Le redécollage du transport aérien reste poussif en Asie

L'Asie reste le continent le plus à la traîne pour la reprise du transport aérien. Si le réseau domestique a repris de la vigueur, les lignes internationales continuent de broyer du noir selon la dernière analyse d'OAG portant sur juillet 2022.
L'Asie aérienne à la traîne
La réouverture de Singapour favorise le trafic de l'aéroport qui se classe six fois au top 10 des lignes les plus importantes en juillet 2022 en Asie (Photo: Luc Citrinot)

La machine aérienne reste grippée en Asie : une conséquence des frontières toujours aussi hermétiquement fermées dans un certain nombre de pays comme la Chine, Taïwan ou encore le Japon. S’y ajoutent la résurgence du Covid dans cette partie du monde – Macao est pour la première fois en confinement par exemple -, l’allongement des temps de vols sur certaines liaisons aériennes due à l’interdiction de survol de la Russie. Avec pour conséquence l’envolée des tarifs à l’international qui entrave une sérieuse reprise.

L’Association Internationale du Transport Aérien IATA estime que le trafic passagers dépassera les niveaux de 2019 en 2023 pour l’Amérique du Nord, 2024 pour l’Europe et 2025 pour l’Asie.

« La Chine ne montre aucun signe d’assouplissement de sa stratégie zéro COVID« , note IATA dans un communiqué. Le trafic international de l’Asie-Pacifique devrait atteindre 68% des niveaux d’avant la pandémie en 2022, en raison de la lenteur de la levée des restrictions de voyage, prédit IATA.

L’analyse des données fournies par OAG Schedules Analyser montre que la capacité globale à destination, en provenance et à l’intérieur de l’Asie a certes atteint 164,7 millions de sièges en juillet 2022. Soit une hausse de 22,6 % par rapport au même mois de 2021. Et même de 16,2 % par rapport au mois de juin 2022. Cependant, ce chiffre reste inférieur de près de 20% au nombre de sièges en juillet 2019.

Domination du trafic domestique

Si l’on pousse plus loin l’analyse, on s’aperçoit de surcroît que ce retour en grâce est essentiellement lié au trafic domestique.

Celui-ci représente effectivement 82,3 % de la capacité disponible en juillet. Il atteint 99,5 % de la capacité offerte en juillet 2019 – un retour à la normale, donc. En revanche, les capacités internationales atteignent 27,6 millions de sièges. Cela représente certes 3,9 millions de sièges en plus mis sur le marché par rapport à juin 2022. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’offre reste inférieure de 59,3 % à ce qu’elle était en juillet 2019.

La politique Zéro Covid tant vantée par le gouvernement chinois continue d’avoir des conséquences désastreuses pour les lignes internationales depuis ce pays. C’est surtout Hong Kong qui en supporte les conséquences. L’aéroport de Hong Kong arrivait six fois dans le top 10 des lignes internationales les plus importantes en 2019. La plate-forme chinoise n’apparaît qu’une seule fois au classement en juillet 2022, sur la liaison Hong Kong-Taipei.

Sa place a été ravie par Singapour. L’aéroport apparaît six fois au top 10 des lignes internationales les plus importantes. La politique de réouverture de la métropole financière porte ses fruits. Dans ce même classement, on remarque l’absence totale du Japon

Sur les 10 lignes les plus importantes en offre de sièges, seules trois segments affichent une hausse par rapport à 2019 : Mumbai (Bombay)-Dubaï; Delhi-Dubaï et Singapour-Sydney.

Top 10 des lignes internationales en Asie-Pacifique en capacité sièges (Juillet 2022)

Classement 2022 (2019)
Ligne
Sièges 07/19
Sièges 07/22
Différence
1 (2) Kuala Lumpur-Singapour 478 206 294 788 -38,4%
2 (29) Bombay-Dubaï 194 972 236 448 +21,3%
3 (1) Hong Kong-Taipeï
672 703 234 862 -65,1%
4 (21) Manille-Singapour 235 336 201 180 -14,5%
5 (8) Bangkok-Singapour 324 650 200 299 -38,3%
6 (44) Delhi-Dubaï 172 836 197 352 +14,2%
7 (3) Jakarta-Singapour 468 069 185 748 -60,3%
8 (38) Singapour-Sydney 177 324 177 558 +0,1%
9 (19) Bangkok-Séoul 245 369 174 426 -28,9%
10 (33) Saïgon-Singapour 191 990 158 764 -17,3%

(Source : OAG)