P. Mettey (Ascott) : « La volonté d’étendre l’ensemble de nos marques »

Rénovation des Citadines, arrivée d'Oakwood en Europe, de nouveaux lyf et The Unlimited Collection, essor du programme ASR : Philippe Mettey, directeur marketing d'Ascott en Europe, fait le point sur l'actualité du groupe.
Philippe Mettey, VP Ventes et Marketing Europe de The Ascott Ltd
Philippe Mettey, VP Ventes et Marketing Europe de The Ascott Ltd

Quelles évolutions constatez-vous dans la fréquentation des voyageurs d’affaires de vos établissements ?

Philippe Mettey – Nous sommes à peu près sur un ratio 50/50 entre les clientèles affaires et loisirs. Dans ce cadre, les voyageurs d’affaires sont de plus en plus présents du mardi au jeudi et un peu moins en début et en fin de semaine, en raison du développement du télétravail. En parallèle, la demande pour des séjours de plusieurs semaines à plusieurs mois – pour une formation, lors d’un déménagement – continue d’être forte. Pour l’hébergement de leurs collaborateurs, notre offre correspond bien aux attentes des entreprises en matière de produits, de services et de normes de sécurité. Autre point concernant la clientèle corporate, de plus en plus sensible à ce sujet : la quasi-totalité de notre parc européen est aujourd’hui certifiée par le label GSTC (Global Sustainable Tourism Council).

L’attractivité de vos établissements est aussi soutenue par le programme de fidélité Ascott Star Rewards. Comment celui-ci évolue-t-il ?

P. M. – Nous avons déjà franchi la barre des neuf millions de membres et nous serons très probablement au-delà des dix millions à la fin de l’année. Mais notre objectif est encore plus important, quinze millions de membres étant attendus en 2028. Le programme fonctionne donc bien, avec un bon taux d’acquisition en Europe, tous les clients corporate étant d’ailleurs éligibles au gain de points, y compris sur de très longs séjours. Mais nous avons encore des opportunités de croissance. Pour renforcer l’attractivité du programme Ascott Star Rewards, nous avons signé des partenariats avec des compagnies aériennes asiatiques tels que ANA, Cathay Pacific et KrisFlyer. Et nous pourrions bientôt en annoncer d’autres, avec des compagnies européennes cette fois-ci. En outre, ce qui plaît beaucoup dans ce programme, ce sont les Ascott Privilege Signatures, nos meilleurs clients étant invités à des événements exclusifs, par exemple aux tournois de tennis de Wimbledon et Roland-Garros, au grand prix de Formule 1 à Singapour et, bien sûr, comme le groupe Ascott est partenaire de ce club de football londonien, aux matchs de Chelsea.

Passons à l’évolution de vos établissements. Où en est le programme de rénovation entamé il y a quelque temps pour la marque Citadines ?

P. M. – Un plan de rénovation de l’ensemble du parc a été amorcé, avec des transformations déjà effectives à Paris pour les Citadines La Défense et Citadines Les Halles. Pour poursuivre, nous venons d’achever la rénovation du Citadines Paris République, qui vient de passer en quatre étoiles, comme celle du Citadines Lyon Part-Dieu, marquée par une nette amélioration du produit. En parallèle, nous finalisons la rénovation du Citadines Bastille Gare de Lyon, puis du Citadines Place d’Italie, dont la livraison est prévue en début d’année prochaine. Nous lancerons ensuite les rénovations des Citadines Paris Montparnasse et Lyon Presqu’île. Et ce mouvement ne concerne pas que la France. Le Citadines Kurfürstendamm Berlin a été transformé et le Citadines Londres Holborn aussi, une opération extrêmement importante. Et d’autres rénovations vont arriver en Angleterre dans les mois et années à venir.

Un des studios repensés du Citadines République Paris.
Un des studios repensés du Citadines République Paris.

En quoi consiste ce programme de rénovations ? Il ne s’agit sans doute pas que d’un coup de peinture…

P. M. – Non, évidemment. Le parc avait besoin d’être rénové, mais il y a derrière ces transformations tout un concept que nous dévoilerons l’année prochaine. En amont, un travail important a été fait sur le design avec le cabinet Saguez, qui nous a aidé à définir le cahier des charges des rénovations, tout en accompagnant certaines d’entre elles. Ce sont des transformations structurantes, avec une montée en gamme et une évolution répondant aux nouvelles attentes des clients. Avec beaucoup plus d’émotion dans l’expérience, des résidences tournées vers la ville, une importance accrue donnée aux espaces publics, devenant des lieux de vie où nos clients peuvent se connecter, échanger, travailler.

Ce programme de rénovation va-t-il venir nourrir les futurs développements de Citadines ?

P. M. – Nous avons la volonté de continuer d’étendre l’ensemble de nos marques mondiales, que ce soit Citadines et lyf, The Unlimited Collection et la Crest Collection ou encore une autre de nos enseignes, Oakwood, qui fera bientôt ses débuts en Europe. Son arrivée est d’ores et déjà prévue à une quarantaine de minutes d’Helsinki, près d’Espoo, la ville historique de Nokia, au sein du parc national Nuuksio. Un site naturel incroyable pour un resort qui s’adressera à une clientèle loisirs comme aux réunions corporate (NDLR : attendu début 2028, l’hôtel proposera un espace MICE de 1300 m², en plus de la rénovation des 65 chambres existantes et d’une nouvelle aile de 160 chambres). En parallèle, un autre hôtel Oakwood est en projet en Autriche, près de Vienne.

