Les perspectives pour 2021 selon Arnaud Katz (Pdg de Bird Office)

Arnaud Katz, Pdg de Bird Office, se veut confiant quant au futur du meeting & events. Pour autant, l'année 2021 s'annonce comme une année hybride, une année du compromis entre virtuel et présentiel, entre le travail au bureau et au domicile, en recourant à des événements "phygitaux" et à des tiers lieux.
arnaud-katz-bird-office
Arnaud Katz, co-fondateur et Pdg de Bird Office

Comment envisagez-vous le marché du meeting & events pour 2021 ?

Arnaud Katz – Le marché Meetings & Events va sans aucun doute progressivement reprendre des forces car le besoin de se retrouver va être primordial après l’année que nous venons de vivre. On ressent une profonde envie du marché de se relancer, aussi bien du côté des fournisseurs qui trouvent des solutions, comme c’est le cas chez Bird Office, que du côté des clients qui nous disent qu’ils n’ont qu’une hâte : reprendre le cours normal des choses en revenant au bureau, en reprenant les réunions et les séminaires, en retrouvant les collègues, etc. L’année 2021 s’organisera selon trois piliers : les réunions et événements virtuels pour répondre au contexte et au fait que certaines entreprises sont en cours de réflexion et de structuration du télétravail ; les réunions et événements physiques en petit comité, les small meetings et small events, dont la demande va très clairement augmenter car les salariés, les équipes ont besoin de se rencontrer, d’échanger de visu et cela ne pourra se faire qu’en petit nombre, dans des lieux sécurisés et à mi-chemin entre les domiciles de chacun pour des raisons de temps de transport et de praticité mais aussi, si on réfléchit dans le temps long, qui répond à des problématiques RSE ; et enfin l’entre-deux, qui sont les réunions et événements hybrides, mêlant présentiel et distanciel, qui vont également se développer de plus en plus car ils répondent aux contraintes et besoins des deux précédentes typologies.

Quels sentiments prédominent chez les acheteurs ?

Arnaud Katz – Les acheteurs avec lesquels nous échangeons comprennent parfaitement les enjeux et les challenges actuels et à venir en termes de stratégie MICE et des modes d’organisation du travail post-covid. Certains acheteurs avec qui nous travaillons sont plutôt dans une phase d’observation, tandis que d’autres essayent d’anticiper les besoins à venir. Dans l’attente de la structuration de l’organisation, qui est une réflexion sur le temps long, ils nous partagent tous des problématiques qui sont plutôt à court terme : comment maintenir le lien entre les collaborateurs ? Comment compenser les rencontres informelles à la cafétéria ou au café ? Comment cultiver la cohésion d’équipe, qui passe habituellement par les séminaires et sessions de teambuilding ? Ils ont trouvé des solutions pour pallier la crise actuelle en mettant en place des réunions et événements virtuels. La question sera, pour eux, de trouver des solutions adéquates en fonction du contexte et de leurs objectifs.

Y a-t-il déjà des sources d’optimisme pour 2021 ?

Arnaud Katz – Les sources d’optimisme seront sans contexte dans le fait que les collaborateurs se retrouveront via des small meetings et events, que l’on privilégiera la qualité des rencontres à leur quantité, et que cela implique de repenser l’organisation et la valeur ajoutée de ce que l’on propose en termes de réunions, de séminaires, de conférences, avec de vrais parti-pris aussi bien sur le fond que sur la forme.

Attendez-vous un retour progressif à la normale, ou l’affirmation d’un nouveau rapport au bureau et à la salle de réunions ?

Arnaud Katz – Qu’est-ce qu’un retour à la normale dans un monde post-covid ? Je pense que tout cela se fera de manière progressive pour rassurer tout le monde, les fournisseurs comme les clients. Dans cette optique, les réunions et les événements en présentiel reprendront en respectant les mesures de sécurité sanitaire. En ce qui concerne le rapport au bureau, l’année 2021 sera l’année où l’on va structurer l’organisation des modes de travail : les entreprises sont en cours de réflexion et d’implémentation d’accords sur le télétravail, les parties prenantes étant nombreuses sur le sujet, cela va prendre du temps.

Cette année a été une année de prise de conscience des mutations accélérées par la crise du COVID-19. Le rapport au bureau a changé, la notion même de bureau change car on peut quasiment travailler de n’importe où, que cela soit à notre domicile, au sein des locaux de l’entreprise, dans des espaces de coworking, dans des cafés, à l’hôtel, etc. Par contre, cette multiplicité des lieux de travail, si l’on souhaite le faire dans des conditions optimales et professionnelles, se fera, à mon sens, dans trois espaces principaux : l’entreprise, son domicile et les espaces professionnels type coworking, centres d’affaires, etc. Dans ce paysage, l’acte de se réunir au sein d’une salle sera stratégique car il devra à la fois répondre à des objectifs RH pour favoriser le dialogue, maintenir le lien et la cohésion d’équipe, mais aussi et surtout à des objectifs de performance pour avancer sur les projets, délivrer des résultats.

la réunion a de belles heures devant elle !

L’année qui débute sera-t-elle celle du retour au bureau et en salle de réunions, ou l’avènement durable du télétravail ? Doit-on déjà baptiser 2021 « l’année hybride ».. ?

Arnaud Katz – 2021 sera, je l’espère, l’année où l’on va se retrouver, que cela soit des séminaires ou des réunions ! Ce sera aussi l’année où l’on va structurer le télétravail, qui, comme je vous le disais, mettra du temps à se mettre en place. Elle sera aussi, et vous avez raison de le souligner, une année hybride dans le sens où les trois modes de réunions, de travail vont devoir coexister : le 100% virtuel pour des réunions ou événements rassemblant des personnes éloignées physiquement, des rassemblements qui impliquent plusieurs filiales dispersées géographiquement par exemple ; le 100% en présentiel avec du small meeting/event avec une demande qui va plutôt se porter sur le côté expérientiel : lieux atypiques, variétés de formats et de supports avec des workshops, des jeux de rôle… ; et le 50% virtuel 50% présentiel, soit des événements hybrides ou phygitaux, à la croisée des deux autres types d’événements. « Stay tuned » : nous communiquerons d’ailleurs très bientôt sur ce sujet…

Après des mois loin du bureau, qu’est-ce qui pourrait pousser les salariés à revenir à leur poste de travail, à désinstaller Zoom pour revenir en salle de réunion ?

Arnaud Katz – Indéniablement, le manque de liens humains. Zoom et les autres outils technologiques sont de formidables outils qui ont très bien répondu à la problématique du confinement et de l’éloignement géographique. Nous les utilisons chaque jour en interne ainsi qu’avec nos clients et nos partenaires. Par contre, il faut les considérer comme des outils car rien ne remplacera la rencontre physique. Je le vois avec mes collaborateurs et les témoignages de mon entourage professionnel et personnel, nous avons tous besoin de nous retrouver physiquement, de nous voir, de discuter de manière informelle autour de la machine à café. L’entreprise se construit aussi avec les personnes qui la composent, ce sont eux qui créent et maintiennent la culture et les valeurs d’une société, sans compter l’émulation et l’intelligence collective. Sans rencontre physique, cela peut être difficile à entretenir sur la durée. Je le redis : la réunion a de belles heures devant elle !