Décideur : Christophe Peymirat, Uber for Business

Directeur de la Région Europe, Moyen Orient, Afrique pour Uber for Business, Christophe Peymirat revient sur les nouvelles solutions lancées par le spécialiste de la mobilité urbaine, en particulier à destination des entreprises et de leurs professionnels nomades.

Uber for Business
Christophe Peymirat, Directeur de la Région Europe, Moyen Orient, Afrique pour Uber for Business

Comment une entreprise comme Uber a-t-elle traversé cette crise inédite ?

Christophe Peymirat – Notre réaction a été forte et immédiate. Pendant la crise, nous avons pris une position courageuse en demandant aux clients d’Uber de ne pas utiliser nos services pour aplatir la courbe de contagion en limitant les déplacements. Nous avons également utilisé la force de frappe de notre plate-forme pour venir en soutien aux communautés avec l’option Uber Medics offrant 25 % de réduction au personnel de santé. Nous avons aussi offert 50 000 repas gratuits Uber Eats dans les EHPAD.

Et à destination des entreprises ?

C. P. – Nous avons adapté notre plate-forme numérique pour répondre aux besoins évolutifs des entreprises et des villes dans cette “nouvelle normalité”. Depuis la levée du confinement, le nombre d’entreprises qui font appel à Uber for Business pour aider leurs employés à se déplacer et à manger au bureau a considérablement augmenté. Nous avons ainsi développé deux produits sur mesure : Commute – qui permet aux entreprises de créer un programme couvrant les frais de transport des employés entre leur domicile et le bureau en utilisant la gamme de produits Uber (UberX, Comfort, etc.) – et Eats for Business, à travers lequel les entreprises peuvent offrir à leurs employés l’accès à une livraison de nourriture sûre à domicile, au bureau ou sur la route.

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À quel horizon espérez-vous un retour à la normale de l’activité ?

Christophe Peymirat – Les tendances sont encourageantes, de nouveaux cas d’usage se développent comme avec nos produits Commute. Je reste optimiste, mais il est aujourd’hui impossible de prédire à quelle échéance se fera par exemple le retour de la clientèle d’affaires internationale.

Que représente la clientèle affaires au niveau global, et en France ?

C. P. – Nous comptons 65 000 entreprises clientes dans le monde, et 6 000 en France, où Uber for Business est déjà fortement présent. À la plate-forme grand public, nous avons ajouté une couche technologique avec la définition de la politique voyages, différents modes de paiement, du reporting et l’intégration dans tout un écosystème d’outils liés aux voyages d’affaires, à la fois pour la gestion des notes de frais et pour le duty of care.

Depuis l’arrivée d’Uber en France, d’autres offres VTC sont arrivées. Quel regard portez-vous sur la concurrence ?

C. P. – La concurrence a toujours du bon, puisqu’elle force à progresser et cela profite au consommateur final. Il y a des concurrents dans tous les marchés, mais pas forcément d’offre équivalente à une telle échelle, dans la mesure où Uber est un acteur global, présent dans 69 pays et 900 villes, dont 24 en France. Uber est aussi le seul à proposer autant de moyens de transport via son application.

Dans ce cadre, votre nouvelle offre Uber Rent cible-t-elle la clientèle affaires ?

C. P. – A une époque où la crise du Covid a bouleversé les manières de travailler et de se déplacer, les salariés ne sont plus forcément derrière leur poste de travail et peuvent décider de partir télétravailler loin de leur bureau et de leur domicile. L’option Uber Rent leur offre de la flexibilité en arrivant en complément des options VTC. Depuis l’application Uber, la location de voiture devient plus facile en référençant l’ensemble des véhicules disponibles dans les différentes agences de location autour des utilisateurs. Ce qui leur permet de comparer les prix en un clin d’œil.

Pourriez-vous diversifier vos activités jusqu’à devenir une « super-app », comme Grab qui intègre la réservation d’hôtels ou même de places de cinéma ?

C. P. – Pour la clientèle affaires, les demandes concernent l’enrichissement de l’offre de transports. Notre Pdg a fixé le cap : devenir « l’Amazon du transport ». Vendre des hôtels, c’est un métier complètement différent. Nous nous concentrons sur notre cœur de notre métier, le transport, pour le faire du mieux possible. Et ce tout en proposant plus d’options, une offre plus segmentée à l’image de la gamme Comfort, et en travaillant sur les aspects technologiques et l’intégration avec l’écosystème du voyage d’affaires.

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La fidélisation est aussi une des évolutions récentes de votre offre…

C. P. – Le programme de fidélité Uber Rewards, lancé aux États-Unis, s’étend à de nouveaux pays comme la France, non seulement à destination de la clientèle affaires, mais pour tous les voyageurs.

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Quelles sont les évolutions prévues en ce qui concerne votre flotte ?

Christophe Peymirat – La principale tendance, c’est le véhicule électrique. L’offre Uber Green a été lancée il y a quatre ans à Paris. Elle est aujourd’hui disponible dans neuf villes et représente plus de 15 % des véhicules en France. Il y a une forte demande pour ces véhicules électriques de la part des entreprises françaises.

En matière de sécurité, pourriez-vous généraliser l’enregistrement audio des courses expérimenté en Amérique latine ?

C. P. – La sécurité est évidemment notre priorité numéro un, et nous pensons que la capacité à innover par la technologie doit contribuer à améliorer la sécurité des passagers et des chauffeurs. Mais les contraintes légales diffèrent selon les pays et je ne sais pas si ce que l’on expérimente en Amérique latine pourrait être reproduit en Europe dans le cadre du RGPD.

Où en êtes-vous sur le dossier du véhicule autonome ?

C. P. – Il est de notoriété publique que nous travaillons sur ce sujet. Des tests sont en cours à Pittsburg avec des véhicules 100% autonomes. D’autres modèles circulent à San Francisco, Dallas et Washington, qui embarquent un être humain pour contrôler ce qu’il se passe. Il faut laisser le temps au temps mais nous sommes déjà dans des phases de tests avancés. Il faut continuer à travailler pour développer la technologie, et il y aura aussi toute une phase durant laquelle les consommateurs finaux devront s’habituer à ce type de services.

Et dans les airs ?

C. P. – Nous sommes déjà opérationnels à New York entre JFK et Manhattan avec des hélicoptères électriques. La technologie fonctionne, et progressivement d’autres villes seront concernées. C’est une réponse aux problèmes de congestion qui se posent dans les grandes villes. A Paris, si l’on pouvait aller plus vite de la Défense à CDG…

Ses dates clés

Diplômé de HEC Paris

  • 1994 : Commence sa carrière chez L’Oréal en marketing
  • 1997 : Rejoint Bain & Company en tant qu’analyste, puis consultant
  • 2000 : Participe au lancement de la start-up Egencia
  • 2004 : Directeur général, Egencia UK
  • 2010 : Vice-président Global Marketing, Egencia
  • 2011 : Senior vice-président, Egencia EMEA
  • 2018 : Directeur de la région EMEA pour Uber for Business