
Une région de plus de 620 millions d’habitants et dont la croissance économique a été constante – si ce n’est durant la parenthèse du Covid. La croissance en 2024 a tourné autour de 4,7% et, selon les institutions officielles, elle devrait à peine fléchir en 2025. L’Asie du Sud-Est s’avère plus que jamais une terre d’opportunités pour les voyageurs d’affaires comme de loisirs français. Et cela, malgré la présence grandissante de la Chine dans la région…
La réouverture des dix pays* composant l’ASEAN à partir de 2022 s’est de fait accompagnée de nombreuses mesures pour relancer le tourisme. C’est ce qu’a démontré le récent salon du tourisme de l’ASEAN (ATF) à Johor Bahru en Malaisie. Il a attiré près de 325 acheteurs du monde entier pour plus de 220 compagnies représentant l’industrie du tourisme. L’ATF a permis aux ministres des dix pays de l’ASEAN de renforcer le message d’une région qui souhaite accélérer son intégration physique en favorisant de nouvelles infrastructures.
Les chiffres préliminaires montrent qu’à la fin de 2024, l’ASEAN a accueilli plus de 123 millions de visiteurs internationaux, soit une croissance de 30,6 % par rapport à 2023. On est certes loin des chiffres de 2019, la dernière année avant la crise sanitaire. Cette année-là, les dix pays de l’ASEAN accueillait plus de 143,5 millions de touristes internationaux.
Si la reprise est forte, il subsiste néanmoins aujourd’hui certains écueils qui entravent une reprise plus soutenue du tourisme. Elle est propre aux pays de l’ASEAN. Comme par exemple pour le Myanmar, embourbé dans une guerre civile qui tait son nom. Le tourisme y a tout juste atteint le million de visiteurs internationaux l’an passé. En 2019, il flirtait avec les 4,5 millions. Brunei semble avoir également perdu tout intérêt au développement de son tourisme. Le riche sultanat a recensé un tiers de ses arrivées de l’année 2019 en 2023, dernière année pour laquelle existent des statistiques.
Le grand retour des vols Europe-ASEAN
Cependant la plupart des destinations de l’ASEAN sont redevenues attractives. la Thaïlande a ainsi accueilli l’an dernier près de 36 millions de touristes, la Malaisie suit avec plus de 27 millions tandis que Vietnam et Singapour ont enregistré plus de 16 millions de visiteurs internationaux.
L’Europe est redevenue le premier marché long-courrier de la région. Notamment avec la reprise des lignes aériennes vers l’Asie du sud-est. Uniquement sur l’Europe francophone, on peut citer en 2024 l’ouverture ou le retour des vols d’Air France sur Manille, d’Aircalin sur Bangkok et de Thai Airways International sur Bruxelles.
2025 sera marqué en mars prochain par le retour de Malaysia Airlines et de British Airways, la première depuis Paris, la seconde depuis Londres Heathrow vers Kuala Lumpur. La filiale low-cost long-courrier de Singapore Airlines, Scoot, a également annoncé son arrivée sur Vienne à partir de juin. Via le Proche- ou le Moyen-Orient, 2025 devrait concrétiser le lancement d’un vol Istanbul-Phnom Penh (Turkish Airlines) ou encore de Etihad Airways d’Abu Dhabi vers Chiang Mai, Hanoï, Krabi, Medan et Phnom Penh.
Des conditions d’entrée plus souples
Un autre facteur d’attrait est la simplification des formalités d’entrée dans la région. Si l’ASEAN a, pendant des années, évoqué la mise en place d’un visa commun pour ses dix membres – sur le modèle de l’espace Schengen -, les règles d’obtention simplifiée d’un visa, rendent ce développement moins urgent aujourd’hui.
En 2024, la Thaïlande a étendu la validité de son visa gratuit à l’arrivée à 60 jours et le Vietnam à 45 jours pour les Français. Cambodge, Indonésie, Laos et Vietnam (pour la Belgique et la Suisse),proposent pour leur part un visa en ligne, permettant d’éviter les longues queues dans les consulats ou à l’arrivée dans le pays.
Cette simplification porte ses fruits, particulièrement au Vietnam. L’an dernier, le pays a enregistré 17,4 millions de touristes soit plus que l’Indonésie (un peu plus de 14 millions de visiteurs). Durant le récent salon du tourisme des pays de l’ASEAN (ATF), les représentants des ministères du tourisme cambodgien et indonésien ont d’ailleurs indiqué réfléchir à une abolition des visas pour certains pays émetteurs. Ce qui permettrait d’accélérer la croissance des arrivées…
Les ministres du tourisme de l’ASEAN souhaitent désormais améliorer la connectivité de la région. Non seulement au reste du monde mais aussi en interne. Au cours des deux prochaines années, la région souhaite ainsi favoriser les lignes aériennes vers des destinations dîtes de second ou troisième niveau.
Un meilleur maillage régional
Cela se traduit déjà par le lancement de nouvelles lignes régionales. Scoot vole par exemple depuis peu vers Padang (Indonésie) et Phu Quoc (Vietnam). Elle inaugurera en avril une ligne vers Iloilo (Philippines). AirAsia relie depuis peu Bangkok à Phu Quoc tandis que Batik Air relie Kuala Lumpur à Batam en Indonésie. De nouveaux aéroports doivent aussi voir le jour à Phnom Penh, Ho Chi Minh Ville, Kuching (Malaisie), Manille ou encore Phuket. Ils offriront plus de capacités et la possibilité d’accueillir des très long-courriers.
Même effort pour une connectivité par rail. Singapour et la Malaisie relancent le projet, maintes fois suspendu, d’une ligne à grande vitesse reliant les capitales des deux pays. La Thaïlande continue de construire une liaison à semi-grande vitesse reliant Bangkok au Laos. Tandis que le Cambodge travaille à une nouvelle ligne ferroviaire vers le Vietnam. Autant d’initiatives qui vont stimuler aussi bien le tourisme d’affaires que de loisirs ces prochaines années.
* ASEAN : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thailande et Vietnam.



















