Nouvel Eurostar : la marque Thalys disparaîtra en septembre 

Dévoilé en 2019, le projet de fusion Eurostar-Thalys a survécu au Brexit et au Covid. Il entre dans le dur avec le lancement d'un nouveau logo puis en octobre d’une application et d’un site Eurostar uniques.
Eurostar
Christophe Fanichet, DG de SNCF Voyageurs, Gwendoline Cazenave, CEO d'Eurostar Group, Georges Gilkinet, ministre belge de la Mobilité et Alain Krakovitch, chairman d'Eurostar Group

C’est mardi en gare de Bruxelles-Midi qu’Eurostar Group a levé le voile sur le calendrier et les projets à venir de la fusion en cours des compagnies Eurostar et Thalys. Fort de sa notoriété à l’international, c’est la première qui a été retenue pour porter la marque commerciale du nouveau groupe ferroviaire, Thalys devant disparaître au troisième trimestre 2023, vraisemblablement en septembre. « L’étoile du nouveau logo rend hommage à l’Etoile du Nord, ce train mythique qui relia Paris à Amsterdam via Bruxelles à partir des années 1920« , explique Gwendoline Cazenave à la tête de la holding Eurostar Group. « Le logo sera alors présent sur tous les trains et sur l’ensemble des points de contact avec la clientèle, dans les gares, les supports commerciaux, la restauration à bord…« .  Une campagne de communication est également programmée à la rentrée pour présenter cet Eurostar new look sur l’ensemble de ses marchés.

Une application et un site unique d’ici l’été 

Dès octobre, Eurostar disposera d’une application unique et d’un nouveau site web pour présenter en détail la compagnie et réserver ses billets sur l’ensemble de ce réseau opérant sur cinq pays européens. Il sera par exemple possible d’acheter en quelques clics un Londres-Francfort. A plus long terme les villes desservies fonctionneront comme des hubs grâce à l’intégration informatique des dessertes nationales de la SNCF, de la SNCB et de la DB. « L’application devra permettre de réserver facilement un Bruxelles-Marseille ou un Londres-Bordeaux par exemple« , ajoute-t-elle. Avec vraisemblablement la possibilité de bénéficier d’une prise en charge du passager en cas de retard du premier train. 

Le programme de fidélisation sera également unifié sous la marque Eurostar qui permettra à ses millions d’abonnés de bénéficier de billets prime sur l’ensemble de ce nouveau réseau à grande vitesse européen. Le travail sur l’harmonisation des offres va également débuter avec un lancement prévu des trois nouvelles classes de voyage en 2024. Des services dédiés seront alors proposés par un personnel de bord arborant un uniforme inédit. « Une enquête va être lancée afin de connaître les attentes de nos clients, identifier les services que nous conservons, ceux qu’il faudra renforcer…« , explique Gwendoline Cazenave. « Le nom de chaque classe devra refléter l’expérience qu’Eurostar souhaite proposer« , précise la dirigeante venue de la SNCF. 

Le Brexit impacte les trafics avec Londres 

L’ambition d’Eurostar Group – et de la SNCF, son actionnaire principal – est d’atteindre les 30 millions de passagers en 2030 ce qui représente un doublement comparé au 15 millions transportés par les deux compagnies en 2022 (19 millions en 2019). « La principale difficulté pour augmenter les capacités et donc le trafic sur Eurostar réside dans le double contrôle des passeports suite au Brexit. Il limite l’enchaînement des trains au départ car la gestion des flux est devenue un évitable challenge dans nos terminaux installés dans des bâtiments anciens dont il est difficile de pousser les murs« , explique François Le Doze, le directeur commercial d’Eurostar. Le projet d’extension de la Gare de Paris-Nord qui a été torpillé par la Ville de Paris visait notamment à résoudre ces difficultés. « Au départ d’Amsterdam nous ne pouvons également embarquer que 250 passagers dans une rame Eurostar !« , regrette Gwendoline Cazenave. 

Concernant les fréquences, Eurostar opère actuellement 14 A/R Paris-Londres, 7 Paris-Bruxelles dont 4 poursuivant leur trajet jusqu’à Amsterdam. Un 5ème A/R Amsterdam-Londres est espéré cette année afin de répondre à la demande particulièrement forte sur cet axe. Eurostar Group précise que si le loisir a retrouvé toute sa vigueur, le trafic business n’est revenu qu’à 80% – voire 85% les bons mois – de celui de 2019. En cause le recours à la visioconférence depuis le Covid mais aussi aux grèves qui se multiplient en France et en Grande-Bretagne. « Les voyageurs affaires réfléchissent à deux fois avant de se déplacer. Les directives RSE des sociétés jouent aussi même si le train constitue le moyen de transport le plus green pour se déplacer en Europe« , ajoute François Le Doze.

Une flotte unifiée pour redévelopper les trafics 

Le retour aux volumes de 2019 et leur dépassement représentent une priorité pour le transporteur afin d’assurer le retour à la profitabilité d’autant qu’Eurostar est endetté à hauteur de 850 millions de livres suite à la crise du Covid. Fort d’une unification dans la gestion des flottes, le groupe pourra compter sur ses 25 rames Eurostar, deux fois plus capacitaires que les 26 TGV Thalys, pour développer les trafics et les routes sur le Vieux continent. « Le renouvellement à terme d’une partie de la flotte devra permettre aux nouvelles rames de circuler sur les deux réseaux ce qui n’est pas le cas actuellement des rames Thalys« , confie Alain Krakovitch, chairman d’Eurostar Group. La relance des trafics passera enfin par des offres attractives, notamment sur le segment loisir. « Aucun projet de refonte des grilles tarifaires n’est à l’ordre du jour avec des tarifs Paris-Bruxelles débutant à 29€, Paris-Amsterdam à 35€ et Paris-Londres à 39€« , a conclu Gwendoline Cazenave.