Le transport aérien français confirme la reprise au 1er semestre 2022

Selon les statistiques de la DGAC, le transport français au premier semestre 2022 a enregistré 61,71 millions de passagers, soit 72,2% des chiffres du premier semestre 2019. A la fin de l'année 2021, le trafic n'atteignait que 39% des chiffres de 2019. La reprise est bien là mais pourrait maintenant être entravée par la hausse des prix.
Le ciel s'est dégagé pour le transport aérien français au 1er semestre (Photo: Paris-CDG en avril 2022-L. Citrinot)

C’est une embellie réelle du transport aérien français depuis le début de l’année même si juin a marqué un léger tassement du trafic. Selon les statistiques de la DGAC, le transport aérien français a enregistré 61,71 millions de passagers au premier semestre. Ce chiffre correspond à 72,2% du trafic pour la même période de 2019. En juin, le nombre de passagers a atteint 82,5% du niveau de 2019. Soit cependant une baisse par rapport à mai, qui se situait à 86,1%.

Le trafic vers l’Outremer pratiquement à son niveau de 2019

La tendance de fond reste cependant positive. Au premier trimestre, le niveau de trafic ne représentait « que » 61% du trafic du 1er trimestre 2019. Si l’on regarde l’évolution du trafic par faisceau, le redressement est spectaculaire sur les lignes intérieures. Le nombre total de passagers domestiques atteint 13,16 millions équivalent à 79,1% de la même période de 2019.

Ce trafic est fortement influencé par les très bons résultats sur les lignes entre la métropole et les territoires et régions ultramarins. Ce segment n’est plus qu’à 9 points en dessous du premier semestre 2019. Sur l’axe métropole-La Réunion, le trafic sur les six premiers mois est même supérieur de 3% à celui de 2019.

Sur les lignes intérieures de France métropolitaine, Paris-Nice n’était plus qu’à 12 points en dessous de son trafic passagers cumulé de 2019 au premier semestre.

L’international porté par l’Europe du Sud et la Turquie

Le nombre de passagers sur le segment international depuis la France métropolitaine a atteint 48,06 millions au premier semestre. Il est équivalent à 71,2% du niveau de 2019. Sur l’Union Européenne cependant, le rattrapage est plus élevé, à 78,3% du niveau de 2019.

Le trafic low-cost a soutenu l’activité d’Orly (Photo: LC)

Si l’on prend l’évolution par pays, un seul axe connaît pour l’instant un trafic supérieur à celui de 2019. Le nombre total de passagers s’est ainsi établi à 1,37 million avec la Turquie, en hausse de 1,1% par rapport à 2019.

Parmi les pays qui font mieux que la moyenne à l’international, on trouve l’Espagne où le trafic se situe à 87,4% de celui de 2019, la Tunisie à 85,4%, l’Italie à 77,9% et le Canada à 74,5%. Hors Asie, les résultats les plus décevants sont ceux des axes France-Emirats Arabes Unis (63%), France-Brésil (60,8%), France-Royaume-Uni (58,5%) et France-Allemagne (57,9%).

Sans surprise, l’axe France-Asie affiche les plus mauvaises performances de trafic. Les six premiers mois de 2022 ont vu transiter sur ces lignes 2,72 millions de passagers, soit 42,7% du niveau de 2019. Et encore, ce chiffre comprend également le trafic vers la région du Golfe ! Dans le détail, le nombre de passagers sur le Japon atteint 20,5% de son niveau de 2019 et celui sur la Chine est pire encore, à seulement 3,9%.

Beauvais caracole mais Roissy et Lyon sont à la peine

Enfin, côté aéroport, c’est Beauvais qui a connu le redressement le plus spectaculaire. A la fin juin, la plate-forme low-cost alignait une fréquentation passagers supérieure de 6,3% par rapport à 2019. Marseille se classait en seconde position avec 86,7% de son niveau de 2019. Il est suivi par Nice 79,5% et Paris-Orly avec 78,9%. En juillet, l’aéroport parisien a finalement dépassé ses chiffres de 2019.

Roissy CDG et Lyon sont en revanche à la traîne. A fin juin, leur trafic passagers cumulé n’atteignait respectivement que 68,3% et 67,3% des chiffres du premier semestre 2019. Lyon se retrouvant d’ailleurs bon dernier du top 10 des aéroports français.

L’envolée des tarifs pourrait-elle désormais freiner la demande?

Il est cependant une très mauvaise nouvelle: la flambée des prix du billet, due essentiellement à l’envolée des prix de l’énergie. Mais aussi à l’inflation et les augmentations de salaire pour un secteur en pression suite aux départs de nombreux salariés. Selon l’indice des prix du transport aérien de la Direction de l’aviation civile, les prix des billets d’avion au départ de France ont augmenté en moyenne de 43,5 % en juillet, comparé à juillet 2021. Les prix ont bondi également de plus d’un tiers comparé à juillet 2019.

Curieusement, ce sont les liaisons intra-européennes qui ont connu les plus fortes augmentations, à de plus de 50%. Depuis janvier 2022, l’augmentation est de 19,3%. Sans perspectives de modération pour les prochains mois.

(Mise à jour le 23/08/2022)