
Le 18 décembre 2021 voyait les Frecciarossa de Trenitalia se lancer à la conquête du rail français. Mercredi, la direction du transporteur italien a donc tenu à célébrer ce premier anniversaire, et à faire le bilan de ces douze mois d’opération. « Un an plus tard, c’est un pari gagnant pour les voyageurs, et pour tous les acteurs concernés », assure Roberto Rinaudo, le Président de Trenitalia France. Comme un symbole, la compagnie avait vendu quelques jours plus tôt son millionième billet, confirmant le message positif envoyé par le transporteur. « Cela va au-delà de nos attentes : nous ne pensions pas vendre un million de places en un an », souligne Roberto Rinaudo, évoquant des « résultats incroyables ». Trenitalia boucle sa première année d’exercice avec un taux de remplissage moyen de 70%. Et si celui de la ligne Paris-Lyon reste perfectible (50%), Trenitalia a dépassé les 80% sur son Paris-Milan, les lignes Paris-Turin et Lyon-Milan trouvant également leur public.
La recette du succès ? Pour les responsables de la compagnie ferroviaire, celle-ci a compris les attentes de la clientèle française, ses spécificités par rapport aux voyageurs italiens, et y répondre sans renier son « âme italienne ». Parmi les exemples évoqués par Roberto Rinaudo, on retiendra que la flotte française compte deux fois plus deux fois plus de voitures dotées de l’ambiance « Silenzio » que de l’autre côté des Alpes. Ou – plus anecdotique – le succès bien plus prononcé du tiramisu au sein de la clientèle française… Cette connaissance du marché, Trenitalia française ne l’a pas acquise en cette seule année 2022. La direction de Trenitalia a notamment rappelé le rôle joué par son prédécesseur Thello dans l’Hexagone, pour cerner le profil de la clientèle française. Une expérience qui aura aussi servi au passage à montrer la complexité opérationnelle du modèle des trains de nuit : « Thello l’avait arrêté car il y avait trop de contraintes infrastructurelles », témoigne Roberto Rinaudo. « Je suis conscient qu’il y a un retour des trains de nuit, il y a une mode, que je comprends. Mais pour l’instant nous sommes focalisés sur deux produits : la grande vitesse et les trains régionaux ».

Cette offre régionale pourrait constituer une prochaine étape de développement du réseau Trenitalia France. La compagnie prévoit de participer à des appels d’offres en ce sens, là où des synergies seront identifiées. Quant à la grande vitesse, « on analyse le marché à 360 degrés, on n’exclut rien » prévient le Président de Trenitalia France. Lequel a confirmé l’intérêt porté à l’axe Paris-Madrid. « Oui cela fait partie du plan de développement. Il y a plusieurs lignes sur lesquelles on est en train d’évaluer le développement de nos services. Le Paris-Barcelone-Madrid est dans cette liste ». Aucun calendrier n’a néanmoins été dévoilé par Trenitalia.
Les voyageurs d’affaires dans le viseur de Trenitalia France
A l’inverse, on sait désormais que 2023 marquera la première véritable offensive de la compagnie ferroviaire sur le segment du business travel. Sous quelle forme ? Il faudra attendre les premiers mois de l’année à venir pour le savoir. « On va prochainement proposer à nos voyageurs professionnels une offre plus riche, qui sera plus attentive à leurs besoins » prévient Roberto Rinaudo. « Il y a plusieurs sujets à aborder : le pricing, les canaux de distribution, l’utilisation des plateformes digitales utilisées par les entreprises, des services répondant à des exigences spécifiques… Il faut optimiser la proposition que nous souhaitons donner à ces clients, qui sont très exigeants », poursuit le Président de Trenitalia France. Interrogé sur la possibilité d’installer des salons Trenitalia en gare – comme c’est le cas en Italie – ou dans des hôtels voisins – comme Iryo le fait en Espagne, Roberto Rinaudo reste prudent. « Le modèle est différent en France concernant l’accès aux gares, ce n’était pas immédiatement transposable de l’Italie à la France. Mais tout est possible ». Trenitalia recense à l’heure actuelle 20% de clients voyageant pour des raisons professionnelles. Auxquels on peut potentiellement ajouter les 20% de voyageurs qui disent de déplacer pour des raisons mixtes – personnelles et professionnelles. Des chiffres qui pourraient bien augmenter avec une offre dédiée, à mesure que la compagnie gagnera en visibilité sur le marché français.




















