A l’occasion du Grand Live du Voyages d’affaires qui s’est déroulé online le 20 janvier à l’initiative de CDS Groupe et du salon professionnel IFTM-Top Resa, Jean-Pierre Farandou, patron de la SNCF, s’est exprimé en ouverture pour faire le point sur l’actualité business de l’entreprise ferroviaire. Un segment d’activité actuellement affecté par une baisse de 30% de la demande et une hausse de l’absentéisme suite au déferlement du variant Omicron en France et aux mesures prises par le gouvernement concernant le télétravail. Pour y faire face, la SNCF a décidé de diminuer de 10% l’offre de ses TGV et de 20% de ses Intercités (à l’exception des trains de nuit). A plus long terme, le Pdg veut voir le verre à moitié plein concernant cette émergence du télétravail et de la visoconférence sur son activité business qui représente 20% de sa clientèle mais 40% du chiffre d’affaires de SNCF Voyageurs. « Bien sûr il y a une régulation mais la bonne nouvelle c’est qu’une partie de cette clientèle qui travaille à distance habite désormais plus loin. Si ces clients vont moins voyager pour se rendre au bureau, ils vont effectuer des trajets sur de plus longues distances quand il s’agira d’y retourner« , considère-t-il. Et de prédire un niveau de trafic business encore inférieur de 10% à 15% cette année comparé à celui d’avant la crise sanitaire, le retour à l’activité affaires de 2019 étant prévu « pour la fin 2023 ».
Partir à la reconquête commerciale des clients affaires
Pour atteindre cet objectif le plus rapidement possible, la SNCF va mener une politique commerciale agressive auprès des entreprises via des promotions. « Nous avons décidé d’être le plus attractif possible au travers de services et de tarifications appropriés reposant sur un système de contrats et de remises en fonction du volume« , précise Jean-Pierre Farandou qui considère cette politique contractuelle comme une priorité. « La SNCF compte notamment un millier de Grands comptes avec lesquels les discussions sont quasi individuelles et où nous pouvons aller encore plus loin dans les remises consenties comparé aux contrats Pro« . La grande nouveauté pourrait être l’intégration prochaine de l’offre Ouigo dans sa palette affaires, des voyageurs professionnels utilisant ces TGV low cost pour leurs déplacements en raison de tarifs attractifs et d’horaires appropriés. « Il ne faut plus considérer Ouigo comme une offre low cost interne à la SNCF mais comme une partie intégrante de l’offre TGV que nous proposons à nos clients », a-t-il estimé. Cette gamme Ouigo est en effet aujourd’hui loin d’être négligeable, représentant 25% des trains à grande vitesse. Les échanges entre billets Ouigo et Inoui devront notamment être facilités. Le lancement fin janvier de l’application SNCF Connect participera ainsi de cette volonté de la SNCF « de faciliter la vie des clients en rendant les voyages plus fluides« , a estimé le dirigeant.
Porter le train à 20% des déplacements en France
Pour conserver et attirer de nouveau clients affaires, la compagnie ferroviaire nationale mise ensuite sur l’avantage environnemental que représente un déplacement en train comparé à d’autres modes de transport. « Prendre le train c’est concilier la mobilité avec la protection de la planète« , assure le président. Et de rappeler que le train génère 50% d’émissions carbone en moins comparé à la voiture et 80% par rapport à l’avion. A l’heure où nombre d’entreprises ont des préoccupations écologiques et réalisent chaque année un rapport RSE, la SNCF propose désormais aux Grands comptes de calculer l’empreinte carbone de leurs déplacements annuels. « Elles connaissent ainsi l’économie carbone réalisée« . L’ambition est plus précisément de prendre 10 points à la voiture qui représente actuellement 85% des déplacements en France. Là aussi, SNCF Connect sera utilisée pour développer les mobilités conjointes et faciliter les voyages de porte à porte via le train + taxi, le train + location de voiture, le train + vélo ou le train + covoiturage. « Il faut tisser ces différents maillons pour créer une chaine de transport pratique et fluide dans l’organisation et la réservation d’un voyage de bout en bout« , insiste-t-il.
proposer une Business Pro avec un service amélioré sur Paris-Lyon afin de convaincre nos clients affaires de rester à bord de nos TGV
Enfin, Jean-Pierre Farandou s’est déclaré peu inquiet par l’arrivée sur le réseau ferroviaire de concurrents et, plus particulièrement, de Trenitalia présent sur l’axe Paris-Lyon-Milan. « Cela va nous stimuler et nous permettre d’être encore meilleurs dans les propositions de services que nous ferons aux entreprises. Notre réponse sera de proposer une Business Pro avec un service amélioré sur Paris-Lyon afin de convaincre nos clients affaires de rester à bord de nos TGV. Avec un gros avantage concernant l’amplitude de l’offre soit 22 fréquences par jour comparé à 2 allers-retours pour nos concurrents italiens« . Et ce même si Trenitalia prévoit d’y ajouter quelques rotations supplémentaires au cours du printemps 2022.