
Réactualisé le 27 août à 14h
Bien sûr, tout ne sera pas parfait pour accueillir les athlètes et spectateurs en situation de handicap lors des prochains Jeux paralympiques. L’accessibilité du métro parisien reste évidemment le gros point noir de la capitale française pour les voyageurs à mobilité réduite. Hormis la ligne 14 et les stations nouvelles ou récemment rénovées – 24 stations ont été rendues accessibles entre 2017 et 2024 -, il sera toujours difficile, aujourd’hui comme demain, d’aboutir sur les quais en fauteuil roulant. Peut-être moins après demain, alors que Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a profité du dévoilement du plan de transport lors des Jeux paralympiques pour annoncer son nouveau cheval de bataille, celui d’un « métro pour tous ». Un vaste chantier d’une durée de 20 ans au coût estimé entre 15 et 20 milliards d’euros que Valérie Pécresse souhaite voir supporté équitablement par la région, la ville de Paris et l’État. La ligne 6, pour partie aérienne et donc plus facile et moins chère à adapter, pourrait être la première à lancer le mouvement.
En parallèle de ce mouvement vers un métro « PMR friendly », avec les ouvertures des nouvelles lignes du Grand Paris et le prolongement du RER E, 70 nouvelles stations devraient être 100% accessibles en petite et grande couronne d’ici 2031. Ce qui sera le cas dès aujourd’hui des gares desservant les sites olympiques, dont la SNCF assure que 100% d’entre elles sont entièrement accessibles en vue de l’événement. A cet effet, côté maintenance, la SNCF assure que « des renforts exceptionnels ont été mis en place afin d’éviter les pannes d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques et de réduire les délais d’intervention au maximum« . Quant aux gares RER, le service d’assistance Assist’enGare – récemment repensé pour offrir un guichet unique pour la réservation tout-en-un, pour toutes les étapes de leur voyage, qu’il soit régional, national, avec correspondance, ou international – y est proposé dans l’ensemble d’entre elles.

C’est, entre autres, un des héritages dont pourront à l’avenir profiter les voyageurs d’affaires PMR ou malvoyants dans une destination auparavant peu connue pour simplifier leurs déplacements. Parmi les autres avancées qui auront un effet pérenne, la ville de Paris a par exemple investi une vingtaine de millions d’euros dans des reprises de chaussée pour accroître le nombre d’arrêts de bus organisés pour permettre la dépose des personnes en fauteuil. Un chiffre passé de 53% à 70%, alors que l’intégralité des lignes de bus et de tramways sont désormais accessibles en fauteuil.
D’autre part, que ce soit dans la ville, dans ses gares comme dans ses aéroports, l’accueil des JO se traduit par une évolution de la signalétique et la mise en place d’éléments sonores, par exemple des automates de ventes à interface vocale à Paris. Du côté de la RATP, l’annonce des stations desservies à bord des rames est en train d’être déployée sur six lignes de métro – les 3b, 7, 7b, 8, 10 et 12 – afin de faciliter les déplacements des voyageurs déficients visuels, et plus largement de tous les usagers. Dans le même ordre d’idées, les aéroports parisiens ont vu le déploiement du langage FALC (Facile à Lire et à Comprendre), en particulier aux postes d’inspection filtrage et près des ascenseurs.
Alors que Paris-CDG et Paris-Orly vont voir transiter un plus grande nombre de voyageurs en situation de handicap cet été, le groupe ADP a réalisé près de 150 aménagements, entre autres des espaces canins pour les chiens guides ou encore des salles – 6 à CDG et 2 à Orly – équipées de table de change à hauteur variable et de lève-malade plafonnier ou mobile. Une solution que Roissy et Orly sont les premiers aéroports en France à proposer.
Alors que près de 1,4 million de prestations d’assistance sont réalisées chaque année dans les aéroports parisiens, 42 espaces d’Assistance Mobilité ont été également totalement renouvelés pour certains et pour d’autres nouvellement créés. Le groupe ADP s’est intéressé à un autre point, présenté comme « clé pour l’autonomie et le confort » des voyageurs à mobilité réduite : la conservation de leur fauteuil tout au long du parcours.
Les voyageurs accrédités des Jeux Paralympiques auront ainsi droit à la mise à disposition systématique de leur fauteuil roulant personnel depuis et jusqu’à la passerelle de l’avion. A ces fins, le nombre de véhicules élévateurs destinés aux avions au large a été augmenté pour un total de 24 « ambulifts », dont 6 supplémentaires à Paris-CDG et 10 disponibles à Paris-Orly. « Un processus que nous généralisons progressivement à l’ensemble des passagers au plus tard à la mi-2025« , précise le groupe ADP.

Le développement de cette solution viendra d’autant renforcer le service d’Air France SAPHIR (Service dédié à l’Assistance aux Personnes Handicapées pour les Informations et les Réservations), lancé il y a plus de 20 ans. La compagnie compte capitaliser sur cet héritage pour faire qu’un maximum de passagers puissent récupérer leur propre fauteuil à la sortie de l’avion, et non celui proposé par l’assistance. Selon la compagnie, ce service est une des raisons pour lesquelles 35% des personnes en situation de handicap accréditées pour les JO ont choisi Air France pour venir à Paris cet été.
Quant à l’hébergement, le groupe Accor a annoncé le déploiement de la labellisation « Tourisme et Handicap » dans ses établissements situés dans les villes hôtes de l’événement. Dans ce cadre, 80 hôtels ont déjà reçu ce label pour un total de 380 établissements engagés dans cette démarche. Au gré des ouvertures ou des rénovations, le groupe français va aussi accélérer la présence dans ses hôtels de sa Smart Room.
Lancé en 2017, ce concept de chambre répondant aux normes PMR se veut à la fois fonctionnel – avec des penderies adaptées, une motorisation du lit, des vasques ou des portes de salle de bain coulissantes -, mais aussi et surtout design. “À travers ce concept, notre ambition est de proposer une nouvelle approche de la chambre PMR, souvent inoccupée, peu chaleureuse et stigmatisante”, expliquait à l’époque Damien Perrot, directeur Solutions Design, lors de sa présentation. En parallèle, le groupe a ajouté de nouveaux filtres sur sa plateforme de réservation ALL.com pour mieux cibler les chambres accessibles disponibles.


Dans certains de ses établissements, le groupe hôtelier offre aussi de nouvelles solutions technologiques pour simplifier la vie des voyageurs en situation de handicap. Au Pullman Paris Bercy et au Sofitel Lyon Bellecour, c’est par exemple un système GPS interne qui guide les clients déficients visuels vers leur chambre, vers le restaurant ou dans le lobby. A l’ibis Styles Paris Meteor ou à l’ibis Marseille Saint Charles, c ‘est une solution d’aide permettant aux voyageurs d’identifier et de localiser les objets et textes présents dans leur environnement, à partir de la caméra de leur smartphone et en utilisant des algorithmes d’intelligence artificielle.
Quant aux clients déficients visuels présentes à l’occasion des Jeux paralympiques, ils recevront une télécommande leur permettant de déclencher tous les systèmes normalisés tels les bornes vocales dans les hôtels ou les feux piétons, les athlètes en profitant également pour se retrouver au sein du village olympique.
Accélérateur de bonnes pratiques pour l’accueil des voyageurs en situation de handicap dans les hôtels français, les Jeux paralympiques pourraient avoir aussi un effet papillon, Accor entendant poursuivre cette démarche dans tous ses hôtels en France et la relayer dans les autres régions du monde. Jusqu’à atteindre les Mama Shelter, Sofitel et Fairmont Century Plaza de Los Angeles d’ici 2028 ?

















