
Il y avait la foule des grands jours ce matin sur le quai 5 de la Gare de Lyon pour assister à la présentation des aménagements intérieurs du futur TGV M. Une cinquième génération de TGV qui est toutefois de plus en plus longue à accoucher puisque sa mise en circulation commerciale est attendue pour début 2026 soit avec un retard de deux ans sur le planning. Les tests en vue de son homologation ont en effet débuté dès décembre 2022. Les retards semblent liés à des soucis de freinage qui nécessitent des adaptations et de nouvelles campagnes de tests qui doivent s’intercaler sur le réseau hexagonal avec la circulation des TGV commerciaux actuels.
De 5 rames déjà assemblées qui servent pour ces essais, la SNCF espère pouvoir disposer d’une dizaine de TGV M début 2026 qui débuteront leur vie sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée. Avec leur voiture supplémentaire (soit 20% de places en plus), ces trains devraient ainsi compenser peu ou prou les TGV Inoui qui vont passer sous la bannière Ouigo. « Ce TGV sera notre atout stratégique pour faire face à la concurrence et répondre à notre augmentation de 15% de l’offre dans les dix prochaines années« , précise Christophe Fanichet, le DG de SNCF Voyageurs. « Sa modularité permettra de répondre à tous nos marchés avec selon les cas plus de voitures de seconde ou de première classe« . Ce TGV assurera en effet également des liaisons entre la France et l’Italie.
Un espace adaptée aux personnes à mobilité réduite
« Ce TGV va révolutionner le voyage et sera la référence de la grande vitesse pour les décennies à venir« , insiste Christophe Fanichet qui souligne ainsi les 400 innovations industrielles et technologiques insufflées dans ce projet co-construit depuis 2016 avec Alstom. « Le groupe a investi 4 milliards d’euros pour la commande des 115 premières rames, sur fonds propres grâce aux bénéfices de Voyageurs SNCF« . Parmi les nouveautés, un accès amélioré pour les personnes PMR avec la partie basse de l’une des voitures pouvant accueillir jusqu’à 5 personnes en fauteuil roulant, un embarquement en toute autonomie grâce à une plateforme élévatrice et un espace toilette adapté. Les passagers qui ne peuvent se déplacer pourront utiliser un service de restauration à la place en utilisant le portail TGV Inoui.
Un TGV plus zen et lumineux
En montant pour la première fois dans le TGV M, le passager sera d’abord frappé par la luminosité renforcée avec ses parois blanches et ses très longues fenêtres. Puis par la disparition des portes coulissantes qui délimitaient chaque voiture passagers. Une amélioration rendue possible par la forte réduction des bruits de roulement extérieurs. Plus de places ont ainsi été accordées à l’entrée à l’espace bagages dans un aménagement de type industriel très brut qui dénote par rapport au reste du design des voitures imaginés par Arep (filiale de Gares & Connexions) et le cabinet japonais Nendo. Ces derniers ont souhaité proposer un design simple et épuré avec le confort en ligne de mire. Ce décor plus ouvert doit aussi inciter les passagers à bouger au cours du voyage et plus particulièrement à se rendre à la voiture bar, rebaptisée Le Bistro. Les concepteurs doivent en effet tenir compte de trajet plus longs, le TGV allant toujours plus loin en Europe en raison de l’appétence des voyageurs pour le train.
Une déclinaison de rouge en 1ère et de bleu en 2nde classe

Un dégradé du rouge au bordeaux a été choisi pour les tissus de laine des sièges en 1ère classe qui fait ainsi immédiatement penser aux couleurs de l’ex-Thalys. Plus confortable, le nouveau siège est plus large de 5 cm dans cette classe, permet une inclinaison électrique renforcée, dispose d’une tablette généreuse et d’une têtière réglable en hauteur. Il n’est en revanche plus question de poser un sac dans le rack suspendu au dessus de vous puisque celui-ci a disparu. Seul le porte vêtement filant le long de la paroi a en effet été conservé dans ce futur TGV. Les sacs devront de fait être glissés sous son siège. A noter enfin un accoudoir plein pour les sièges côté couloir afin d’éviter la chute d’objets personnels.
En seconde, c’est une déclinaison de bleu attend les voyageurs qui bénéficieront chacun d’une liseuse, d’une mini-tablette et d’une prise électrique. Et surtout de 5 cm supplémentaires pour étendre les jambes ou ranger leur sac en l’absence du porte-bagage supérieur. La lampe jaune des carrés et sièges duo face à face est elle d’ores et déjà appelée à devenir iconique.


Le bar devient un espace en libre service

Mais la grande révolution sera le Bistro qui se déploie désormais sur les deux niveaux reliés par un escalier avec en bas un espace de vente en libre-service équipé de frigos à disposition comme dans les supermarchés, deux bornes de paiement automatique, deux machines pour les boissons chaudes et deux micro-ondes pour réchauffer ses plats. Un barista restera présent pour aider les clients et éviter que ceux-ci ne partent sans payer. On lui souhaite déjà bon courage ! Au premier, les consommateurs auront à leur disposition en 28 places assises également très design. La SNCF en profitera pour proposer une nouvelle carte, renouvelée trois fois par an, où les produits et plats français seront mis à l’honneur. « Ce sera difficile de faire moins bien que ce que nous propose actuellement la SNCF« , a taclé Philippe Tabarot, le ministre des Transports, dans son discours. Une sortie peu amène alors que la SNCF a fait ces dernières années de gros progrès sur la restauration à bord, notamment au travers du partenariat avec le chef Thierry Marx avec lequel la collaboration vient toutefois de s’achever.




















