Volotea élague fortement son réseau français cet hiver

Volotea taille dans le vif afin de réduire sa dette et ses dépenses carburant. La France est particulièrement dans le viseur.
Un Airbus A320 de Volotea à Orly (Photo: L. Citrinot)

La compagnie Volotea a revu en profondeur son programme de vols pour la saison d »hiver 2026-2027 qui vient tout juste de démarrer. Confrontée à la hausse des prix du kérosène et au creusement de sa dette, le transporteur régional a modifié son programme de vols sur toute l’Europe.

Dont plusieurs dizaines de liaisons au départ ou à destination de la France, avec des lignes supprimées, des fréquences réduites et des dessertes saisonnières reportées aux vacances de fin d’année. Bordeaux, Nantes, Lille, Brest, Marseille, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Toulouse figurent parmi les plateformes touchées.

Selon le site en ligne AeroRoutes, qui a comparé les horaires déposés le 14 juin et le 18 octobre 2026, le programme de Volotea pour l’hiver passe de 25 395 à 17 048 vols, soit une baisse de près de 33%. Tandis que le nombre de sièges baisse presque dans les mêmes proportions à -33,2%. Ce qui correspond à 2,92 millions de sièges sur la période hivernale au lieu de 4,36 millions précédemment.  

Pour la France, les données de Cirium font état d’une baisse de l’ordre de 10 à 11 % des capacités entre novembre 2026 et février 2027 par rapport à la même période un an plus tôt. Ces baisses interviennent alors que la compagnie envisage de réduire sa flotte d’avions. Selon la presse spécialisée, une dizaine d’avions devrait quitter la compagnie, soit une flotte totale d’une trentaine d’appareils dans un futur proche. 

La logique opérationnelle consiste à concentrer les moyens disponibles sur les lignes offrant les meilleures perspectives de remplissage et de rentabilité. L’annonce de la suppression ou de la réduction des fréquences sur plusieurs dizaines de lignes en Europe représente les derniers ajustements pour l’année 2026. 

Pour les aéroports régionaux, l’enjeu dépasse la seule baisse du nombre de vols. Les réductions peuvent affecter l’attractivité des destinations, les séjours courts, les voyages à l’étranger au départ des régions et la commercialisation de forfaits construits autour de liaisons directes.

Bordeaux, Nantes et Lille parmi les plus touchés dans l’Hexagone

À Bordeaux, Volotea supprime plusieurs dessertes internationales pour l’hiver : Bari, Bastia, Charleroi, Figari, Fuerteventura, Naples, Prague, Rome-Fiumicino et Tenerife-Sud ne figurent plus au programme d’hiver. La liaison vers Lanzarote est également retirée. La contraction de l’offre de la compagnie sur la plateforme bordelaise est estimée à environ 35 % au quatrième trimestre 2026.

D’autres lignes sont maintenues, mais avec des interruptions ou des fréquences réduites. Bordeaux-Strasbourg passe de 151 à 91 vols sur la saison, tandis que Bordeaux-Oran recule de 63 à 44 vols. La liaison vers Marrakech ne reprend que le 19 décembre, contre le 3 novembre initialement prévu, puis passe de deux à un vol hebdomadaire à partir du 7 janvier 2027. Bordeaux-Agadir est également reportée au 19 décembre. Les dessertes de Florence, Lille, Marseille, Nice, Séville et Valence sont limitées à certaines périodes, essentiellement autour des fêtes.

À Nantes, les suppressions concernent notamment Bergame, Bruxelles-Charleroi, Calvi, Figari, Perpignan, Pise, Toulouse et Venise. Plusieurs lignes internationales voient également leur programme réduit telles les liaisons de Nantes vers Barcelone, Fuerteventura, Lanzarote, Marrakech, Rome et Tenerife-Sud. La liaison Nantes-Strasbourg est interrompue du 3 au 26 novembre, puis du 7 janvier au 18 février ; elle ne doit reprendre que deux fois par semaine du 19 février au 26 mars, contre sept fréquences hebdomadaires initialement programmées sur cette dernière période. Nantes-Porto est suspendue du 5 janvier au 11 février. 

À Lille, les lignes vers Grande Canarie, Madrid, Séville et Valence sont retirées du programme hivernal. Les dessertes d’Agadir et de Marrakech ne reprennent que le 19 décembre, au lieu du début novembre prévu. Lille-Nice et Lille-Perpignan sont limitées à la période du 17 ou 18 décembre au 6 janvier. 

