
Autorités nationales, compagnies aériennes, aéroports, voire groupes hôteliers : toutes ces parties prenantes des déplacements professionnels accélèrent le déploiement de solutions pour organiser le retour à une activité aussi « normale » que possible. Et cela, avec différents partenaires, en suivant différentes options, mais avec un désir commun : rouvrir le secteur touristique tout en assurant la sécurité de leurs clients ou de leurs résidents avec une solution simple et technologique pour faire la preuve de leur vaccination ou d’un test négatif.
Depuis le début de l’année, les expérimentations se succèdent et leur mise en place effective...
Autorités nationales, compagnies aériennes, aéroports, voire groupes hôteliers : toutes ces parties prenantes des déplacements professionnels accélèrent le déploiement de solutions pour organiser le retour à une activité aussi « normale » que possible. Et cela, avec différents partenaires, en suivant différentes options, mais avec un désir commun : rouvrir le secteur touristique tout en assurant la sécurité de leurs clients ou de leurs résidents avec une solution simple et technologique pour faire la preuve de leur vaccination ou d’un test négatif.
Depuis le début de l’année, les expérimentations se succèdent et leur mise en place effective prend chaque jour plus de corps. Les calendriers se font plus précis. Ainsi, alors que l’Union Européenne a présenté les contours de son certificat vert le 17 mars dernier, son lancement devrait avoir lieu avant le 15 juin. Si cette solution vise à faciliter les voyages – en l’occurrence intraeuropéens -, d’autres visent surtout à simplifier la vie de tous les jours.
Dans ce cadre, aux Etats-Unis, l’Etat de New York a lancé le 2 avril le pass digital sanitaire Excelsior, dont l’utilisation est à la fois gratuite et fondée sur le volontariat. Basé sur une technologie d’IBM récemment testée lors de rencontres sportives, notamment au Madison Square Garden, ce laissez-passer numérique permettra aux résidents de l’Etat d’accéder plus facilement aux stades, salles de concerts et théatres, mais aussi d’assister à des événements tels cocktails et mariages. « L’innovant Excelsior Pass est un nouvel élément dans notre boîte à outils pour combattre le virus tout en permettant à davantage de secteurs de rouvrir en toute sécurité et en gardant aussi les informations personnelles sécurisées« , a déclaré le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo.
D’autres villes, régions ou pays suivront sans doute à l’avenir cette tendance propice à relancer le secteur événementiel. Dans le même ordre d’idée, certains groupes hôteliers, en particulier outre-Atlantique, entendent sécuriser les réunions et autres manifestations corporate en les encadrant par des tests Covid. « Alors que de plus en plus de clients réservent des réunions et événements en présentiel, il y a eu une nette augmentation des questions concernant les options de dépistage pour les participants » , décrit Frank Passanante, senior vice president de Hilton Worldwide en charge de ventes pour les Amériques. Aux Etats-Unis, Hilton et Marriott se sont ainsi organisés pour répondre aux attentes des organisateurs. Plus près de nous, le groupe Radisson a rejoint ce mouvement début avril avec un programme de tests destiné à ses hôtels de la zone EMEA.
Dans le cadre de son activité Meetings et Events, le groupe Hyatt va plus loin et testera prochainement aux Etats-Unis le pass digital VeriFly, utilisé notamment par American Airlines et British Airways. Car c’est bien sûr au sein du secteur aérien, concerné en premier lieu par toutes ces mesures sanitaires alourdissant les formalités nécessaires, que les avancées sont les plus marquantes. Chacune à leur tour, les compagnies testent les solutions développées à leur endroit. Par exemple, depuis la mi mars, Air France, Air Caraïbes, Corsair et French Bee expérimentent sur les lignes vers les Antilles l’AOK Pass, un des premiers certificats numériques à avoir été proposé.
D’autres initiatives de ce genre ont été dévoilées très récemment. La compagnie taïwanaise EVA Air va, entre autres, utiliser la plate-forme digitale développée par Affinidi pour vérifier les tests PCR sur ses vols depuis Singapour vers Taipei. De son côté, All Nippon Airwyas (ANA) a commencé à tester le 29 mars dernier l’appli Common Pass sur sa liaison Tokyo Haneda- New York.
