Air France : la « French touch » décolle vers Toronto à bord du premier A350

Le 27 septembre dernier, Air France accusait réception de son tout premier A350 sur les terres d’Airbus. Tout juste un mois plus tard, ce premier appareil – baptisé "Toulouse" – a fait ses grands débuts sur l’axe transatlantique. Destination : Toronto.

Air France a inauguré son premier Airbus A350 le 27 octobre, entre Paris et Toronto

A l’aube de fêter ses 70 ans de présence dans le ciel canadien, Air France vient d’envoyer un signal fort sur ce marché stratégique. « Toulouse », le premier Airbus A350 livré un mois auparavant par l’avionneur européen, dessert maintenant quotidiennement Toronto depuis Paris CDG. Le 27 octobre, les passagers du vol AF 356 ralliant l’aéroport de Pearson ont ainsi pu découvrir la nouvelle expérience voyageur incarnée par cet appareil flambant neuf, dont 28 exemplaires ont été commandés par la compagnie.

A l’heure de penser la configuration de ce nouvel appareil, Air France a pris le parti de faire rimer performance et élégance. En effet, la compagnie a placé son nouvel outil de travail sous le signe de la « French touch ». Si elle n’est pas spécifique à l’A350, la traditionnelle coupe de champagne proposée à tous les passagers, quelle que soit la classe de voyage, donne le ton d’un certain art de vivre à la française, sur lequel la direction de la compagnie entend bien capitaliser pour surclasser une concurrence toujours plus féroce, en particulier sur l’axe transatlantique. « Le champagne dans toutes les cabines, c’est un marqueur fort, c’est notre signature, c’est festif« , explique Catherine Villar, Directrice Expérience client d’Air France. « Nous sommes un ambassadeur du meilleur de  la France, dont le champagne fait partie, tout comme les plats signés par des chefs étoilés. Un client sur deux n’est pas français, nous voulons donc lui faire découvrir le meilleur de la France« .

  • L’A350 d’Air France et équipé de 34 sièges en cabine business

A bord de ce nouvel Airbus A350, le décorum est soigné, lumineux. Les hublots, 30% plus grands que sur les appareils classiques, accentuent la sensation d’espace à bord. Et leur habillage original – un rideau en deux épaisseurs, qui descend en accordéon sur simple pression d’un bouton  – lui donne des allures « haute-couture ». Les 34 sièges proposés en classe affaires, « full flat », préfigurent ainsi ce qui sera la norme fin 2020 pour la flotte long-courrier de la compagnie. Disposés en 1-2-1, ils garantissent tous un accès direct au couloir, les deux sièges du milieu étant séparés par une paroi coulissante, pratique pour deux collègues de travail souhaitant échanger sur quelques dossiers avant de s’offrir un peu d’intimité le temps d’une sieste… Le wi-fi, accessible dès la fermeture de la porte de l’appareil, est quant à lui disponible dans chaque cabine, la version gratuite permettant d’utiliser les outils de messageries (WhatsApp, Messenger…) pour échanger avec ses proches ou ses collègues.

L’A350 d’Air France en quelques chiffres

  • 324 sièges : 34 en Business, 24 en Premium Economy, 266 en Economy
  • Un écran tactile haute définition de 18,5 pouces en business et 11,6 pouces en Economy, pour quelque 1 400 heures de programmes
  • Le nouveau siège de la Premium Economy s’incline à 124°, contre 118° pour l’Economy, et un full flat pour la Business.
  • 13 000 km de rayon d’action

 

Quant à la performance, il serait tentant de la résumer en un chiffre : les 25% d’économies de carburant et d’émissions de CO2 garantis par le nouvel appareil. Une bonne nouvelle pour l’empreinte carbone d’Air France dans le contexte du « Flygskam » – la “honte de prendre l’avion” -, comme pour le bilan comptable de la compagnie. Pour le passager, et notamment pour les voyageurs d’affaires qui effectuent un aller-retour express, les avancées technologiques de l’A350 doivent aussi et surtout réduire l’impact du vol en termes de fatigue. L’A350 s’est donc mis en mode silencieux, avec une empreinte sonore réduite de 40%, tandis que le renouvellement de l’air en cabine – toutes les deux à trois minutes – et l’évolution de l’éclairage tout au long du vol atténuent l’impact de ce vol transatlantique sur les organismes.

Un appareil qui change la donne

De passage à Toronto pour saluer ce nouvel arrivant, Anne Rigail a souligné les investissements consentis par la compagnie pour construire son avenir : « D’ici cinq ans, nous aurons renouvelé plus de la moitié de notre flotte avec des appareils de nouvelle génération comme cet A350, avec les 787 que nous avons déjà et qui seront dix l’an prochain, et nous venons de commander 60 Airbus 220, qui serons d’ailleurs produits ici au Canada. Nous investissons beaucoup : plus d’un milliard d’euros par an », a déclaré la Directrice générale d’Air France. Quant à l’impact de l’A350 sur l’organisation du réseau Air France, Anne Rigail y voit deux opportunités : « Cet avion peut nous permettre à la fois de transformer des lignes « difficiles » en lignes viables, ou de lancer de nouvelles lignes. Nous l’avons déjà vu avec le 787, dont la consommation en carburant a rendu des lignes rentables. L’A350 est construit pour aller loin. Il assurera au début des vols assez courts comme Abidjan ou le Caire, pour des raisons de formation, mais nous allons également le lancer à Séoul, Bangkok, Boston et bien d’autres destinations. Nous savons que nous pouvons utiliser cet appareil très efficacement sur les lignes les plus longues, et qu’il va nous permettre d’étendre notre réseau, même si le réseau long-courrier d’Air France-KLM est probablement le plus important depuis l’Europe. C’est véritablement un appareil qui change la donne », note Anne Rigail.

L’histoire de l’A350 au sein de la flotte Air France reste donc à écrire, non seulement en termes de réseau, mais aussi de configuration cabine. Par exemple, le fleuron « La Première » pourrait peut-être embarquer à son tour à bord du nouvel appareil. « J’ai parfois lu que la Première allait disparaître, mais elle fait partie de notre ADN de marque, et a toute sa place au sein de la flotte Air France, sur une sélection de destinations : la clientèle Première n’est pas partout« , confie Catherine Villar. « Cette classe fait partie de l’élégance française. Nous n’avons pas encore arrêté notre décision, mais nous ne nous interdisons rien », prévient la Directrice Expérience client d’Air France.

Anne Rigail
Anne Rigail, Directrice générale d’Air France, et Vincent Etchebehere, General
Manager Air France-KLM Canada, à Toronto

Une offre en hausse, un marché sous pression…

Air France célébrera en 2020 ses 70 ans de présence sur le marché canadien, avec une offre plus ambitieuse que jamais. En effet, et pour la première fois, la compagnie assurera jusqu’à deux vols quotidiens entre Paris CDG et Toronto l’été prochain, de juin à août. Quant à Montréal, la principale porte d’entrée d’Air France au Canada, la fréquence atteindra jusqu’à quatre vols par jour en juin prochain. Cette montée en puissance, conjuguée à la montée en gamme permise par l’A350, doit permettre au groupe Air France KLM de faire face à une concurrence accrue. En effet, Air Canada augmente régulièrement son offre sur le marché français. Et si l’acquisition d’Air Transat venait à être validée par les autorités en charge de la concurrence, la pression n’en serait que plus forte…