ce que veulent les voyageurs d’affaires

Un hôtel proche du lieu de rendez-vous, une chambre avec bureau, un petit-déjeuner rapide : Coach Omnium décrypte les attentes des voyageurs d'affaires, moins sensibles au bleisure qu’attendu.
Le Ruby Lilou, un hôtel lifestyle du groupe IHG situé dans le quartier d'Euroméditerrannée à Marseille.
Le Ruby Lilou, un hôtel lifestyle du groupe IHG situé dans le quartier d'Euroméditerranne à Marseille.

Une situation au plus près de son rendez-vous alors qu’un touriste peut se satisfaire d’être un peu à l’écart des lieux clés, mais aussi un check-in fluide, une chambre qui leur permet de travailler et un lobby sympa où se détendre : les grandes attentes des voyageurs d’affaires en matière d’hôtellerie, observées par le cabinet Coach Omnium, ne laissent guère de surprise. L’enquête « Décryptage des attentes des clientèles hôtelières », réalisée en face-à-face en février et mars 2026 auprès de 603 clients d’hôtels en France, distingue également d’autres priorités collant à leur quotidien professionnel. Notamment la possibilité de prendre un petit-déjeuner rapide, même en cas de départ matinal, ou la présence dans la chambre d’un bureau, renforcée par de nombreuses prises et un wifi performant.

Si les répondants à cette enquête ne sont que 29 % à séjourner à l’hôtel pour motif professionnel, cette clientèle minoritaire n’en est pas moins stratégique pour la rentabilité des établissements de par son assiduité. Là où 69 % des clients loisirs ne fréquentent un hôtel qu’une à trois fois par an, pas loin de la moitié des voyageurs d’affaires y dorment au moins une fois par mois – 26 % – et même plusieurs fois par semaine pour 10 % d’entre eux.

Parmi les enseignements de l’enquête, Coach Omnium remarque que les professionnels sont moins nombreux à réserver par eux-mêmes leur hébergement, celui-ci étant pris en charge par un assistant, un service voyages ou une agence. Tandis que 5 % des répondants se reposent sur le choix de leur entreprise.

Bleisure or not bleisure

Autre enseignement, allant à rebours de nombreuses réflexions, le bleisure n’est pas un phénomène aussi répandu qu’on pourrait le croire. En effet, 59 % des voyageurs d’affaires interrogés ne le pratiquent jamais. Quant aux 41 % restants, ils ne s’y adonnent que rarement (26 %) ou parfois (15 %). De la même manière, la génération Y, souvent citée comme à la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ne serait pas le moteur de cette pratique. Les 30-45 ans ne sont ainsi pas plus nombreux que les autres tranches d’âge à pratiquer le bleisure, autour de 40 %. Les clientèles étrangères, en revanche, s’y montrent nettement plus réceptives : 58 % en profitent parfois ou rarement. Difficile, en effet, de résister à l’envie de prolonger un déplacement ou un séminaire par un week-end à Paris ou ailleurs.

Plus globalement, sans faire de distinction entre les clientèles affaires et loisirs, l’enquête « Décryptage des attentes des clientèles hôtelières » met en avant plusieurs attentes en matière de service, notamment la primauté d’un accueil humain malgré le déploiement des bornes et du check-in mobile. En effet, 58 % des clients préfèrent qu’un réceptionniste gère leur arrivée et leur départ, quand seuls 14 % privilégient une application ou une borne en libre-service. Qu’importe pour les 22 % restants, du moment que l’arrivée en chambre soit simple et fluide.

Alors que les hôtels de nouvelle génération, poussés par la tendance lifestyle, mettent un accent particulier sur le lobby, ceux-ci ne sont fréquenté qu’occasionnellement par la moitié des clients. Mais cette évolution vers des espaces communs animés touche sans doute bien plus les voyageurs d’affaires que les touristes de passage. Et cela, que ce soit pour se détendre ou travailler. Les professionnels nomades sont ainsi plus sensibles que les clients loisirs à la présence d’un bar dans l’hôtel (35 % contre 27 %), quand les espaces de coworking, peu demandés par l’ensemble de la clientèle (9 %), intéressent davantage les voyageurs d’affaires, 20 % d’entre eux en profitant ou souhaitant en profiter.

Dans le même ordre d’idée, le petit-déjeuner marque aussi une vraie différence entre les clients loisirs et les voyageurs d’affaires, ces derniers étant 66 % à le prendre systématiquement, contre 59 % pour l’ensemble des clients. Le fait que ce service soit communément intégré aux tarifs corporate ou inclus dans les frais de mission expliquant cela.