L’aviation asiatique bouleversée en 2020

Comme sur le reste de la planète, le transport aérien en Asie aura connu une année 2020 peu ordinaire. Séoul Incheon est ainsi devenu le premier aéroport international du continent, reléguant Hong Kong à la troisième place. Seule constante : la Chine est restée le premier marché aérien du monde.
Les aéroports chinois ont été les plus fréquentés du monde en 2020, à l'exception de Hong Kong (Photo: Shanghaï Pudong/ LC)

Surprise de taille en Asie : l’aéroport le plus fréquenté de la région à l’international en 2020 est désormais Séoul Incheon en Corée. La plate-forme a de fait détrôné Hong Kong, devenu probablement le quatrième, si ce n’est le cinquième plus important aéroport international du continent.

Les premiers chiffres des aéroports d’Asie tombent ainsi les uns après les autres. Incheon a accueilli l’an dernier 11,96 millions de passagers, soit une chute de 83,1% par rapport à 2020. Mais son statut de hub international en a fait la première plaque-tournante intercontinentale d’Asie. L’histoire se répète à Singapour, premier aéroport international du sud-est asiatique. La plate-forme affiche en 2020 un total de 11,8 millions de passagers, en baisse de 82,8%.

Le hub de Hong Kong en déshérence

C’est cependant Bangkok qui est resté l’aéroport le plus fréquenté – hors Chine – en nombre de passagers en 2020 sur le continent. Suvarnabhumi a ainsi accueilli l’an dernier plus de 16,7 millions de voyageurs, en baisse de 74,1%.

Mais le trafic s’est effondré sur ses lignes internationales. La plus importante plate-forme thaïlandaise aura vu passer 9,87 millions de passagers sur les lignes internationales. La chute est néanmoins vertigineuse à moins 81,5%.

Bangkok est de fait talonné par Tokyo-Narita, dont le trafic est presque exclusivement tourné vers l’international. L’aéroport japonais aura comptabilisé 9,7 millions de passagers en 2020, soit un recul de 74% par rapport à l’année précédente.

C’est pourtant Hong Kong qui a le plus souffert parmi les grands aéroports. La plate-forme avait déjà connu une chute de son trafic en 2019 en raison des manifestations anti-gouvernementales sur son territoire. Mais elle s’est amplifiée l’an passé. Le trafic passagers de Hong Kong Chek Lap Kok est tombé à 8,83 millions, un recul de 87,7%. La plate-forme semble bel et bien avoir perdu son rôle de hub international pour l’Asie du nord-est.

C’est évidemment la Chine continentale qui aura le mieux maintenu l’activité de ses aéroports en 2020 en raison d’une relative bonne tenue du trafic domestique.

Selon les données de l’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC), les compagnies aériennes chinoises ont ainsi transporté 4,62 milliards de passagers l’an dernier. Le pays confirme être le marché aérien le plus important du monde.

Des aéroports chinois devenus les premiers du monde

Quant aux aéroports chinois, ils caracolent désormais dans le top 20 mondial des plates-formes aériennes les plus fréquentées en 2020. Guangzhou (Canton) vient ainsi de se proclamer premier aéroport du monde pour son trafic avec 43,77 millions de passagers. L’aéroport affiche de fait un recul de « seulement » 40,4% par rapport à 2019. Mais cette résilience est due uniquement au trafic domestique. A l’international, 86% des passagers ont disparu en 2020. Sur son site officiel Weibo, l’aéroport a attribué ses bonnes performances à « la capacité de la Chine à contrôler efficacement la pandémie ».

L’aéroport de Shenzhen a été le second plus important en Chine en 20020. A la frontière de Hong Kong, la plate-forme  a accueilli 37,92 millions de passagers l’année dernière, en baisse de 28,4 % par rapport à 2019.

D’autres grands aéroports comme Chengdu, Beijing Capital International et Shanghai Pudong International sont probablement dans le top 10 mondial en 2020 avec plus de 30 millions de passagers pour chacun. Dans les faits, ces aéroports ont pourtant tous perdu leur trafic international avec la fermeture des cieux par le gouvernement. Ils seraient probablement parmi les aéroports les plus affectés dans le monde au regard des pertes enregistrées sur vols internationaux.