L’Afrique inspire les groupes hôteliers

Que ce soit Accor, Marriott ou Radisson, tous ces grands groupes mondiaux comptent ouvrir une trentaine d'hôtels en Afrique dans les deux ans à venir.
Le resort Tribute Portfolio laïla aux Seychelles, un des 30 hôtels attendus par le groupe Marriott en Afrique.
Le resort Tribute Portfolio laïla aux Seychelles, un des 30 hôtels attendus par le groupe Marriott en Afrique.

Réactualisé le 9 novembre à 9h.

Les groupes hôteliers ne font pas mystère de leurs ambitions en Afrique. La tenue de l’Africa Hotel Investment Forum au Fairmont Taghazout Bay – une zone balnéaire au nord d’Agadir au Maroc où Hilton vient tout juste d’ouvrir un nouveau resort – leur a donné l’occasion de le prouver une fois encore. Marriott entend par exemple y ouvrir plus de 30 hôtels d’ici la fin 2024, étendant d’autant son portefeuille actuel de près de 130 hôtels dans 20 pays.

Le premier groupe mondial dispose d’une base solide de développement en Afrique depuis son rachat, en 2014, de l’hôtelier sud-africain Protea. Un groupe qui comptait près de 120 établissements à cette époque, contre une soixantaine aujourd’hui. Mais la position de Protea Hotels by Marriott reste prééminente, notamment dans son pays originel ou encore en Zambie et au Nigeria. S’appuyant sur son offre milieu de gamme à services limités, Protea Hotels compte accroître son offre avec une dizaine d’ouvertures attendues d’ici 2024, permettant l’arrivée de la marque sur de nouveaux marchés – le Kenya et l’Angola – et le renforcement de son réseau en Afrique du Sud, où cinq nouveaux hôtels en projet.

En parallèle, les plans d’expansion de l’hôtelier américain s’orientent vers une autre marque « select service », Four Points by Sheraton. Comptant déjà sept établissements sur le continent – dont deux à Nairobi et un à Dar es Salaam, Kigali et Lagos -, la marque milieu de gamme attend cinq nouveaux hôtels dans les deux ans à venir. Dans ce cadre, Four Points by Sheraton a prévu de faire son entrée en Ouganda, au Sénégal, en République démocratique du Congo et au Cap-Vert. En parallèle, un deuxième établissement est prévu au Nigeria, le Four Points by Sheraton Ikot Ekpene.

Si les marques Protea et Four Points regroupent à elles deux plus de la moitié des futurs hôtels attendus par Marriott en Afrique jusqu’en 2024, Marriott mise aussi sur ses enseignes haut de gamme, notamment Delta Hotels qui devrait apparaître pour la première fois sur le continent l’an prochain. Alors que cette enseigne d’origine nord-américaine verra sa présence en Europe renforcée avec la conversion de nombreux Marriott au Royaume-Uni, la Tanzanie aura la primeur de l’enseigne à l’ouverture du Delta by Marriott Dar es Salaam Oyster Bay.

Nairobi, Addis Abeba, Kigali : les capitales d’Afrique attirent les hôteliers

Parmi les villes d’affaires concernées par ces futurs projets, Rabat s’apprête à voir apparaître un prestigieux Ritz Carlton, tandis qu’Addis Abeba accueillera un Westin et Nairobi un JW Marriott. Toujours au Kenya, cette marque s’orientera pour la première fois vers les safaris haut de gamme avec un luxueux lodge dans le parc de Masai Mara. Car Marriott développe aussi son offre sur le loisir haut de gamme avec un resort Tribute Portfolio aux Seychelles, des Autograph Collection en Tanzanie et en Algérie ou encore un luxueux resort au Maroc, le St. Regis La Bahia Blanca à Tamuda.

C’est aussi au Maroc que le groupe Accor ouvrira en décembre prochain un de ces nouveaux fleurons sur le continent africain, le Fairmont Tazi Palace à Tanger. Cette marque de luxe, qui est également attendue à Rabat prochainement, participe à l’expansion du groupe français sur un continent où Accor fait figure de leader avec ses 151 établissements à l’heure actuelle.

Le Fairmont Tazi Palace, à Tanger.
Le Fairmont Tazi Palace, à Tanger.

