Air France et les aéroports européens plus que jamais tournés vers une aviation durable

Alors que se tenait l'évènement "Connecting Europe Days" de la Commission Européenne à Lyon, Air France a publié son rapport annuel environnement. Deux évènements qui incarnent les efforts réels de l'industrie du transport aérien pour réduire l'impact de ses activités sur l'environnement.
Vue de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. (Photo: aéroport de Lyon-VINCI)
Vue de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. (Photo: aéroport de Lyon-VINCI)

Dans le cadre des « Connecting Europe Days » de la Commission Européenne, cinq vols européens durables ont convergé vers l’aéroport de Lyon, où se déroulait la manifestation de l’Union. Ces vols utilisaient des technologies, des carburants et des procédures de navigation aérienne innovants pour minimiser leurs émissions de carbone, démontrant ainsi le potentiel de transformation de l’impact environnemental de l’industrie aéronautique. Les vols – en provenance d’Amsterdam, Barcelone, Bucarest, Francfort et Lisbonne – étaient effectués dans un cadre de mesures propres à réduire cet impact. Ils ont démontré quelles mesures sont mises en place pour rendre le transport aérien plus durable.

Des itinéraires optimisés pour l’environnement

En profitant de l’espace aérien normalement réservé aux militaires et en ayant des approches sur les aéroports plus efficaces, de nouveaux itinéraires ont été créés. Ces mesures ont ainsi amélioré les trajectoires et les descentes dans l’espace aérien en approche sur Lyon. De cette façon, les cinq vols ont réalisé une trajectoire plus optimale pour minimiser la consommation de carburant et donc réduire les émissions. Des résultats rendus possibles par la coopération entre Eurocontrol, les services de navigation aérienne de onze pays, des autorités militaires nationales respectives, en partenariat avec le projet Albatross.

Les compagnies aériennes, dont Air France, easyJet, KLM, Lufthansa, Transavia et Vueling, ont appliqué chacune une augmentation de 30 % dans l’utilisation de bio-carburant sur ce total de dix vols depuis Lyon. Un tel résultat permet de réduire les émissions de CO2 de 27 % par vol par rapport à l’utilisation de carburant conventionnel.

Selon les experts de l’environnement, l’utilisation accrue de SAF est le moyen le plus efficace de décarboniser l’aviation au cours des prochaines décennies, jusqu’à ce que des technologies plus récentes, comme l’hydrogène, soient disponibles. Le problème majeur reste cependant une production trop faible et donc des prix très élevés pour l’acquisition de SAF. Des mesures d’incitation sont nécessaires pour encourager la production et combler l’écart de prix entre les SAF et le kérosène classique.

Opérations et infrastructures aéroportuaires neutres en carbone

C’est ce que pratique par exemple le groupe VINCI Airports, gérant de l’aéroport de Lyon. L’aéroport est un élément exemplaire de la stratégie environnementale du groupe, ayant déjà atteint la neutralité carbone avec compensation en 2017 dans le cadre de l’Airport Carbon Accreditation. Lyon est désormais en passe de devenir le premier aéroport commercial de France à atteindre le zéro CO2 net à l’horizon 2026. Lyon a également été sélectionné comme aéroport pilote de VINCI Airports pour l’utilisation de l’hydrogène et l’accueil d’avions à hydrogène dès 2023. Le projet est mené en partenariat avec Airbus et Air Liquide.

Toutes ces initiatives visent à atteindre l’objectif climatique de l’UE, à savoir des émissions nettes de carbone nulles d’ici 2050. L’industrie aéronautique européenne s’est engagée à respecter cette feuille de route, mais pour que les mesures exceptionnelles d’aujourd’hui soient possibles à plus grande échelle, elle appelle à un soutien politique plus marqué.

Dans un futur proche (autour de 2030), de nouvelles technologies devraient arriver sur le marché. Elles doivent être pleinement soutenues par les programmes de financement au niveau de l’UE et des États membres pour stimuler le développement et le déploiement des nouvelles technologies ainsi que leurs procédures.

Les gouvernements nationaux doivent mettre pleinement en œuvre le ciel unique européen. Ce qui se traduit par exemple avec le déploiement de mesures comme l’espace aérien transfrontalier de libre parcours (permettant aux aéronefs de planifier librement un itinéraire plus direct entre des points d’entrée et de sortie définis). Ou encore l‘utilisation flexible de l’espace aérien (permettant de passer d’un usage militaire à un usage civil à bref délai).

Un système unique d’échange et de compensation des émissions permettra d’éviter les fuites de carbone et le double comptage des émissions. Elle justifie l’utilité d’une mesure mondiale ambitieuse, CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation), mise en place par l’OACI.

CORSIA est basée sur le marché, tous secteurs confondus. Elle représente une approche globale qui s’éloigne d’un « patchwork » d’initiatives réglementaires nationales ou régionales. Elle offre un moyen harmonisé de réduire les émissions de l’aviation internationale, en minimisant les distorsions du marché, tout en respectant les circonstances particulières et les capacités respectives des États membres de l’OACI. Au 1er janvier, 102 pays ont annoncé participé à cette nouvelle mesure. D’autres pays devraient rejoindre CORSIA au 1er janvier 2023.

Air France-KLM comme modèle d’un transport aérien plus vertueux

Air France-KLM, qui participait au Connecting Europe Days, a présenté en parallèle son rapport « Destination Sustainability ». Ce programme souligne les ambitions du groupe aérien en matière de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE). Il repose essentiellement sur l’environnement et les défis posés par l’urgence climatique ainsi que l’Humain.

Dans un contexte qui reste perturbé, Air France-KLM entend renforcer son engagement pour un transport aérien plus durable. Il se fonde pour cela sur une approche scientifique et les critères rigoureux validés par l’organisme indépendant de référence SBTi.

Au-delà de l’engagement d’atteindre zéro émission nette de CO2 en 2050, Air France-KLM vise une réduction de ses émissions par passager–km de 30 % par rapport à 2019. Le Groupe s’engage également à utiliser au minimum 10 % de SAF d’ici 2030, bien au-delà du mandat réglementaire envisagé dans le cadre de l’initiative « Refuel EU » pour les vols au départ de l’Europe.

La responsabilité sociale et sociétale est le second pilier de la stratégie portée par « Destination Sustainability ». Avec plus de 71 000 salariés, le Groupe Air France-KLM est un employeur de premier plan, déterminé à encourager une culture toujours plus inclusive et à lutter contre toutes les formes de discrimination et d’inégalité au travail. Cet engagement trouve une illustration forte avec le sujet de l’égalité femme – homme. Un tiers des postes du Comité Exécutif du Groupe devra être occupé par des femmes et celles-ci devront représenter 40 % des postes de direction d’ici 2030.

« En 2021, le groupe Air France-KLM a pu compter sur ses 71 000 salariés et leur engagement sans faille. Le rapport que nous publions aujourd’hui est le résultat de leurs actions et de leurs efforts pour positionner notre Groupe à l’avant-garde d’un secteur qui se réinvente. Notre programme « Destination Sustainability » incarne notre volonté de nous positionner comme un leader de l’aviation durable » a déclaré Benjamin Smith, Directeur général du Groupe Air France–KLM.