La SNCF et Alstom lèvent le voile sur le futur TGV M

C'est un TGV nouvelle génération, compact et aérodynamique, qu'ont présenté les deux partenaires. Un train à grande vitesse qui sera surtout plus capacitaire et plus modulable tout en étant plus écologique.
TGV M
Le "TGV du futur" que viennent de dévoiler la SNCF et Alstom doit être mis en service fin 2024

Après quatre années de conception et de fabrication, le TGV M, dit aussi « TGV du futur », a pointé jeudi le bout de son nez, – qu’il arbore plus profilé et aérodynamique – lors de sa première sortie officielle. Un levé de rideau réalisé par la SNCF et Alstom dans le centre d’essai du constructeur industriel de La Rochelle. « Le TGV M n’est pas qu’un TGV de nouvelle génération, c’est un projet prioritaire pour la SNCF », a souligné Christophe Fanichet, le Pdg de SNCF Voyageurs, qui entend doubler la part des déplacements train en France à l’horizon 2030. Le TGV M est un actif stratégique de demain. Il doit permettre à la SNCF de garder une longueur d’avance par rapport aux autres modes de transport et aux compagnies ferroviaires concurrentes en France comme à l’international ».

M pour mobilité, modernité, maitrise, modularité…

Plus capacitaire avec 740 places contre 634 aujourd’hui, soit une croissance de l’ordre de 20%, la compagnie entend d’abord anticiper la croissance prévue des trafics. Le TGV M sera ainsi plus modulable avec 7, 8 ou 9 voitures (soit une de plus qu’actuellement) et la possibilité de convertir facilement les sièges de 1ere classe en places de 2nde. De quoi répondre à la demande de la clientèle loisir lors des grands départs en vacances. Avec la possibilité d’avoir ou pas un bar dans la rame (relooké, celui-ci est annoncé comme « révolutionnaire »), d’offrir des espaces pour les vélos et un accès en autonomie totale pour les personnes à mobilité réduite. « Le TGV M disposera de 20% de surfaces supplémentaires ce que les passagers, la clientèle affaires notamment, pourront apprécier réellement. Cela permettra de délivrer un service inégalé en matière de restauration, d’accueil et de confort en Business Première », assure Alain Krakovitch directeur de TGV-Intercités. Le wifi y sera également plus performant. « La connectivité sera améliorée avec une antenne spécifique pour la 5G », ajoure-t-il.

Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités, Christophe Fanichet, Pdg de SNCF Voyageurs et Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom France.

Avantage décisif, ce TGV dopé aux nouvelles technologies s’annonce comme plus écologique et plus économique affichant une baisse de 20% de la consommation d’énergie électrique – un enjeu majeur dans la conjoncture actuelle – et des coûts de maintenance réduits. « Son bilan carbone sera bien meilleur avec une diminution de 32% des émissions de CO2 », souligne Alain Krakovitch. Des arguments qui devraient faire mouche auprès des entreprises.

Première circulation attendue fin 2024 sur Paris-Lyon-Marseille

L’investissement est majeur pour la SNCF, s’élevant à 3,5 milliards d’euros pour 115 rames. Le calendrier est désormais balisé, Alstom devant prochainement débuter les essais de vitesse de la rame en République Tchèque avant son homologation en 2023, la réalisation des aménagements intérieurs, le choix de la livrée et une mise en service fin 2024. Le TGV M loupant au passage le rendez-vous des Jeux olympiques d’été… Douze rames par an seront livrées jusqu’en 2032 voire 2040, la SNCF pouvant exercer des options d’achat sur 85 trains supplémentaires. Les premiers seront mis en service sur l’axe Sud-Est, la récente commande complémentaire de 15 unités étant destinée aux liaisons internationales de la SNCF, et d’abord pour l’axe Paris-Lyon-Milan.