Son offre haut de gamme devrait y prendre plus d’ampleur à l’avenir avec un autre Fairmont, mais aussi un Raffles attendus tous deux en 2024 dans la nouvelle capitale égyptienne en cours de développement à l’est du Caire. L’Egypte où un Swissôtel ouvrira bientôt ses portes à Sharm El Sheikh. De son côté, Sofitel s’apprête à renforcer son offre en 2023 autant au Maroc, à Agadir, qu’au Bénin avec un hôtel à Cotonou, Alger étant également au programme de 2024. Autre capitale phare du continent, Nairobi verra l’ouverture en 2023 d’un Pullman et d’un MGallery, cette marque boutique étant aussi à Addis Abeba, en Ethiopie, en 2024.

Alors que Accor a pour projet d’ouvrir au total 36 hôtels en Afrique d’ici fin 2024, le groupe français peut s’appuyer sur son partenariat avec Kasada, une plate-forme d’investissement dédiée au développement hôtelier sur ce continent et soutenue conjointement par l’hôtelier français et le fonds souverain du Qatar. Propriétaire d’une petite vingtaine d’établissements aujourd’hui, l’investisseur a plusieurs projets dans ses cartons, notamment des hôtels ibis Styles et Mövenpick adossés à un centre de congrès à Windhoek, en Namibie, un autre Mövenpick qui est en attente à Kigali, au Rwanda, ou encore le luxueux Cape Grace en Afrique du Sud, qui pourrait venir garnir l’offre de l’une ou l’autre des marques haut de gamme de Accor.

Kasada vient également de conclure un accord pour gérer pour le compte du groupe français un hôtel balnéaire à Saly au Sénégal, à 80 km de Dakar, Le Lamantin Beach Resort & Spa, doté de 177 chambres et de plusieurs salles de séminaires. Un établissement qui passera sous la marque Mövenpick d’ici la fin de l’année 2023.

Parmi les autres grands groupes internationaux, Radisson a accéléré sa croissance en Afrique ces dernières années pour y compter aujourd’hui une centaine d’hôtels en exploitation et en développement. Son objectif est d’atteindre maintenant la barre des 150 hôtels au cours des cinq prochaines années. Avec 16 ouvertures ces derniers mois – notamment au Ghana, à Madagascar, en Ethiopie et au Soudan – et 25 autres projets récemment sécurisés, le groupe Radisson est sur une vraie dynamique dans toutes les régions d’Afrique. Ces marchés cibles sont autant en Afrique francophone qu’anglophone, autant en Afrique du Sud qu’au Maroc et en Égypte au nord du continent ou encore au Nigeria, Cameroun, Sénégal et en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre, les deux dernières signatures enregistrées l’ont été pour un Radisson Collection à Marsa Allam, en Égypte, et un Radisson à Yaoundé, au Cameroun. Ouverture de leurs portes prévue en 2024.

A Casablanca, Radisson va reprendre l’historique hôtel Lincoln pour le transformer en luxueux Radisson Collection d’ci 2025.

De son côté, IHG, qui dispose d’une trentaine d’hôtels en Afrique, entend quasiment y doubler son offre dans les trois à cinq prochaines années. Parmi les derniers développements, le groupe britannique vient notamment d’ouvrir un InterContinental à Lusaka, la capitale zambienne. Remis au goût du jour après deux ans de rénovation, l’hôtel offre 106 chambres et 87 suites, un Club Lounge avec quatre salles de réunions, en plus d’un espace MICE pouvant accueillir jusqu’à 700 personnes.

En parallèle, le groupe britannique a conclu des accords de franchise en Tanzanie et au Kenya pour intégrer trois hôtels dans le giron d’IHG. Parmi ceux-ci, le Fairview, un des hôtels historiques de Nairobi, s’apprête à faire l’objet d’une rénovation en profondeur avant d’être exploitée sous l’une des marques boutique d’IHG. Toujours dans la capitale kényane, IHG vient d’ajouter à son offre, grâce à ces contrats de franchise, l’Holiday Inn Nairobi Two Rivers Mall.

Situé dans un complexe dédié au divertissement dans le quartier de Gigiri, cet hôtel de 171 chambres est propice aux déplacements professionnels de par sa proximité avec les représentations des Nations Unies ou les nombreuses entreprises présentes dans ce quartier résidentiel. A dominante business également, mais en Tanzanie cette fois, le Crowne Plaza Dar es Salaam est pour sa part situé dans le quartier central des affaires de la principale métropole du pays et propose 148 chambres, de même que trois salles de réunion aux voyageurs d’affaires.

InterContinental Lusaka, en Zambie.