Air France et Lufthansa enterrent discrètement l’Airbus A380

Condamnés par Air France et Lufthansa pour leur taille et leur consommation en carburant, les Airbus A380 effectuent une sortie anticipée et définitive chez Air France et temporaire pour Lufthansa.

A380
L'A380 d'Air France

Autre victime de la pandémie de Covid-19, la flotte des neuf Airbus A380 d’Air France ne sera pas remise en service, une fois la crise passée pour le transporteur. Air France avait dès le début de la pandémie décidé d’immobiliser ces neuf avions mais la crise a précipité la décision d’en arrêter l’exploitation. A l’origine, la compagnie voulait stopper l’exploitation de ses super-jumbos à l’horizon 2022. Elle avait reçu ses premiers A380 en 2009.

Dans le contexte de la crise actuelle et de son impact sur les niveaux d’activité anticipés, le groupe Air France-KLM a donc annoncé la fin définitive de l’exploitation des Airbus A380 d’Air France. La direction de la compagnie a déclaré que ses A380 seraient remplacés par des A350 et des Boeing 787 dans le cadre d’une stratégie visant à rendre sa flotte plus compétitive, à adapter ses capacités à une demande réduite et aussi afin de satisfaire à des critères environnementaux plus sévères avec la réduction de son empreinte écologique.

Selon l’analyse des données fournies par OAG Schedules Analyser, les Airbus A380 représentaient 4,5% de la capacité totale disponible en sièges de la compagnie en 2019, soit 2,67 millions de sièges. Les appareils étaient affectés selon le programme de début d’année d’Air France sur 11 lignes aériennes au départ de CDG. Ces lignes desservaient Abidjan, Atlanta, Dubai, Houston, Johannesburg, Los Angeles, Mexico, Miami, New York-JFK, San Francisco et Shanghai. Dans le passé, le transporteur avait également desservi Singapour et Tokyo entre autres.

Les plus importantes capacités en Airbus A380 concernaient, selon OAG, la ligne Paris CDG-New York avec plus de 550 000 sièges aller-retour déployés pour 1 069 vols suivie de la ligne sur Los Angeles (LAX) avec 375 648 sièges pour 728 vols, Mexico avec 369 456 sièges pour 716 vols, Shanghai Pudong avec 364 296 sièges pour 706 vols et les lignes sur Atlanta et Houston, qui chacune avaient une capacité de 215 688 sièges pour 418 vols.

En parallèle, Lufthansa a annoncé à la fin de la semaine dernière la suspension des vols en A380 pour le reste de la saison d’été sur Houston, Miami, New York, Shanghai Pudong, Singapour depuis Francfort et sur Boston, Los Angeles, Pékin Capital, San Francisco et Shanghai au départ de Munich. Cet hiver, la compagnie va également retirer l’A380 sur les lignes Francfort-Bangkok, Francfort-Delhi, Francfort-Los Angeles et Munich-Miami. Les vols seront effectués en Boeing 747-8I et en Airbus A350-900 à Francfort et en Airbus A350-900 depuis Munich. Post-COVID-19, Lufthansa exploitera encore sept A380. En Europe, British Airways exploite encore 12 appareils tout comme la compagnie charter portugaise HiFly avec un appareil.