L’aviation d’affaires face aux enjeux du rapatriement

Outre les compagnies traditionnelles, les jets privés ont aussi été impactés par le rapatriement des voyageurs provoqué par la crise sanitaire. Une étude PrivateFly analyse l'évolution de la demande en cette période inédite.

Privatefly
Le rapport publié par Privatefly pointe l'évolution de la demande dans le secteur de l'aviation d'affaires suite au besoin d'évacuation des voyageurs

Le caractère exceptionnel de la pandémie de Covid-19 a entraîné des déplacements en urgence, notamment pour rapatrier les voyageurs bloqués à l’étranger. Les compagnies traditionnelles ont été sollicitées – et le sont encore – mais l’aviation d’affaires a également vu sa demande évoluer avec l’imminence de la fermeture des frontières. Une étude publiée par PrivateFly pointe ainsi des changements notables quant aux réservations de jets privés effectués sur sa plateforme. « La pandémie de COVID-19 a eu un profond impact sur notre quotidien à presque tous les égards et l’aviation d’affaires n’a pas été épargnée », témoigne Adam Twidell, PDG de PrivateFly, qui décrit « un marché et des comportements très différents des précédentes années ». Ainsi, le délai d’anticipation entre la réservation et le décollage a été fortement réduit. La majorité des passagers (60%) ont réservé leur vol dans la semaine précédant leur décollage et 23% d’entre eux ont réservé la veille voire le jour-même, contre 15% en 2019.

Autre enseignement de l’étude Privatefly : la distance moyenne des vols a augmenté dans ce contexte de rapatriement. Ainsi, le recours à des jets privés super-intermédiaires et long-courriers a quasiment doublé, passant de 18% de la totalité des jets loués en 2019 à 34%.

Quant à la chronologie des événements, les variations de la demande correspondent bien aux différentes phases constatées au niveau mondial, et aux mesures adoptées face à la pandémie. « À partir de mi-février, notre activité s’est essentiellement concentrée sur les rapatriements et les évacuations, note Adam Twidell. Le mois de mars a été particulièrement chargé, nous avons reçu un nombre exceptionnellement élevé de demandes et l’activité de vols était beaucoup plus importante que l’an dernier ». D’après l’étude Privatefly, le pic de la demande a eu lieu le 17 mars, date à laquelle a eu lieu le plus grand nombre de décollages, date – aussi – du début du confinement en France. Une « tempête » à laquelle devrait succéder un calme inquiétant, comme le redoute le Pdg de Privatefly : « les semaines à venir seront difficiles pour nous et pour l’ensemble de l’industrie », prévient Adam Twidell.