
Si la ponctualité des opérateurs ferroviaires invités mercredi par Trainline est à l’image de leur prise de parole, le voyage d’affaires en France est assurément sur de bons rails. C’est pile à l’heure – et même un peu en avance – que la table ronde organisée par la plateforme de distribution européenne a donc lancé les hostilités. Absente des débats, la SNCF n’a pas pour autant été véritablement égratignée par les participants, malgré la thématique choisie : « Ouverture à la concurrence : contexte & perspectives en France ». Concédant certaines difficultés, notamment techniques, Roberto Rinaudo semble néanmoins satisfait du travail mené avec...
Si la ponctualité des opérateurs ferroviaires invités mercredi par Trainline est à l’image de leur prise de parole, le voyage d’affaires en France est assurément sur de bons rails. C’est pile à l’heure – et même un peu en avance – que la table ronde organisée par la plateforme de distribution européenne a donc lancé les hostilités. Absente des débats, la SNCF n’a pas pour autant été véritablement égratignée par les participants, malgré la thématique choisie : « Ouverture à la concurrence : contexte & perspectives en France ». Concédant certaines difficultés, notamment techniques, Roberto Rinaudo semble néanmoins satisfait du travail mené avec l’opérateur historique : « le projet a été très complexe, et c’est normal dans le sens où il s’agit du lancement d’une offre commerciale dans un autre pays, avec une flotte italienne. Il y a une hétérogénéité d’infrastructures entre les pays européens, il y a beaucoup de contraintes, des travaux, la circulation de la SNCF… Mais je suis ravi que finalement nous soyons arrivés à jouer en équipe et à trouver les bonnes solutions qui ont permis à la fois de garder l’offre SNCF et de rajouter l’offre Trenitalia, conçue de manière complètement différente« , témoigne même le Directeur Général de Trenitalia France.
Pour Roberto Rinaudo, l’objectif serait avant tout de travailler ensemble à augmenter le trafic ferroviaire : « C’est un jeu complexe mais l’important c’est de trouver des solutions gagnant-gagnant qui permettent d’améliorer le système ferroviaire. Car je pense que le but final c’est de travailler pour garantir la croissance du marché ferroviaire. (…) Notre but n’est pas de faire la guerre à la SNCF mais d’être un opérateur complémentaire dans le but de développer le marché » Et les chiffres semblent jusqu’ici donner raison au patron France de Trenitalia. D’après l’étude dévoilée par Trainline à l’occasion de cette table ronde, on constate depuis l’arrivée de Trenitalia sur l’axe Paris-Lyon une croissance moyenne de la fréquentation de 58%. « L’augmentation de capacité a donc conduit à attirer plus de voyageurs depuis l’ouverture à la concurrence« , résume ainsi Christopher Michau, Directeur des relations opérateurs Europe chez Trainline. « Nous avons déjà vécu cette expérience en Italie, et cela a eu beaucoup de succès« , rappellera au passage Roberto Rinaudo.
Si la concurrence semble donc stimuler le trafic, l’ouverture du rail aurait encore un impact « mitigé » sur le grand public, d’après l’étude publiée mercredi par Trainline. En effet, alors que seuls 36% des Français disent savoir précisément en quoi consiste l’ouverture à la concurrence, 44% y voient plutôt des avantages, et 36% n’identifient ni avantages ni inconvénients. En outre, un français sur cinq (19%) se dit réfractaire à cette évolution. L’adhésion encore mesurée de la population s’explique peut-être en partie par la méfiance vis-à-vis de l’évolution des prix. « On pourrait penser que le prix diminue : au contraire les sondés ont la perception que les tarifs augmentent avec l’ouverture à la concurrence » note Christopher Michau chez Trainline. En effet, pour les auteurs de l’étude, les sondés « expriment clairement leur impatience à l’égard de l’évolution des prix des billets : 40% des Français estiment que cet élément a subi la pire évolution depuis l’ouverture à la concurrence« . Une perception remise en question par le focus sur l’axe Paris-Lyon réalisé dans l’étude Trainline, qui note une baisse tarifaire moyenne de 7%. Par ailleurs, près d’un Français sur deux (44%) évoque une amélioration du service depuis deux ans. Quant à l’environnement, plus que jamais au centre des débats, l’étude pointe un certain paradoxe. Alors que près de 7 français sur dix (68%) estiment que l’ouverture du rail à la concurrence est une bonne nouvelle pour la lutte contre le changement climatique, 41% ne prennent jamais en compte le critère environnemental dans leur choix de déplacement…
Interrogé sur le lien entre clientèle affaires et ouverture à la concurrence, Christopher Michau (Trainline) explique par ailleurs : « Cela peut apporter une certaine complexité d’avoir plusieurs opérateurs, de comprendre les différences de produits. Le but, c’est de leur simplifier la vie, et c’est ce que nous essayons de leur apporter en France et en Europe« .
Chez Trenitalia, Roberto Rinaudo se veut confiant dans le rôle que joueront les voyageurs d’affaires dans les résultats de la compagnie. « Pour nous, le BtoB est fondamental, surtout sur la ligne Paris-Lyon. Nous avons notamment mis en place une voiture Executive avec dix places avec le maximum de confort, dont une autre de restauration incluse. Il y a aussi une salle de réunions. J’ai rencontré à l’occasion d’un voyage Paris-Lyon une équipe qui venait de signer pour la première fois de leur histoire un contrat important à bord d’un train ! » se félicite Roberto Rinaudo. Certes, le Directeur Général de Trenitalia France ne peut aujourd’hui faire mieux que de décrire des taux de remplissage business « plutôt satisfaisants« . Mais il se veut confiant quant au retour des déplacements professionnels, malgré les nouvelles habitudes de travail : « Oui, il y a le télétravail, mais nous sommes persuadés qu’il y a toujours une exigence de voyager. Et il y aura surtout un report modal qui permettra d’avoir de plus en plus de voyageurs d’affaires sur le train plutôt que sur d’autres moyens de transports plus carbonés« .




















