South African Airways : restructuration de la dernière chance

Le placement de South African Airways sous la loi de protection contre la faillite lance un processus de restructuration pour l’une des plus importantes compagnies d'Afrique. Les voyageurs d'affaires ne sont pour l’instant pas affectés, le transporteur desservant toutes ses lignes intercontinentales.

South African Airways
La mise sous tutelle de South African Airways ressemble fort à l'option de la dernière chance pour éviter la faillite de la compagnie

Voilà maintenant plus d’une décennie que South African Airways souffre d’une gestion « aléatoire ». La compagnie d’Etat, gangrenée par les scandales s’est exposée à des mouvements de grèves du personnel, dont le dernier épisode en novembre dernier a précipité une situation de quasi-faillite. Depuis 2004, pas moins de six PDG se sont succédés à la tête de la compagnie, tandis que les plans de restructuration de la flotte et de dégraissage du réseau de destinations se multiplient depuis la fin des années 90. Et ce, sans produire de résultats notables.

Sur l’Europe par exemple, alors que South African Airways était à une époque le premier transport d’Afrique par le nombre de ses destinations, elle se trouve aujourd’hui derrière ses rivales Kenya Airways ou Ethiopian Airlines. De fait, si SAA était encore le premier transporteur du continent en 2010 avec plus de huit millions de passagers, elle est désormais dépassée par Ethiopian avec plus de dix millions de passagers ou par Egyptair qui flirte avec les neuf millions de passagers. South African devrait terminer 2019 avec quelque sept millions de passagers.

En quinze ans, South African Airways a ainsi cessé ses dessertes de Paris CDG, Saint Denis de la Réunion, Zurich, Athènes, Copenhague, Amsterdam, Milan, Rome ou encore Manchester. Son réseau intercontinental se résume désormais à une petite dizaine de destinations incluant Francfort, Londres et Munich en Europe, New York, Sao Paulo et Washington sur la zone Amériques ainsi que Perth et Hong Kong en Asie Pacifique – cette dernière destination étant d’ailleurs temporairement suspendue en raison des violences dans l’ancienne colonie britannique.

La mise sous tutelle de South African Airways est donc la tentative de la dernière chance de la part du gouvernement en vue de sauver la compagnie d’une potentielle mise en faillite. Comme dans la chapitre 11 de la loi américaine sur la protection contre la faillite, le plan de sauvetage de SAA permet à la compagnie de se protéger des demandes de remboursement de ses créditeurs. Un administrateur indépendant été ainsi nommé pour appliquer les décisions liées à la restructuration de la compagnie tout en travaillant sur une série d’options permettant de préserver les emplois et les activités de la compagnie.

Un plan de redressement provisoire doit être présenté avant le 20 décembre. Si les employés et actionnaires sont d’accord, le plan définitif de sauvetage devra être adopté début 2020. En attendant, les avions volent sans changement notable sur les horaires et les fréquences… au moins jusqu’en janvier.