Brest et Rodez : une activité hivernale fortement réduite

À Brest, la base de Volotea doit être mise en sommeil pendant l’hiver. Les liaisons vers Tenerife-Sud et Lanzarote disparaissent du programme, et la desserte de Brest depuis Barcelone est également supprimée. Les réductions concernent aussi les connexions saisonnières avec d’autres villes françaises ou européennes. La baisse de l’activité de la compagnie à Brest est estimée à environ 30 % au quatrième trimestre 2026.

À Rodez, la réduction est plus radicale : les dessertes saisonnières vers Lille, Ajaccio et Porto se sont arrêtées début octobre. En revanche, demeure la liaison régulière vers Paris-Orly, car opérée dans le cadre d’une délégation de service public.

Lyon, Marseille, Montpellier et Toulouse : fréquences réduites et interruptions

À Lyon, Volotea supprime les liaisons vers Ajaccio, Athènes, Grande Canarie, Nantes et Porto dans son programme hivernal. Lyon-Madrid est interrompue du 3 novembre au 17 décembre, puis du 7 janvier au 11 février. Lyon-Marrakech est suspendue jusqu’au 16 décembre, tandis que Lyon-Venise est interrompue du 2 novembre au 18 décembre. La reprise de Lyon-Fuerteventura est repoussée au 14 février et celle de Lyon-Tenerife-Sud au 20 décembre. Lyon-Setif passe de 97 à 86 vols, et Lyon-Bastia est limitée à un vol hebdomadaire pendant la période des fêtes, au lieu de deux.

À Marseille, les liaisons vers Barcelone et Limoges sont supprimées pour l’hiver. Les lignes de Marseille à Athènes, Bordeaux, Brest, Caen et Rennes connaissent des interruptions temporaires. Les fréquences sont aussi revues à la baisse sur plusieurs liaisons vers l’Algérie : Marseille-Alger passe de 308 à 294 vols, Marseille-Constantine de 75 à 66, Marseille-Oran de 154 à 139 et Marseille-Tlemcen de 20 à 17. Marseille-Béjaïa est suspendue du 5 janvier au 18 février. Marseille-Strasbourg passe de 117 à 71 vols. Enfin, le lancement prévu de Marseille-Grande Canarie est abandonné.

À Montpellier, le programme est particulièrement saisonnier. Montpellier-Brest, Montpellier-Caen, Montpellier-Lille et Montpellier-Rennes ne sont maintenues que pendant des fenêtres limitées autour de Noël et du Nouvel An. Montpellier-Nantes passe de 299 à 280 vols. La reprise de Montpellier-Strasbourg est repoussée au 27 novembre, celle de Montpellier-Lanzarote au 19 décembre. Montpellier-Tenerife-Sud est interrompue du 10 au 31 janvier. En contrepartie, Montpellier-Madrid doit être lancée le 6 novembre et Montpellier-Bordeaux le 4 février, après un report de la date de lancement initialement prévue.

À Toulouse, Volotea retire les liaisons vers Grande Canarie et Lanzarote de plusieurs périodes de l’hiver. Toulouse-Caen et Toulouse-Rennes sont suspendues jusqu’à la mi-décembre. Toulouse-Luxembourg et Toulouse-Venise ne sont exploitées que sur des périodes limitées. En revanche, Volotea offre plus de vols de Toulouse vers Pise et Strasbourg.

Strasbourg, Nice et Paris-Orly également concernés

À Strasbourg, les liaisons vers Agadir et Porto sont retirées du programme hivernal, tandis que Strasbourg-Marrakech ne reprend que le 19 décembre. Strasbourg-Bastia est limitée à la période du 17 décembre au 3 janvier, et Strasbourg-Rodez passe de six à trois vols pendant les fêtes.

À Nice, Nice-Caen est interrompue du 3 novembre au 16 décembre, Nice-Nantes du 2 novembre au 16 décembre et Nice-Luxembourg sur deux périodes distinctes. Nice-Strasbourg est suspendue du 7 janvier au 18 février, avant de reprendre à deux fréquences hebdomadaires jusqu’au 26 mars. Nice-Brest n’est maintenue que du 18 décembre au 6 janvier.

À Paris-Orly, les lignes vers Gênes et Vérone offrent une fréquence réduite tandis que Turin est retiré du programme. 

Pour le futur, la capacité de Volotea à stabiliser son programme dépendra avant tout de l’évolution des coûts, de la demande hivernale et de sa restructuration financière. Quant aux prix du pétrole, leur baisse semblerait être un voeu pieux.