Cathay Pacific et sa filiale Cathay Dragon touchées par le coronavirus

Le groupe Cathay Pacific réduit fortement son offre aérienne alors que d’autres transporteurs suspendent la desserte de Hong Kong. Ceci pour des questions de demande plutôt que de risque de contagion.

Cathay Pacific
La chute de la demande pousse Cathay Pacific à réduire son programme de vols

Le coronavirus a fait une nouvelle victime, cette fois-ci à Hong Kong, où les compagnies aériennes revoient leur desserte globale, voire même suspendent temporairement leurs vols. Il s’agit en fait de faire face à une baisse très importante de la demande. La compagnie hong-kongaise Cathay Pacific a ainsi procédé a des coupes sombres dans son programme jusqu’à la fin mars, réduisant d’un tiers son offre long courrier. La compagnie supprime ses vols sur Milan Malpensa, Rome et Londres-Gatwick – mais conserve ses fréquences sur Heathrow –, réduit de 4 à 2 vols hebdomadaires sa ligne sur Barcelone ainsi que sur Manchester. Sur Bruxelles et Francfort, la compagnie ferme certaines de ses classes tarifaires en éco en février et mars.

Sur ses correspondances vers l’Asie et le Pacifique, la compagnie baisse ses fréquences sur Adelaïde, Auckland, Melbourne, Perth et Sydney. Au total, avec sa filiale Cathay Dragon, la compagnie réduit de 50% son offre de vols jusqu’à la fin mars. Mais sur la Chine, son offre est désormais en berne de 90%. Les deux transporteurs ne proposent plus que des vols sur Chengdu, Pékin, Shanghai Pudong et Hongqiao ainsi que sur Xiamen, et ce, avec un horaire de vols largement élagué. Au total, Cathay Pacific et Cathay Dragon ne proposent plus que 39 vols hebdomadaires jusqu’à la fin mars vers ces destinations contre 368 vols par semaine avant crise.

Sur le reste de l’Asie, l’écroulement de la demande se traduit par de fortes réductions de fréquences. La plus touchée est la ligne Hong Kong-Taipei, le gouvernement de Taiwan exigeant la mise en quarantaine durant 14 jours de tous les passagers en provenance de Chine continentale mais aussi de Hong Kong et Macao. Cathay ne propose plus que quatre vols par semaine au lieu de 92 précédemment vers l’île, la compagnie ayant aussi suspendu ses liaisons vers Kaohsiung et Taichung, deux autres importantes villes taïwanaises.

Cathay suspend également jusqu’à fin mars ses vols vers Clark et Davao aux Philippines et vers Jeju en Corée et a baissé de 75% son offre sur Manille. Elle réduit de 50% sa desserte de Fukuoka, Hanoi, Jakarta, Nagoya, Penang, Phnom Penh et Phuket et entre 25% et 35% sa desserte de Bangkok, Kuala Lumpur, Osaka, Rangoun, Séoul, Singapour et Tokyo Narita.
De telles mesures mettent en péril le rôle de hub de l’aéroport international de Hong Kong. Ces mesures sont plus drastiques que durant la crise du SRAS en 2003. A cette époque, la compagnie avait réduit ses capacités de 45%. L’aéroport de Hong Kong devrait ainsi connaitre une baisse d’activité passagers de plus de 50% en février et mars. La plate-forme a déjà été fortement affectée par les manifestations et violences de l’an dernier avec un recul de son trafic passagers de 4,5% en 2019, soit un total de 71,54 millions.
Cathay Pacific a également imposé un congé sans solde de trois semaines à prendre dans les prochains mois pour les 23 000 employés de la compagnie. Le transporteur s’attend à perdre de l’argent au premier semestre de son année fiscale.

Parmi les autres compagnies ayant annoncé des réductions de vols sur Hong Kong, figurent AirAsia, China Airlines, Emirates, Etihad, Eva Air, Korean Air, Philippines Airlines ou Singapore Airlines tandis que les compagnies American Airlines et United ont cessé leur desserte.