Rencontre : Émile Pérez, directeur de la sécurité et de l’intelligence économique du groupe EDF

Directeur de la sécurité et de l’intelligence économique du groupe EDF, Émile Pérez donne des conseils de bon sens pour adopter la bonne stratégie face aux risques.

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De par leur expérience, les grands voyageurs ont-ils, selon vous, une perception faussée des risques ?

Émile Pérez – Il est vrai que la connaissance du terrain peut faire baisser la vigilance. Cependant, j’ai passé 20 ans à sillonner le monde. Peut-être est-ce dû à mon tempérament, mais j’ai toujours fait attention, y compris dans des endroits réputés sûrs, car un incident peut arriver n’importe où. Les premiers conseils à donner aux voyageurs participent souvent du simple bon sens. Il faut faire attention à ce que l’on fait, aux endroits où l’on va, préserver son intégrité physique autant que ses objets de valeur et les informations que l’on transporte avec soi dans le cadre du business. Il faut maintenir en permanence un degré de vigilance en évitant deux excès : la paranoïa complète  ou du bisounours total.

Il faut maintenir en permanence un degré de vigilance

Quelle stratégie doivent avoir les entreprises ?

E. P. – J’utilise régulièrement un terme, celui de “glocalisation”, tant pour la menace que pour les mesures à prendre. La réponse en matière de sécurité doit être globale, à savoir un même processus de protection des salariés où qu’ils soient, à l’autre bout du monde ou dans le bureau d’à côté. En même temps, cette réponse doit être “locale”, adaptée au terrain. On ne traite pas de la même manière les aspects sécuritaires en Afrique, en Chine, aux États-Unis ou à Londres. Ce qui nécessite un discernement clair des risques éventuels et des mesures ad hoc. Avec la réponse “glocale”, on entre dans une dentelle fine pour que le dispositif soit en ligne avec cet objectif essentiel, préserver la plus grande des richesses de l’entreprise : la richesse humaine.