
L’édition 2023 de l’IFTM Top Résa met le MICE à l’honneur. Et pour l’occasion, l’événement se dote d’un nouvel outil de mesure dédié au marché français pour mieux identifier les tendances et les mutations au fil des années. Le premier Baromètre Meetings & Events Kactus-IFTM est ainsi dévoilé ce matin Porte de Versailles. Il doit s’imposer comme un nouveau rendez-vous incontournable du salon, pour prendre chaque année le pouls du marché. Basé sur les données de réservation traitées par Kactus (plus de 30 000 entreprises clientes), le baromètre se nourrit également de contributions externes signées par l’Unimev, Epsa, l’AFTM ou encore le groupe Accor. Des références assez solides pour garantir au rapport une légitimité certaine.
Quid du contenu, et des enseignements à retenir de ce rapport d’une trentaine de pages ? Dans le contexte actuel, le volet tarifaire occupe une place prépondérante. Et sans surprise, le Baromètre Meetings & Events Kactus atteste d’une hausse des prix généralisée à tous les types d’événements. “L’augmentation est particulièrement notable pour le séminaire résidentiel, qui est passé de 326€ par personne en 2019 à 368€ (+13%) en 2022”, notent les auteurs du rapport. Ces derniers poursuivent : “La hausse sur le S1 2023 est tirée par les gros séminaires résidentiels de début d’année et la forte tension sur la demande qui l’accompagne. Le prix des soirées d’entreprise a également évolué, passant de 78€ en 2019 à 99€ (+ 27%) en 2022, puis à 96€ au premier semestre 2023. Une forte progression des prix annuels pour le second semestre 2023 est à prévoir avec l’organisation des soirées de fin d’année : en raison du niveau de prestation généralement plus élevé lors des soirées de Noël, les dépenses par participant sont plus importantes ».
Néanmoins, d’après Delphine Brousset, le secteur gagne en maturité et donc en efficacité pour maîtriser ces coûts. Forte de sa double casquette AFTM et UNIMEV, elle témoigne : “L’organisation d’événements reste un poste de dépenses élevé dans les entreprises mais de mieux en mieux maîtrisé avec notamment l’arrivée d’acheteurs MICE. Les entreprises sont plus attentives quant au budget alloué à un événement. Elles favorisent l’organisation d’événements au sein de leurs locaux ou à des distances raisonnables ». Chez Accor, Cécile Benoît-Cattin prévient : “Les entreprises qui ne disposent pas d’une organisation dédiée ou de spécialistes du MICE peuvent être surprises par cette évolution tarifaire, en particulier après une période de Covid qui avait entraîné une stabilité des tarifs par rapport à 2019. Toutefois, la réalité du marché reflète l’impact de l’inflation et des préoccupations en matière de RSE, qui ont un coût », poursuit la VP Régional M&E and Congress Europe & North-Africa Division.
Pour maîtriser les coûts, comparaison est bien souvent raison… Le Baromètre Kactus estime ainsi qu’il y a un écart du simple au double entre les devis pour les entreprises ayant comparé au moins trois offres tarifaires. Et ce sachant qu’en moyenne chaque événement fait l’objet de la comparaison de 3,6 devis. Pour autant, ce travail comparatif n’est pas gage de “bonnes affaires”, faute d’expertise tarifaire. En effet, pour un événement sur deux (50%), les réservations finales sont confirmées avec un budget qui dépasse l’estimation initiale. La professionnalisation du secteur passera donc par une meilleure connaissance du marché.
De ce point de vue, les données fournies par le Baromètre Meetings & Events Kactus apportent de précieux enseignements. Et ce notamment en différenciant les tendances tarifaires par régions. Cette “météo du MICE” proposée par Kactus permet ainsi d’identifier une sorte d’exception francilienne dans le domaine des séminaires résidentiels. L’Ile-de-France est – avec la région PACA – la seule zone ayant perdu des parts de marché depuis la crise sanitaire. Celle-ci a même chuté de 53% en 2019 à 40% en 2022. Pour Cécile Benoît-Cattin (Accor), « l’augmentation des événements en région est motivée par plusieurs facteurs : la facilité d’accès en train, conformément aux critères de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), un environnement au vert, propice à la concentration et à la déconnexion et l’envie de satisfaire les participants en leur faisant vivre une expérience bleisure ». Cette tendance n’a d’ailleurs pas pour autant tiré les prix à la baisse en Ile-de-France. Le tarif moyen par personne y a même grimpé de 338 euros à 378 euros. D’ailleurs, toutes les régions ont vu augmenter les tarifs, à l’exception des Pays de la Loire. On retiendra au passage que les Hauts-de-France s’adjugent la palme de la région la plus onéreuse (555 euros).

Les séminaires résidentiels boostés par le télétravail
Ces données spécifiques aux séminaires résidentiels s’avèrent d’autant plus pertinentes qu’il s’agit là du format d’événement qui aurait le plus fortement bénéficié de l’effet crise et de son corollaire : le télétravail. Certes, le « small meeting » demeure prépondérant, représentant près de deux événements corporate sur trois. Mais comme le pointent les auteurs du Baromètre Kactus, dans un contexte de stabilité générale entre 2019 et 2022 concernant la répartition des types d’événements, « seul le séminaire résidentiel prend une proportion plus significative ». Et les auteurs d’expliquer cette montée en puissance par « la volonté croissante des entreprises à renforcer les liens entre les collaborateurs, pour compenser la distance créée par le télétravail. Bien que ce dernier améliore sans conteste le bien-être et la flexibilité des collaborateurs, il suscite également un besoin accru d’alignement et de reconnexion ».

Cécile Benoît-Cattin en atteste : « En 2022, Accor a observé une augmentation notable du nombre d’événements récurrents organisés par les entreprises par rapport à 2019. Cette tendance s’est caractérisée par un engouement pour les journées d’études et les séminaires résidentiels rassemblant de 10 à 300-350 personnes, avec une récurrence tout au long de l’année. Cette évolution s’explique en partie par l’impact du télétravail, qui a renforcé le besoin des entreprises de recréer du lien social et de communiquer leurs messages et ambitions ». De là à y voir une tendance durable ? Pas forcément, si l’on en croit Cécile Benoît-Cattin : « En ce qui concerne l’année 2023, après une période d’euphorie, notamment liée au télétravail, on constate une diminution certaine du nombre d’événements de petite et moyenne taille. Les raisons de cette baisse comprennent l’inflation et les contraintes budgétaires, ainsi que le retour progressif au travail en présentiel au sein des entreprises. Cette évolution mérite d’être surveillée attentivement.» Ce sera tout l’objectif du deuxième opus du Baromètre Kactus-IFTM.


