Simplifier la vie des passagers, l’Association internationale du transport aérien (IATA) en fait son grand cheval de bataille, matérialisé par le développement de son pass digital Travel Pass qui sera téléchargeable à partir du 15 avril pour les possesseurs d’iPhone avant que les smartphones Android en profitent à leur tour. Plusieurs compagnies comme Singapore Airlines et celles du Golfe expérimentent déjà cette solution, tandis que de nouveaux transporteurs se convertissent au système promu par l’Association avec, parmi les dernières, Hong Kong Airlines ou encore Korean Air qui en fera le test en mai sur ses vols entre Seoul Incheon et Los Angeles.
Certaines compagnies explorent plusieurs pistes en parallèle comme Virgin Atlantic qui, depuis le 29 mars, utilise le pass digital Trust Assure sur ses lignes depuis Heathrow vers les Etats-Unis. A partir du 16 avril, ce sera au tour du Travel Pass de IATA d’être testé entre Londres et la Bardade. « Parallèlement au programme de vaccination réussi du Royaume-Uni et à mesure que les restrictions s’assouplissent progressivement, nous entrevoyons cette voie pour permettre bientôt le redémarrage en toute sécurité des voyages internationaux à grande échelle, à temps pour l’été« , a déclaré Corneel Koster, directeur général en charge de la clientèle de Virgin Atlantic.
Attentif à ces aspects, British Airways multiplie les initiatives. La compagnie britannique, qui teste l’appli Verifly sur ses vols entre Londres et les Etats-Unis, a étendu la possibilité de contenir les documents de voyage de neuf personnes dans un seul smartphone, et non plus d’une seule personne par appareil comme auparavant, facilitant ainsi la vie des familles ou des groupes d’amis. Mais sa volonté de simplifier le parcours de ses clients ne se concentre pas seulement sur la mise à disposition d’une application tierce.
Depuis la mi mars, et sur ses liaisons entre Londres et l’Inde, British Airways offre aux voyageurs la possibilité d’intégrer leurs documents directement sur son site web. Dans les faits, les clients reçoivent trois jours avant leur départ un mail les dirigeant vers la fonction « Gérer ma réservation » du site web de BA. Le passager pourra ainsi intégrer tous les documents requis, la compagnie aérienne garantissant de certifier dans les six heures que le passager satisfait bien aux conditions d’entrée en Inde.
« Nous offrons déjà l’accès à l’application de voyage VeriFLY sur certaines lignes et IAG a participé au développement du Travel Pass avec IATA. Il est maintenant temps d’examiner ce que nous pouvons offrir sur notre propre site web, a commenté Sean Doyle, PDG de British Airways. Le principal avantage de cette possibilité de télécharger les documents de voyage corrects dans leur réservation est qu’elle permet aux clients de s’enregistrer en ligne, accélérant ainsi la procédure à l’aéroport. »
Les voyageurs d’affaires à cheval sur la confidentialité des donnéesA en croire une étude publiée le 31 mars par BCD Travel, la confidentialité des données est la condition sine qua non pour populariser le pass sanitaire auprès des voyageurs d’affaires. La TMC a sondé 844 professionnels nomades le mois dernier, avec un bilan sans appel : la protection de cette data constitue la principale attente, devant la fiabilité et la simplicité d’utilisation. Dès lors, les voyageurs d’affaires entendent que ce dossier du pass sanitaire soit piloté par les gouvernements ou les ONG plutôt que par les compagnies aériennes ou autres acteurs du privé : une requête exprimée par 69% des sondés. En outre, le pass sanitaire figure dans le top 3 des moteurs pour relancer les déplacements professionnels. D’après cette étude, 66% en attendent un impact positif, contre 67% pour les tests préalables au départ en avion, et surtout 84% pour des vaccins efficaces. A l’inverse – et sans grande surprise – les mesures de quarantaine imposées à l’arrivée ne suscitent pas l’adhésion : 63% des voyageurs d’affaires y voient avant tout un impact négatif. |




