Ce qui continue à faire de Vienne une des destinations clés pour votre groupe en Europe.

P. M. – En effet, nous avons encore de gros projets à Vienne, en s’appuyant sur le même propriétaire avec lequel nous avions ouvert en franchise les lyf et Somerset Schönbrunn et du Citadines Danube Vienna. Dans ce cadre, nous ajouterons en début d’année prochaine un nouveau lyf, très bien situé dans le centre-ville, sur Mariahilfer Strasse (vérif). Et deux établissements The Unlimited Collection et une autre résidence Somerset sont également au programme.

Et en France, avez-vous des pistes pour de futurs développements ?

P. M. – Nous travaillons sur plusieurs projets, mais nous n’avons rien annoncé à ce stade.

En parallèle, le Royaume-Uni concentre aussi une bonne part de vos projets. Quelles sont les prochaines ouvertures à attendre ?

P. M. – Le Royaume-Uni est en effet un marché porteur pour le groupe Ascott, notre deuxième marché en Europe après la France. A Londres, d’ici la fin du mois, nous aurons achevé le rebranding de l’hôtel du stade de Chelsea, Stamford Bridge, que nous exploitions jusqu’ici en marque blanche dans le cadre de notre partenariat avec le club londonien. Un établissement transformé qui deviendra officiellement le lyf Chelsea très bientôt. Toujours en septembre, nous ouvrirons aussi un lyf à Glasgow, puis un autre lyf à Manchester en février 2026. Ces deux hôtels, aux espaces publics métamorphosés et aux chambres redesignées, auront une composante MICE. En particulier le lyf Piccadilly Manchester qui dispose d’une ballroom pouvant accueillir jusqu’à huit cents personnes et de 13 salles de réunion réparties sur quatre étages. Ce sera en quelque sorte un pilote pour la marque lyf sur le segment meetings et events.

Voyez-vous là une évolution possible pour la marque lyf ?

P. M. – Pour l’instant, les hôtels lyf que nous avons à Paris ou Francfort ne se positionnaient que sur les petites réunions. Mais notre volonté est de faire du meeting l’un des axes de la marque, en parallèle des resorts. Le projet d’hôtel lyf en cours à Séville, au sein du complexe loisirs Lagoon City, aura d’ailleurs une composante réunion également. En revanche, le lyf attendu au centre de Dublin fin 2027 ou début 2028 s’adressera essentiellement à une clientèle individuelle.

Toujours outre-Manche, vous avez un autre projet phare : la conversion à votre marque Crest Collection de l’hôtel Cavendish à Londres. Où en sont les travaux ?

P. M. – Ils progressent en vue d’une ouverture envisagée début 2028. Le bâtiment a été entièrement désossé, seule la structure béton a été conservée pour en faire un superbe hôtel. Un vrai cinq étoiles avec de la restauration, des salles de réunion. La localisation s’y prête, sa décoration d’intérieur sera signée par un designer reconnu en Angleterre : tout concourt pour qu’il trouve sa place sur ce marché dynamique.

Votre marque The Unlimited Collection est aussi apparue outre-Manche. Quels sont vos ambitions avec cette enseigne positionnée sur l’hôtellerie classique ?

P. M. – Après son lancement en Asie, cette marque a connu récemment ses premiers développements en Europe, à Leicester, Edimbourg et Dublin, avant Vienne prochainement. Nous regardons maintenant toutes les opportunités pour étendre sa présence. C’est une marque qui correspond à un segment de marché intéressant, celui de l’hôtellerie haut de gamme non standardisée. Que ce soit en contrat de management ou en franchise, The Unlimited Collection a vocation à séduire des propriétaires qui bénéficieront de notre force commerciale et de notre système de distribution tout en conservant l’identité forte de leur établissement.

The Grand Hotel Leicester by The Unlimited Collection
The Grand Hotel Leicester by The Unlimited Collection

Pour autant, de nombreux groupes hôteliers se positionnent aussi sur ce type de collections. Le marché n’est-il pas très concurrentiel ?

P. M. – Il l’est, mais nous sommes optimistes quant au fait que The Unlimited Collection trouve sa place sur ce marché. L’offre des quatre étoiles non standardisés correspond vraiment aux attentes de la clientèle quand, par ailleurs, il existe un réservoir très important d’hôtels de ce type en Europe.

D’autres marchés européens sont-ils des cibles pour le développement du groupe Ascott ?

P. M. – La péninsule Ibérique fait partie des marchés où nous souhaitons développer nos différentes marques, de même que les pays nordiques et l’Europe de l’Est, où nous avons un projet en cours à Bucarest pour la Crest Collection. Nous avons d’ailleurs depuis peu un développeur basé en Suisse pour couvrir cette zone